Edito
10H43 - vendredi 8 mai 2020

11 mai, déconfinement… Jamais sans mon masque ! L’édito de Michel Taube

 

Le fameux « 11 mai », c’est donc bien pour le 11 mai. Sauf pour nos concitoyens de Mayotte. Edouard Philippe et Emmanuel Macron ont tranché ! Il faut dire que les Français avaient déjà bien anticipé, comme toujours dans cette crise.

À quelques jours de la sortie partielle du confinement, il ne reste de rouge sur la carte de circulation active du coronavirus (et non celle du déconfinement) que Paris, le Val-d’Oise et Mayotte. Quant à celle du déconfinement, elle verdit de jour en jour : quatre régions (Hauts-de-France, Grand Est, Ile-de-France, Bourgogne-Franche-Comté) et Mayotte étaient en rouge lorsque hier Edouard Philippe, flanqué de nombreux ministres, a confirmé la sacro-sainte date du 11 mai.

Les Français pourront donc se lâcher dans leur vie quotidienne ? Il faut dire qu’ils ne se privent pas d’anticiper sur le 11 mai et que les rues parisiennes sont de plus en plus fréquentées.

Et bien non ! Le choix du vert fut peut-être une nouvelle erreur du gouvernement (ou de sa haute administration). Vert = Je passe. Rouge = je m’arrête. En réalité, les différences entre les deux zones sont infimes, et portent essentiellement sur l’accès aux parcs et jardins et la rentrée des collèges.

Mais les Français risquent d’interpréter ce vert comme l’automobiliste au feu… rouge.

 

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À Paris, où la densité de population est l’une des plus élevées au monde, tous les indicateurs restent au rouge. Et quand on voit le comportement de nombreux Parisiens, il y a de quoi le comprendre, mais aussi de s’inquiéter d’une reprise de l’épidémie. Ils sont nombreux à avoir anticipé le déconfinement, ne respectant pas les distances de sécurité, et surtout en ne portant pas de masque.

Les joggers ne sont-ils pas irresponsables ou égoïstes ? La maire de Paris, Anne Hidalgo, les a concentrés le soir après 19 h en leur interdisant de courir en journée, décision d’autant coupable qu’elle reconnaissait que cette activité favorisait la transmission du virus. Et il court et court, le jogger, suant à grandes gouttes, crachant parfois (pas dans son mouchoir), croisant, dépassant ses acolytes et les passants en les frôlant de très près. Le masque, il ne connait pas. Cela nuirait à ses performances ? Nous avons essayé : on peut très bien courir avec un masque chirurgical ou un masque en tissu. Et quand bien même cela entraverait-il légèrement les capacités respiratoires et les performances de nos marathoniens, ce moindre sacrifice pourrait être attendu de leur part, eu égard au risque qu’ils prennent et plus encore qu’ils font prendre aux autres.

Et il n’y a pas que les joggers parisiens. En voyant les Français prendre de plus en plus de liberté avec la distanciation sociale et se promener sans masque, les médecins ne cachent pas leur inquiétude. Dès le 11 mai, dans toute les France, les rues, les magasins, les entreprises, les transports en commun, les parcs (hors zones rouges) se rempliront à nouveau d’âmes trop heureuses de cette quasi-liberté retrouvée. Il faut espérer qu’ils ne se comporteront pas comme les joggers parisiens, qu’ils respecteront la distanciation physique et qu’ils porteront un masque là où règne la promiscuité.

 

Tous avec un masque !

Il n’y a quasiment plus de pénurie de masques, à l’exception des FFP2 dont sont équipés tous les Coréens. Les grandes surfaces, les pharmacies (à qui l’on a fait croire à tort qu’elles n’avait pas le droit d’en vendre de la fin mars à fin avril) et parapharmacies, les sites de commerce en ligne proposent des masques chirurgicaux. Ceux en tissu sont disponibles à profusion, même dans les débits de tabac.

Il n’y a aucune excuse pour ne pas en porter, et on regrette même qu’il n’ait pas été rendu obligatoire, chaque fois que la distance de sécurité ne peut être respectée. Cette distance est officiellement d’un mètre en France, mais selon le Massachusetts Institute of Technology (MIT), les éternuements et la toux peuvent projeter des gouttelettes à plus de 8 mètres. Même notre cher ministère de la Santé admettait une distance de 6 mètres. Mais c’était en janvier 2019 !

Il est acquis que la transmission du virus se fait essentiellement par voies aériennes (gouttelettes, aérosol) et qu’avec le lavage ou le nettoyage des mains, le port du masque est le premier des gestes barrière. Peut-être que le confinement généralisé et l’appauvrissement de la France (et bientôt des Français) auraient pu être évités si nous avions tous porté un masque, de préférence FFP2, dès le début de la pandémie, et avions été massivement testés.

Mais ne refaisons pas l’histoire. On relèvera tout de même que dans d’autres pays, le déconfinement s’accompagne d’une préparation à une éventuelle seconde vague de l’épidémie. En France, on la craint, mais s’y prépare-t-on ? On ne nous refera pas une deuxième fois le coup de la pénurie de masques, de tests, de respirateurs… sans en assumer les conséquences politiques et même juridiques.

À l’heure de la sortie partielle du confinement, il faut espérer que les Français auront partout la lucidité, le bon sens, l’instinct de survie ou de protection, le sens de la solidarité, de la fraternité… pour respecter les gestes barrière et porter ce fichu masque. Sinon, nous serions mal venus de reprocher au gouvernement les erreurs et les petits mensonges de départ sur l’utilité des masques.

 

Michel Taube

 

 

 

 

 

 

 

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