
Quand le bâtiment ne va pas, rien ne va ! Et la France ne va vraiment pas.
Le secteur de l’immobilier traverse la pire crise de son histoire. Des entrepreneurs du bâtiment vont même jusqu’à faire du porte-à-porte pour aller quémander du travail.
Non seulement les promoteurs ne produisent plus mais bon nombre d’entre eux préfèrent indemniser ceux qui avaient réservé plutôt que de faire sortir de terre leurs programmes ! Ils s’étaient engagés sur des prix qui n’allaient même pas couvrir l’explosion des coûts et des taux d’intérêt.
Pourquoi n’achète-t-on plus ? L’équation est terrible…
D’un côté, le primo accédant a deux problèmes : le prix au mètre carré doit correspondre au salaire médian. Or on doit désormais réduire de plus de 20% la surface d’achat d’un bien à la portée des primo-accédants qui s’appauvrissent à vitesse grand V.
Ensuite, de plus en plus souvent, ces mêmes primo accédants n’ont plus un revenu disponible de 35% pour financer leur logement ; cette clause légale pour les banques fait que la propriété devient impossible en France.
De son côté, l’investisseur est aussi dans une impasse : sans parler de la crainte de l’impayé de loyer et des délais scandaleux pour obtenir des permis de construire (deux à trois fois plus que dans les pays voisins), le rendement de toute opération est de 3 à 5% maximum sur le neuf quand les taux d’intérêt sont aujourd’hui à 4,5 – 5%. Rajoutez-y l’IFI, l’investisseur n’a aucun intérêt à faire !
Et pourtant le manque de logement est une plaie française.
Que faire ?
Une idée simple et audacieuse pour relancer le neuf serait de lancer un « Pacte Dutreil* II » étendu à tout l’immobilier locatif. Acheté par les parents, le bien serait transmis aux enfants avec réduction des droits conservation et engagement de location sur 12 ans.
Ce dispositif éviterait l’hécatombe des droits de succession qui souvent obligent les enfants à vendre le bien familial (quelle violence !) et relancerait le bâtiment… Les héritiers pourraient lever du cash en empruntant si besoin : car propriétaires, ils toucheraient des loyers et pourraient emprunter pour consommer ou entreprendre d’autres projets de vie.
Quant à l’Etat, soyons prosaïques : mieux vaut-il qu’il perçoive 20% de TVA immédiatement que 45% de droits de succession au décès des parents dans dix à vingt ans ?
Idée simple, opérationnelle, efficace à inscrire dès maintenant dans le projet de loi de finances 2027, Mesdames, Messieurs les parlementaires !
Mesdames, Messieurs les candidats à l’élection présidentielle,
Mesdames, Messieurs les représentants de l’immobilier en France,
Et si nous mettions autour d’une table pour travailler cette proposition ?
Quand le bâtiment ira mieux, la France ira mieux !
René Hans
https://www.linkedin.com/in/ren%C3%A9-hans-a18364261/
Président de Capital Initiative
Capital Initiative, premier fonds d’investissement privé, accompagne les petites et moyennes entreprises en mal d’accès aux financements en leur proposant un dispositif innovant de rachat temporaire d’actifs (RTA).
*Le pacte Dutreil est un dispositif de transmission d’entreprise par donation ou succession, qui permet un abattement de 75 % sur la valeur des titres transmis, sous conditions d’engagement de conservation et d’activité. Dans l’immobilier, son application est des plus restrictives.


















