
Je n’ai pas l’habitude de commenter l’actualité sportive, mais je ne peux pas ne pas rendre hommage à Charlie Dalin, vainqueur français du Vendée Globe en janvier 2025.
Mais bien sûr, même si Dallin était un « marin » de très haut niveau, il ne s’agit pas ici de sport mais d’une histoire d’Homme (au sens générique du terme), une histoire de courage inouï et d’absolue résilience. Car au moment où il remportait cette course de plusieurs dizaines de jours en solitaire – sans escale ni assistance, rappelons-le – Charlie Dalin luttait depuis plus d’un an contre le crabe, en l’occurrence un cancer de l’intestin qui l’avait obligé à renoncer à plusieurs épreuves et à écourter sa préparation.
Le public l’ignorait et Dallin ne le révéla que des mois plus tard, lors de la sortie de son livre « La Force du destin ».
Outre sa victoire, la maladie ne l’empêcha pas, pourtant, d’établir un double exploit : il l’emportait avec près de 10 jours d’avance sur le précédent record (en moyenne, les gagnants ont 5 jours d’avance sur le vainqueur de l’épreuve précédente) et était, avec Michel Desjoyeaux, l’un des deux seuls concurrents de l’histoire du Vendée Globe à avoir franchi deux fois la ligne d’arrivée en première place.
La maladie a fini par l’emporter, à 42 ans et 32 jours, ce 11 juin. Il laise une compagne, Perrine Le Pape, et un jeune fils, Oscar.
Ce que nous dit Charlie Dalin, c’est qu’il ne faut jamais baisser les bras, jamais renoncer, jamais capituler et jamais accepter ce que l’on nous présente comme inéluctable : certes, à la fin, c’est toujours le destin qui l’emporte, mais jusqu’à son dernier jour, jusqu’à son dernier souffle, l’Homme reste, s’il le veut, maître de sa vie et de ses choix.
Alors, en hommage, je citerai le magnifique poème de William Ernest Henley (1849-1903), « Invictus » :
« Dans les ténèbres qui m’enserrent,
Noires comme un puits où l’on se noie,
Je rends grâce à Dieu quel qu’il soit,
Pour mon âme invincible et fière.
Dans de cruelles circonstances,
Je n’ai ni gémi ni pleuré,
Sous les coups du hasard,
Ma tête saigne mais reste droite. (…)
Je suis et je resterai sans peur.
Aussi étroit soit le chemin,
Nombreux les châtiments infâmes,
Je suis le maître de mon destin,
Je suis le capitaine de mon âme. »
Je ne te connaissais pas Charlie, mais je te remercie pour la magnifique leçon de courage que tu nous laisses.
Adieu, Marin, et bon vent !
Géopolitologue


















