Edito
13H46 - dimanche 4 octobre 2026

C’est que j’ai tant à dire… La chronique de Jean-Marie Viala

 

C’est que j’ai tant à dire… La chronique de Jean-Marie Viala

A quinze ans j’écrivais.

« je suis poète messieurs mesdames,
« N’approchez pas trop près de moi,
« Car je sens du cœur et de l’âme,
« Et cette odeur ne vous plait pas. »

J’étais déjà, un vieux con.

Aujourd’hui, j’ai très peur. Pas de mourir, non, à quinze ans j’étais certain de mourir vite. On me disait que c’était ainsi, une sorte de mode, que le « mal de vivre » de ce temps était celui des djeunes. ( mot inexistant à l’époque) Une sorte d’offrande d’existence. L’époque des tricheurs film aujourd’hui antédiluvien…comme moi.

Aujourd’hui…

Le pape était la aujourd’hui. J’aurais adoré être à l’unisson de tous, ainsi que sous le rafraichissement de cette pluie de jeunes ( djeunes ?) qui avaient toutes et tous ( vous voyez, j’ai dit les deux) une immense sourire en bouche.

Mais, je sais les services de sécurité, je sais les attentats jugulés, je sais les « gochistes » outrés, je sais les droitistes « récupéreurs » les ministres enjôleurs, les présidents menteurs d’eux-mêmes comme de tous, bref, je sais l’horreur de l’hypocrisie qui nous tue depuis si longtemps.

A quinze ans, j’étais déjà vieux, j’avais vu venir cela, la musique avait quitté la vie. Une autre musique arrivait. Et ma musique à moi, à quinze ans, c’était celle d’une guitare trouée qui, simplement, sans artifice de rien, offrait à mes doigts des notes qui guidaient ma main pour écrire …

Aujourd’hui, quoi écrire ? Que dire ? Fermer sa gueule serait mieux. D’ailleurs qui suis-je pour l’ouvrir ? rien. Je m’en rends compte, mon ami va me publier, je ne devrais pas accepter de le faire. Mais je le fais.

POURQUOI ? POUR QUI ?

Va comprendre. Suis-je aussi atteint par cet ubris, ce narcissisme jouissif, qui me fait passer pour moi-même par ce que je ne veux pas être, mais que j’adore ?

Merde. J’écris et puis voilà. Et si c’est de la merde. Jetez-la.

Mes amis, djeunes, et vieux cons , je ne vous aime pas. J’ai aujourd’hui encore, quinze ans. Et je vous le dis, alors qu’à l’époque j’en pleurais, je ne vous aime pas. Le terme mes « amis » est un terme de convenance. Je n’ai aucun lien d’amitié avec vous. Ca tombe bien d’ailleurs, vous n’avez rien à me dire. Vous êtes réseausociotophistes, vous fluctuez entre celui qui vous dit ROUGE, et celui qui vous dit VERT, puis vous dérivez sur la chaussures « sans talons » surtout pour les femmes, chaussures de guerre s’il vous plait, pour la paix, sans doute. Et pour les hommes peu importe. Vous Suivrez, comme vos compagnes… on ne précède plus. On suit. Vous vous appartenez ! Vous n’appartenez plus qu’à vous-même d’ailleurs. L’autre n’est qu’une ombre accompagnatrice.
Le monde n’est plus qu’un endroit dans lequel vous croyez être. Je n’ose dire exister, Et, contrairement à ce que vous semblez croire, les vieux cons, font exactement la même chose que vous. Vous avez réussi cet exploit de ne plus être, même générationnellement. Même sarcophage.

Vous ferez date.

Non, je ne vous aime pas. Et vous ? Vous vous aimez ?

 

Jean-Marie Viala

Ecrivain, avocat