Afriques demain
03H25 - mercredi 10 novembre 2021

Nous devrions tous être Soudanais. L’édito de Michel Taube

 

Il y a deux ans le peuple soudanais se levait et faisait chuter le dictateur Omar el Bechir. Après moulte négociations, un gouvernement inédit, à moitié militaire et à moitié civil, s’était mis en place. La communauté internationale, notamment la France, s’est depuis fortement mobilisée pour soutenir cette transition démocratique. Emmanuel Macron a organisé à Paris en mai dernier la Conférence internationale d’appui à la transition soudanaise. L’ouverture de Khartoum à l’Occident était bien entamée. La mise en place d’un gouvernement 100% civil et l’extradition d’Omar el Bechir vers La Haye étaient imminentes.

Malheureusement, un coup d’Etat du général Abdel Fattah al-Burhan et une répression sanglante ont eu lieu depuis le 25 octobre. Le premier ministre civil, Abdalla Hamdok, qui avait été reçu à Paris en mai, est menacé.

Un des enjeux est de stopper, comme l’ont déjà fait les Etats-Unis, l’aide de la France à gouvernement soudanais, évaluée à 60 millions d’euros de l’Agence française de développement pour accompagner la transition.

Le collectif Urgence Darfour et plusieurs organisations mobilisent l’opinion publique pour faire pression sur Khartoum, avec une tribune dans Le Monde et une conférence à Paris ce soir [infos pratiques sur l’affiche]. Comme le disent les signataires de la tribune, notamment  Jacky Mamou, président du Collectif Urgence Darfour, Mario Stasi, président de la Ligue internationale contre le racisme et l’antisémitisme (Licra) et François Zimeray, ancien ambassadeur de France pour les droits de l’homme, « ce gouvernement putschiste ne doit bénéficier d’aucun soutien. Il est impératif de le mettre au ban des nations. Il faut lui refuser tout appui financier. Le président Macron pourrait proposer à la Communauté européenne et aux autres nations démocratiques d’adopter de telles sanctions. » Et de conclure : « il n’y aura pas de paix sans justice au Soudan. Il n’y aura pas de développement dans le pays sans un gouvernement civil et une épuration […] des éléments [militaires], islamistes, et criminels. »

Soutenir le peuple soudanais, c’est se battre, autant qu’au Mali ou sur le sol européen, pour la liberté et contre la gangrène islamiste qui secoue l’Afrique et le monde. Nous devrions tous nous sentir Soudanais.

Michel Taube avec Noé Kolanek

 

 

 

 

 

 

Jackie Mamou, président du collectif Urgence Darfour a répondu à Opinion Internationale.

 

 

 

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