Edito
12H55 - vendredi 2 octobre 2026

Chapeau bas pour l’Hôpital des Gardiens de la Paix à Paris qui soigne comme une grande famille ! Par Khaled Saad Zaghloul

 
Chapeau bas pour l'Hôpital des Gardiens de la Paix : ce petit hôpital qui soigne comme une grande famille ! par Khaled Saad Zaghloul

Parfois, on dit du mal des hôpitaux en France. Moi, je veux dire du bien. Du très bien même.

On m’avait parlé d’un petit hôpital dans le 13e arrondissement. J’y suis entré comme patient pour une rééducation de la hanche, cette hanche qui m’a fait souffrir quatre années durant. Quatre ans de douleurs permanentes, quatre ans à boiter, jusqu’à devoir emprunter, ces derniers temps, la canne de mon père pour pouvoir marcher. J’en suis ressorti sans douleur, sans boiterie, et surtout avec une leçon sur ce que devrait être l’hôpital, non seulement en Égypte mais aussi en France.

Au 35 boulevard Saint-Marcel, à deux pas de la Pitié-Salpêtrière, pas de hall en verre, pas de couloirs interminables. Seulement 55 lits, moins de 50 salariés, un bâtiment fondé en 1900 et reconnu d’utilité publique depuis 1928. C’est l’Hôpital des Gardiens de la Paix.

Au premier jour, je me suis demandé : que fais-je ici, moi qui ne suis pas policier ? J’ai très vite compris. Oui, cet hôpital a été créé pour les gardiens de la paix. Oui, il reste lié à la Préfecture de Police, qui y abrite ses services de prévention pour les policiers en difficulté : addictions, soutien psychologique. Mais il est ouvert à tous. Et c’est une chance pour tous.

C’est un hôpital à deux visages : d’un côté, un centre de rééducation doté d’un véritable plateau technique, d’une balnéothérapie, d’une piscine, d’une hospitalisation complète et de jour ; de l’autre, une maison d’accueil pour la grande famille de la Police. Sa situation, à côté de la Pitié-Salpêtrière et face à la Clinique du Sport, lui permet d’accueillir des patients tout juste opérés, pour vingt jours, un ou deux mois, parfois davantage.

Ici, on n’est pas un numéro. On est un prénom.

Jean-Louis Cailleux

Jean-Louis Cailleux

Le secret ? La taille humaine. Dans les grands hôpitaux, les équipes tournent par dizaines. Ici, c’est la même petite équipe qui vous accompagne chaque jour. La proximité est quotidienne. On vous connaît. On vous appelle par votre prénom. Et tout cela, c’est grâce à un grand directeur : M. Jean-Louis Cailleux.

Ce n’est pas un directeur retranché dans son bureau. C’est un chef, un entraîneur, un homme de terrain. Discret, efficace, profondément humain. Il a su imposer une vision : l’exigence de la qualité, la rigueur du résultat, mais toujours avec humanité. Il connaît ses équipes, il connaît ses patients. Grâce à lui, cet hôpital a été certifié l’an dernier par la Haute Autorité de Santé pour la qualité de ses soins. Grâce à lui, on sent que tout le monde tire dans le même sens : la satisfaction du patient.

Et quelle équipe il a su fédérer !

Le corps médical :
Les médecins de cet hôpital honorent le plus beau métier du monde par leur compétence et leur humanité : ils réparent l’humain sans jamais lui demander sa religion, sa race, ni d’où il vient. Toute ma gratitude va à l’excellente Docteure Donata Sanson, spécialiste en médecine physique et de réadaptation, pour son efficacité et son humanisme, ainsi qu’aux Dres Samia Belabbas et Fatma Sadoudi, dont la présence attentive, l’écoute bienveillante et les explications rassurantes transforment le soin en véritable accompagnement. Ce Triangle magique assurent le suivi médical et accompagnent les patients ainsi que leurs familles tout au long de leur prise en charge. Elles élaborent leur projet thérapeutique en concertation avec eux, prescrivent leurs soins, organisent leur suivi durant l’hospitalisation et assurent la réalisation des bilans et des évaluations. Si nécessaire, un cardiologue intervenant externe se rend directement à leur chevet afin de veiller sur leur état de santé.

Donata Sanson

Donata Sanson

Les infirmières et Aide-Soignants:
Elles incarnent le cœur battant et l’âme de l’hôpital. Assure la réalisation et le suivi continu des soins préventifs, curatifs et éducatifs. Elle administre les médicaments sur prescription médicale dans le respect de la réglementation. Elle est le garant de la continuité de votre prise en charge tout au long du séjour (de jour comme de nuit).
Je pense notamment à Josiane et Sophie, Soraya, Johanna, Sydley, Dihga Malonga, ainsi qu’à l’ensemble des aides-soignants, guidés avec une bienveillance exemplaire par la cadre de santé Mme Maryse Le Bris. Ce sont les véritables anges gardiens du quotidien. Actives comme des abeilles, présentes à chaque sonnette, disponibles jour et nuit, le sourire aux lèvres malgré la fatigue et l’intensité de leurs efforts, elles veillent, elles rassurent, elles réparent. Sans leur dévouement silencieux, l’hôpital ne serait qu’un bâtiment ; avec elles, il devient un lieu d’humanité.

Les kinésithérapeutes et les ergothérapeutes :
Le cœur et l’âme de la maison. Le socle du métier. Pendant l’hopital du jour, l’équipe de rééducation prend en charge des patients présentant diverses pathologies: post-opératoires de chirurgie traumato-orthopédie, rhumatologie ou des personnes nécessitant une rééducation suite à une perte d’autonomie. Les kinésithérapeutes utilisent des moyens et techniques spécifiques et adaptés (massage, physio-électrothérapie, thérapie manuelle, musculation, balnéothérapie, etc.), en séances individuelles et collectives, dans un contexte de pluridisciplinarité.
Très professionnels, très exigeants, mais humains. Avec un plateau technique complet, le bassin de balnéothérapie où, on trouve la gentille responsable Romana la portugaise, elle surveille attentivement les patients et contrôle chaque instant de leur mouvement surtout si cela correspond aux consignes des Kinésithérapeutes. Pour une prise en charge rééducative la plus performante possible. J’ai vu des patients arriver à l’hôpital en fauteuil roulant et repartir debout. Je tiens à rendre hommage à toute l’équipe, notamment les magnifiques Solene, Julie, Fleurance, Lisa, et la gentille Ana l’espagnol et l’efficacité du grand Frédéric et Baptiste et d’Enzo le stagiaire sans oublier l’éminent travail d’Elio l’ « Enseignant en Activité Physique Adaptée » et de l’excellent ergothérapeute Fernando l’espagnol, chargé de réaliser des activités de rééducation, de réadaptation, il assure l’installation du patient..Tout ce travail est sous la direction et la bienveillance du cadre italien Davide,

Les secrétaires et le personnel administratif :

Accueillantes et trop souvent oubliées, elles sont pourtant le premier sourire que l’on croise en arrivant, notamment Mme Laurence, hôtesse d’accueil. Les secrétaires médicales, en particulier Mmes Évelyne et Céline, dont l’efficacité n’a d’égale que la gentillesse, assurent avec rigueur et discrétion la gestion des documents médicaux et administratifs. Elles prennent les rendez-vous, organisent les transports, gèrent les dossiers médicaux et font le lien indispensable entre les patients, les familles et les soignants. Sans elles, l’hôpital ne pourrait tout simplement pas fonctionner.

La restauration : il faut en parler !

Au départ, comme dans tout hôpital, je pensais que j’allais maigrir. Au contraire, j’ai même pris du poids. J’ai été agréablement surpris par la qualité des repas, délicieux et préparés sur place par le grand chef marocain Saïd et ses collègues.

Quand on reste trois semaines hospitalisées, cela change tout. Un bon repas n’est pas un détail, c’est un moment de réconfort, un repère qui redonne de la force et du moral. C’est aussi cela, le respect du patient.

Cet hôpital qui a 126 ans d’existence reste fragile. Il vit avec la tarification à l’activité. S’il manque un médecin, un kiné, l’activité chute et le financement avec. Et l’on sait qu’en France aujourd’hui, trouver des soignants est un combat. C’est absurde : un petit hôpital aimé par ses patients doit se battre chaque année pour survivre face aux usines à soins. Il est soutenu par sa Fondation reconnue d’utilité publique, qui a besoin de dons pour continuer. Elle est ouverte à tous ceux qui veulent aider.

Je ne suis ni gardien de la paix, ni parisien d’origine. J’étais juste un patient qui est passé par là. Et je peux dire une chose : si tous les hôpitaux étaient comme celui-ci, la France serait la première destination pour les soins, on aurait même moins peur d’être malade.

C’est la preuve qu’on peut soigner autrement.

Merci à M. Cailleux. Merci à toute son merveilleuse équipe. Merci au ministère de la Santé de compter à Paris un si merveilleux établissement de soins. Un exemple pour l’hôpital français.

 

Khaled Saad Zaghloul,
Grand reporter égyptien

Khaled Saad Zaghloul,
Grand reporter égyptien