Edito
12H44 - mercredi 16 décembre 2020

EXCLUSIF – Paris : les cas de Covid se multiplient dans les écoles (l’école Dunois fermée hier dans le 13ème)… dans le silence des autorités. L’édito de Michel Taube

 

Pas d’adhésion, pas de confiance sans vérité. Nous avons eu le masque inutile. Nous voici avec un gouvernement arc-bouté sur ses (fausses) certitudes. Les clusters, les nids à coronavirus, il a décrété où ils se trouvaient, en se basant sur des études d’une fiabilité plus que douteuse. Les écoles, les universités, les transports en commun, les restaurants collectifs, les entreprises, les grands magasins, les manifs… : No Problemo ! Les théâtres, les cinémas, les musées, les restaurants classiques, les salles de sport… : Vade retro satanas !

De toute façon, le Conseil scientifique l’a dit. Ce cher Conseil scientifique, parapluie, avec le Conseil d’Etat, des gouvernants contre les averses judiciaires actuelles et futures. Ces membres, en particulier, son président Jean-François Delfraissy, n’ont pas toujours menti et ne se sont pas toujours trompés. Un exploit qu’il faut saluer. Mais à l’image de l’OMS, ces scientifiques, persuadés que la santé se résume aux services de réanimation hospitaliers, avaient bien colporté le message de l’inutilité des masques, repris en cœur par les pouvoirs publics pour dissimuler la pénurie.

Aujourd’hui, nous apprenons par plusieurs sources bien informées et corroborées entre elles que plusieurs écoles parisiennes sont devenues des clusters, eu égard à la multiplication des cas de Covid. Les informations ont fuité pour plusieurs écoles du 13ème, du 18ème et du 19ème arrondissements de la capitale les 13 et 14 décembre derniers.

Pour ne prendre que l’école Dunois dans le 13ème (près de la piscine du quartier), 6 cas positifs ont été déclarés chez les personnels de l’établissement du 13ème arrondissement depuis le 4 décembre ainsi que 2 élèves. 5 cas positifs supplémentaires ont été déclarés le lundi 14 décembre. L’école est fermée depuis hier.

Selon nos sources, dans une autre école, une personne a été déclarée positive au COVID 19 et des responsables de l’Education nationale lui ont fait comprendre qu’elle était dans l’obligation de venir (masquée), jusqu’à ce que l’ARS prenne une décision d’isolement.

Manifestement, le coronavirus n’ayant pas manifesté son attachement particulier à ces quartiers parisiens (encore que le non-respect des gestes barrière semble plus important dans le Nord-est parisien, et plus encore dans la banlieue adjacente), il est à craindre qu’il ne s’agît là que de la partie émergée de l’iceberg.

La majorité des enseignants de ces établissements ont exercé leur droit de retrait dès le mardi 15 décembre, et ont interpelé leur Directeur académique des services de l’Éducation nationale (DASEN), par le biais de l’Inspecteur de l’Éducation nationale (IEN), lequel attend les consignes de l’Agence régionale de santé (ARS), alors que le directeur DASEN peut lui-même décider de l’isolement des personnels à titre préventif (la prévention est décidément un gros mot en France !). Une des brigades missionnée dans l’école du 13ème arrondissement de Paris pour le remplacement s’est également mise en droit de retrait.

Cela ressemble à une nouvelle poussée virulente, non pas seulement de Covid, mais de cette folie administrative, où après que l’information a transité par différents services au sein d’une même administration, celle- ci attend le feu vert d’une autre, celle de la santé, laquelle attend sans doute celle du Directeur de la santé, qui attend celui du ministre de la Santé qui doit en discuter avec celui de l’Éducation nationale, avant de transmettre au Premier ministre, qui doit avoir l’aval du Président ! 

Et pendant ce temps, les élèves asymptomatiques contaminent les personnels, puis leurs parents, en attendant le Réveillon où la distribution de virus sera encore plus généreuse. Les clusters se forment. Mais silence radio, car cette scène ne figure pas dans le scénario écrit par le gouvernement et son Conseil scientifique.

En outre, le rectorat, grand expert de la méthode du couvercle qu’il pratique également en matière d’atteinte à la laïcité (pas de vagues !), se contente de remplacer tant bien que mal les enseignants contaminés (actuellement tous placés en isolement), allant même jusqu’à confier une classe à un animateur, démarche non réglementaire. 

Lorsque le défaut de transparence prend la forme de la dissimulation, en l’occurrence pour légitimer une ligne politique immuable s’agissant des sources principales de contamination, la légitimité gouvernementale s’effondre. Et il ne suffira pas de dire que c’est pire ailleurs pour faire passer la pilule. Le président de la France est Emmanuel Macron et non Angela Merkel. Les erreurs ou les fautes des uns n’excusent pas celles des autres.

Au-delà ce cette nouvelle mascarade scolaire et des conséquences qu’elle peut avoir sur les personnels comme sur les familles des élèves, il est urgent que le chef de l’État, et lui seul, remette en question ses certitudes, et cesse d’écouter uniquement la haute administration (dont il est hélas lui-même issu) et les seuls grands pontes de l’hôpital. Le pragmatique serait-il devenu dogmatique ? Où l’a-t-il toujours été ?

 

Michel Taube

 

 

 

 

 

 

 

Directeur de la publication

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