Edito
11H25 - mercredi 29 avril 2026

Et les inspecteurs du travail chômèrent le 1er mai. L’édito de Michel Taube

 

Et les inspecteurs du travail chômèrent le 1er mai. L’édito de Michel Taube

C’est une petite histoire française mais elle dit tout des abîmes dans lesquels notre pays s’enfonce.

Pour que les boulangers et les fleuristes puissent travailler librement le 1er mai, il aura fallu que des inspecteurs du travail zélés contrôlent et sanctionnent l’an passé quelques artisans, puis un Parlement incapable, en un an, de légiférer sous la pression ultime de syndicats archi-minoritaires et d’une gauche toujours dominante ; et, finalement, un décret de dernière minute du Premier ministre pour permettre ce qui n’aurait jamais dû être interdit.

Ce décret, véritable usine à gaz qui encadre évidemment cette petite liberté consentie, soit dit en passant, est un véritable pied de nez au législateur et une illustration supplémentaire de la toute-puissance de l’exécutif sous la Vème République quand celui-ci veut agir.

Mais enfin, Mesdames et Messieurs les responsables politiques, Mesdames et Messieurs les fonctionnaires : laissez les Français travailler. Laissez travailler l’artisan, le salarié, le chef d’entreprise, ceux qui le souhaitent, ceux qui en ont besoin, ceux qui veulent simplement gagner 100 € de plus ou faire face aux contraintes d’une période incertaine.

Pourquoi, au fond, limiter cette liberté aux seuls fleuristes et boulangers ? Pourquoi ne pas l’étendre à tous les artisans et, au-delà, à toutes les entreprises ? Que les salariés ou les patrons qui veulent chômer le 1er mai puisse le faire librement sans risquer de sanctions mais que tous puissent librement choisir.

Déjà en 2020, nous avions tenté d’offrir des fleurs au couple Macron pour les encourager à autoriser les fleuristes d’ouvrir. Peine perdue à l’époque…

En attendant, nous suggérons une entorse à notre appel : nous suggérons à tous les inspecteurs de travail de strictement respecter la loi du 1er mai et de ne pas oublier de chômer ce jour-là ! Ainsi ils se garderont bien d’aller sanctionner les Français qui veulent travailler.

Vive le travail et vive le 1er mai.

 

Michel Taube

Directeur de la publication