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16H43 - vendredi 17 juin 2016

Chronique des libertés 17 juin – Spéciale peine de mort

vendredi 17 juin 2016 - 16H43

Les entreprises pharmaceutiques contre la peine de mort

Crédit photo : California Department of Corrections and Rehabilitation, domaine public

Crédit photo : California Department of Corrections and Rehabilitation, domaine public

L’un après l’autre, des grands noms de l’industrie pharmaceutique refusent de livrer aux États-Unis les composants du poison utilisé pour les exécutions de leurs condamnés à mort. Le dernier en date est le géant Pfizer (connu pour avoir inventer le Viagra). La firme américaine a rappelé que son engagement est de « faire des produits pour protéger et améliorer la vie de ses patients » et non pour les tuer.

De même en Suisse, où de nombreuses entreprises pharmaceutiques produisaient des sédatifs destinés aux injections létales américaines, une loi portée par la parlementaire de centre droit Barbara Schmid-Federer veut « interdire l’exportation de substances s’il peut être déterminé qu’elles serviront à appliquer une peine capitale ». Cette loi ne pourra malheureusement pas empêcher les industries d’exporter leurs produits via des intermédiaires, comme cela a déjà été le cas en 2011 pour Novartis et Naari.

 

Vers un retour de la peine de mort au Massachusetts ?

Crédit photo : Rappaport Center, Wikimedia Commons

Crédit photo : Rappaport Center, Wikimedia Commons

L’État du Massachusetts n’a exécuté personne depuis 1947. D’ailleurs la peine de mort y est anticonstitutionnelle depuis 1982. Cela risque de changer.

Le 22 mai dernier, l’officier de police Ronald Tarentino Jr. a été assassiné par un certain Jorge Zambrano – qui roulait avec des plaques minéralogiques volées – lors du contrôle de ses papiers. Après une course-poursuite d’une vingtaine d’heures, le suspect a été abattu.

Cet évènement a décidé le gouverneur du Massachusetts Charlie Baker à proposer de réinstaurer la peine de mort en cas de meurtres de membres des forces de l’ordre. Cette position n’est pas partagée par beaucoup d’électeurs de cet État où la condamnation à mort de Djokhar Tsarnaïev, auteur de l’attentat du marathon de Boston, avait entraîné un mouvement de protestation. Néanmoins, le gouverneur a plusieurs fois fait part de sa volonté de soumettre la question à la Cour suprême du Massachusetts.

 

La peine de mort pour les homosexuels

Crédit photo : Tom Morris, Wikimedia Commons

Crédit photo : Tom Morris, Wikimedia Commons

Il reste une dizaine de pays dans le monde où l’homosexualité peut être passible de mort. Certains de ces pays se justifient par la sharia. Même s’il est des théologiens qui affirment que rien dans la loi islamique n’envisage une telle peine pour les homosexuels.

La peine de mort pour les homosexuels est appliquée en Iran, en Afghanistan, dans plusieurs États du Nigeria et certaines régions de Somalie et du Soudan. Au Qatar, c’est l’adultère qui est puni de mort, sans considération de l’orientation sexuelle. Néanmoins, une relation homosexuelle est de facto considérée comme adultère, et donc répréhensible.

Au Yémen, en Arabie saoudite et en Mauritanie, un homme marié qui se rend « coupable » d’homosexualité peut être condamné à la lapidation.

Aux États arabes unis, les avocats et législateurs ne semblent pas s’accorder sur le fait que la loi fédérale condamne l’homosexualité consentante, ou si elle ne s’applique qu’au viol.

Pour ce qui est de l’Etat islamique autoproclamé, plusieurs dizaines d’hommes ont été exécutés pour leur orientation sexuelle. La peine consiste à les jeter du haut d’un bâtiment et à lapider les survivants.