Edito
16H33 - dimanche 13 juin 2021

Mélenchon ou l’islamo-complotisme à visage découvert. L’édito de Michel Taube

 

Pour Jean-Luc Mélenchon, l’événement de la semaine est loin d’avoir été son enfarinade (tradition française à laquelle presque tous les grands leaders politiques se sont « pliés », de Nicolas Sarkozy à François Hollande, – tiens Emmanuel Macron n’y a pas goûté, sans oublier Manuel Valls, François Bayrou et Ségolène Royal).

Non,  le fait majeur, son détail, c’est le dernier dérapage complotiste du Maximo Insoumis qui illustre sa panique devant la perspective d’une double claque électorale à venir aux élections régionales, départementales et nationales l’an prochain…

« Vous verrez que dans la dernière semaine de la campagne présidentielle, nous aurons un grave incident ou un meurtre. Ça a été Merah en 2012, ça a été l’attentat la dernière semaine sur les Champs-Élysées, avant on avait eu Papy Voise, dont plus personne n’a jamais entendu parler après. Tout ça, c’est écrit d’avance…/… nous aurons le petit personnage sorti du chapeau, nous aurons l’événement gravissime qui va une fois de plus permettre de montrer du doigt les musulmans et d’inventer une guerre civile, voilà, c’est bateau tout ça… »

Si rien n’est jamais joué (Marine Le Pen pourrait être éliminée au premier tour en cas de candidature Zemmour), le leader islamogauchiste n’a jamais été aussi loin du second tour de la présidentielle, et son parti risque fort de sortir très affaibli des législatives de 2022. Le complotisme, et l’antisémitisme qui l’accompagne presque systématiquement sont des marqueurs forts de l’extrême gauche comme de l’extrême droite et de l’islam radical. Son expression fut débridée sur les réseaux sociaux durant le mouvement des Gilets jaunes. 

Jean-Luc Mélenchon a fait le choix de draguer ostensiblement l’électorat musulman dont il prend en otage les démocrates, les républicains et les laïcs, marché sur lequel il est désormais concurrencé voire devancé par les Verts. À part quelques bobos qui croient s’absoudre de leur bien-portance sociale en votant pour l’extrême gauche, il ne reste plus que cet électorat à ce prince déchu de la rhétorique.

Jean-Luc Mélenchon fait ce qu’il reproche aux autres : stigmatiser une communauté en lui tenant exactement le même discours globalisant et victimaire que les islamistes. Il est l’ennemi des musulmans, car c’est lui qui contribue à les assimiler aux terroristes et qui s’acharne à convaincre l’opinion publique que la France, ses institutions, ses dirigeants, son peuple sont racistes et islamophobes, et que seul lui prend leur défense. 

Bien sûr, on ne saurait exclure que les islamistes tentent un coup de force à l’approche des présidentielles, et que cela fasse l’affaire de l’extrême droite. Mais les crimes contre Charlie, le Bataclan ou la Promenade des Anglais n’avaient pas été commis en période électorale. Annoncer un attentat comme une certitude et laisser entendre que les assassinats perpétrés par Mohamed Merah, héros dans certains quartiers, auraient été fomentés par le pouvoir en 2012 pour montrer du doigt les musulmans, c’est dépasser les limites du supportable. 

D’ailleurs Mohamed Merah a commis ses crimes le 11 mars 2012, soit plus de 5 semaines avant le premier tour de l’élection présidentielle.

Rappelons qu’après avoir assassiné des soldats français musulmans (donc traîtres), Mohamed Merah avait notamment tiré à bout portant dans la tête de trois jeunes enfants, dans leur école, enfants morts parce que juifs. Jean-Luc Mélenchon laisse entendre que ces meurtres auraient été préparés, organisés par le pouvoir. A minima, il aurait laissé faire. Cela évoque furieusement les saillies complotistes après les attentats du 11 septembre 2001.

Évidemment, l’abject personnage, qui qualifie le terrorisme d’”incident”, tente d’édulcorer et de justifier son propos et joue les victimes (ça, on avait compris qu’il savait faire!). Clémentine Autain, petit toutou islamogauchiste envoyé au front médiatique (en l’occurrence sur Cnews, avec Laurence Ferrari) par le maître Maximo, éructe : on aurait sorti ses propos de leur contexte, alors que le seul problème, c’est l’extrême droite, oubliant que la majorité de l’électorat de Mélenchon voterait Le Pen au second tour de la prochaine présidentielle.

Jean-Luc Mélenchon aime trop manier les mots pour ignorer qu’ils ont un sens. Un « incident » terroriste est donc programmé durant la campagne de 2022 pour montrer du doigt les musulmans et provoquer la guerre civile. Voilà qui est dit, et clairement dit, et qui devrait lui valoir une excommunication, politique. Quand donc la jeune garde des Insoumis écartera-t-elle son mentor? Vous avez dit “Insoumis”?

 

Michel Taube

 

 

 

 

 

 

 

 

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Directeur de la publication