
Nommé chargé de mission du président de la République à la Culture, aux Médias et à la Visibilité du Bénin, Claudy Siar met son expérience au service de l’attractivité du pays. À travers Bénin Influence, l’ancien animateur de RFI porte une ambition : mieux faire connaître les ressources culturelles et humaines béninoises, mobiliser les diasporas et développer les relations internationales.
La nomination de Claudy Siar auprès de Romuald Wadagni, officialisée le 3 juin 2026, peut se lire comme un choix de diplomatie d’influence. En confiant à une personnalité reconnue du paysage audiovisuel francophone une mission associant culture, médias et visibilité, le président béninois rapproche trois domaines essentiels à la réputation internationale d’un pays. Pour l’ancien animateur de Couleurs tropicales, cette responsabilité prolonge un parcours largement consacré à la diffusion des cultures africaines et au dialogue avec leurs diasporas.
Ce choix présente une cohérence particulière. Claudy Siar connaît les ressorts de la notoriété, le fonctionnement des médias et les conditions dans lesquelles des artistes parviennent à toucher des publics au-delà de leurs frontières. Son expérience lui donne une familiarité avec des interlocuteurs que les institutions cherchent précisément à mobiliser : créateurs, producteurs, journalistes et personnalités des diasporas. Dans sa nouvelle fonction, l’enjeu consiste à mettre cette capacité de relation au service d’une ambition nationale.
Bénin Influence, une passerelle entre culture et attractivité
Sous le nom de Bénin Influence, Claudy Siar défend une démarche résumée en trois verbes : « agir, dire, bâtir ». L’État conduit son action ; son équipe entend en faire connaître les avancées, raconter les réalités béninoises et construire des relations durables avec l’extérieur. Le 14 septembre, il a présenté les grandes orientations de cette démarche au président Romuald Wadagni, au palais de la Marina. Cette rencontre constitue une étape dans la structuration de sa mission auprès de la présidence.
Pour les acteurs économiques et institutionnels, l’intérêt d’une telle démarche réside dans sa capacité à créer des occasions de coopération. Une meilleure connaissance d’un pays peut ouvrir des échanges entre entreprises culturelles, favoriser des projets audiovisuels ou susciter l’intérêt de partenaires étrangers. La visibilité constitue ainsi une première étape vers des relations plus concrètes. C’est sur ce passage de l’attention à la coopération que Bénin Influence pourra construire sa valeur, en donnant une continuité aux rencontres et aux prises de parole.
La mobilisation des diasporas occupe une place centrale dans cette ambition. Claudy Siar s’adresse aux Béninois installés à l’étranger comme aux Afro-descendants désireux de renforcer leurs liens avec le continent. Son propos associe sentiment d’appartenance et participation à un projet collectif : « Vos succès individuels pour le Bénin sont des victoires collectives. » Cette approche permet d’envisager les diasporas comme des partenaires capables d’apporter une expérience professionnelle, des relations et une connaissance d’autres marchés.
Une mission qui s’appuie sur un ancrage personnel
Cette volonté de rapprochement trouve un écho dans son propre parcours. Lors de son entretien sur TV5MONDE, mis en ligne le 25 septembre, Claudy Siar rappelle fréquenter le Bénin depuis 1991. Français d’origine guadeloupéenne, devenu béninois, il présente cet engagement comme l’aboutissement d’une relation ancienne avec le pays. Son attachement à l’Afrique s’accompagne d’une identité plurielle, dont il revendique également les dimensions caribéenne, européenne et indienne. Cette histoire personnelle donne une profondeur particulière à son discours sur les liens entre le continent et ses diasporas.
Avec cette nomination, Romuald Wadagni s’appuie donc sur un professionnel dont le parcours rejoint les objectifs de la mission confiée. Claudy Siar dispose d’atouts pour faire circuler les récits, rapprocher des interlocuteurs et porter les ambitions culturelles béninoises auprès de nouveaux publics. Le chantier est désormais celui de la durée : transformer cette capacité de mobilisation en partenariats suivis et en débouchés pour les talents du pays. Une perspective qui donne à son arrivée auprès de la présidence une portée dépassant largement le symbole.
Emma Ray

















