Invité sur CNews pendant la visite de Léon XIV, Radouan Kourak a voulu élargir le regard porté sur l’événement. L’accueil réservé au pape à Paris a aussi trouvé un écho dans les territoires ultramarins, où des diocèses ont appelé leurs fidèles à s’associer à la visite. Pour lui, c’est une occasion de rappeler que la France s’étend bien au-delà de l’Hexagone.
« Vous savez pourquoi c’est un événement mondial ? Car grâce à la venue du pape Léon XIV à Paris, les cloches ont retenti partout sur la planète. » Sur le plateau de CNews, Radouan Kourak a répondu à Thierry Cabanes par une image : celle d’une visite papale accueillie jusque dans les églises françaises situées à des milliers de kilomètres de la capitale. « La France n’est pas simplement la France hexagonale », a-t-il rappelé, en citant notamment la Martinique, La Réunion et la Guadeloupe.
À l’arrivée du pape, vendredi 25 septembre, les organisateurs de sa visite avaient appelé les églises de France à faire sonner leurs cloches pendant sept minutes à 10 heures, heure de Paris. Les clochers parisiens devaient retentir à nouveau à 17 heures, lors du passage de Léon XIV dans les rues de la capitale. Cette initiative donnait à ceux qui ne pouvaient assister aux rassemblements une manière de s’associer à l’événement depuis leur paroisse.
Une même visite, des heures différentes
En outre-mer, cette participation a pris des formes adaptées à l’heure locale. À La Réunion, les cloches étaient annoncées pour midi, au même instant que la sonnerie de 10 heures à Paris. Le diocèse de Guadeloupe avait lui aussi fixé leur sonnerie à midi, heure guadeloupéenne : elle intervenait donc six heures après celle de Paris. Il s’agissait de rejoindre le même événement, sans que tous les clochers sonnent nécessairement au même moment.
Les fuseaux horaires donnent la mesure de cette France répartie sur plusieurs océans. Lorsque l’horloge affichait 10 heures à Paris le vendredi 25 septembre, il était 4 heures à Fort-de-France, 5 heures à Cayenne, midi à Saint-Denis de La Réunion et 19 heures à Nouméa. À Papeete, il était encore 22 heures, le jeudi soir. D’une partie du monde à l’autre, la journée ne commençait ni ne finissait au même moment, mais ces territoires partageaient la visite du pape en France.
C’est cette réalité que Radouan Kourak a souhaité remettre au premier plan. « J’ai vu des images de toute la France, de toute la France dans son intégralité territoriale », a-t-il expliqué. Son propos invite à regarder au-delà des seules foules filmées à Paris : la France compte aussi des communautés dans les Caraïbes, en Amérique du Sud, dans l’océan Indien et dans le Pacifique. Ses territoires et leurs habitants participent pleinement à son histoire.
La France ultramarine dans le regard du pape
Léon XIV a lui-même évoqué cette étendue lors des vêpres célébrées vendredi à Notre-Dame de Paris. S’adressant aux responsables de l’Église, il les a appelés à être présents des régions de l’Hexagone jusqu’aux départements et régions d’outre-mer. La mention rappelait que son voyage, même concentré sur quelques villes, s’adressait aux catholiques de toute la France.
En Guadeloupe, l’évêque Philippe Guiougou avait invité les fidèles à s’unir par la prière à la visite apostolique. Le diocèse annonçait également la participation de Guadeloupéens aux différentes étapes du voyage et sa retransmission par Radio Massabielle. La sonnerie des cloches prenait ainsi place dans une mobilisation plus large, vécue à distance de Paris.
Pour Radouan Kourak, cet épisode raconte quelque chose de la France elle-même. Sa diversité tient aussi à ses territoires, à leurs cultures et aux distances qui les séparent. En entendant les cloches répondre à la venue de Léon XIV de l’Hexagone jusqu’à l’outre-mer, il a voulu rappeler une évidence souvent oubliée dans le débat public : la France ne s’arrête pas aux frontières de la métropole.

















