La saga du LIT
01H54 - dimanche 24 janvier 2021

La literie, un métier de passion. Entretien avec Michel Levivier

Depuis trente ans qu’il dirige Market, organe d’information à l’adresse des professionnels de la distribution d’équipements du cadre de vie, qui comporte deux éditions, la bleue spécialisée dans l’électroménager et le multimédia, la jaune dans les meubles, la literie, la cuisine et la salle de bain, Michel Levivier ne s’est pas ennuyé un seul instant.

En tant que directeur général de ce journal, il a suivi de près la progression du secteur du lit et développé à son égard une véritable passion, nourrie du vent d’innovation qui souffle sur la profession. Parce que le lit, ce clou vieux de plusieurs milliers d’années, se réinvente sans arrêt.

Plein d’admiration, il évoque Maison de la Literie, première entreprise française à oser miser sur le lit, rien que le lit, et tout le lit. Depuis ses débuts, la Maison a fait beaucoup de petits, éparpillés dans le pays et au-delà, sans jamais cesser d’évoluer. L’enseigne n’hésite à pas secouer le secteur, notamment en lançant un nouveau produit – « une idée incroyable ! » – dont on n’imaginait pas, au début, qu’il pourrait marcher. « Je ne voyais pas comment. Une literie en leasing ?

Franchement ?! Eh bien, ça marche et c’est génial », conclut-il enthousiaste. Mais laissons-lui la parole.

Michel Levivier, c’est à vous !

 

Catherine Fuhg pour Opinion Internationale : Vous parlez d’évolutions dans le secteur du lit, pouvez-vous donner des exemples aux profanes que nous sommes ?

Michel Levivier : Commençons par la taille. Au fil du temps, les lits doubles se sont beaucoup agrandis. Auparavant, la mesure commune était 140 x 190. Aujourd’hui, on est passés à des longueurs de deux mètres pour des largeurs de 160 voire 180 centimètres. On ne peut même plus d’ailleurs parler d’une tendance « grandes largeurs », elles sont entrées dans les mœurs. Dormir à deux et à l’aise, c’est un confort précieux.

Mais maintenant, il y a mieux encore, même si ce n’est pas, loin de là, encore généralisé : chaque partenaire peut choisir le garnissage de son côté. Les deux parties du lit sont solidaires mais séparées. Ainsi, il devient possible de dormir côte à côte sans plus se déranger.

 

La taille du lit, je comprends, les côtés séparés aussi, mais pourquoi faudrait-il des garnissages différents ? 

Parce que ce qui convient à l’un ne convient pas toujours à l’autre. Il n’y a pas en la matière de produit universel. Chacun a sa morphologie. Or, pour un bon coucher, nous avons besoin d’une literie adaptée à la nôtre, avec au choix des ressorts, des mousses, ou d’autres matériaux encore. C’est pourquoi il est nécessaire, et même impératif, de tester son matelas avant de l’acheter. Et quand on est en couple, les deux personnes doivent l’essayer.

 

Vous venez d’évoquer « d’autres matériaux encore » que les ressorts ou les mousses. Quelles sont-elles ?

Là encore, ça bouge beaucoup avec de nouvelles technologies. Maintenant, on trouve des mélanges ressort-latex, ressort-mousse, de la mousse à mémoire de forme, des coutils innovants… Les fabricants travaillent aussi, notamment, sur l’épaisseur. Il faut savoir qu’un matelas est composé d’une âme pour soutenir le corps et d’un accueil, le garnissage. La recherche s’intéresse aux deux et avance remarquablement.

 

Vous recommandez de changer tous les sept ans de literie. Or c’est un investissement, presque comme une voiture. Sauf qu’elle ne nous emmène nulle part. Alors comment expliquer aux consommateurs son usure ?

D’abord, nous passons au lit un tiers de notre vie. Ensuite, nous y bougeons en moyenne quarante fois par nuit. Ces mouvements sollicitent énormément le matelas. De plus, nous transpirons tous en dormant. Pas des seaux, évidemment, mais en moyenne nous évacuons un demi-litre d’eau par nuit, qui seront en partie absorbés par le matelas, l’abîmant donc à la longue. Il est clair qu’au bout de dix ans il sera épuisé.

 

Finalement, une dernière question – tant qu’on parle de lit, on peut toujours rêver – le matelas remboursable par la Sécurité sociale, une idée farfelue ?

Je vous réponds par une histoire. Il y a quelques années, ma fille mariée souffrait du dos et dormait mal. Après son achat d’une literie de qualité, sur mes conseils, son sommeil s’est amélioré et ses maux de dos ont disparu. Je n’ai rien à ajouter. La literie, ce n’est pas du luxe.

 

Propos recueillis par Catherine Fuhg

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