Edito
09H38 - jeudi 23 avril 2026

Seule une alliance entre Israël et le Liban permettra d’en finir avec le Hezbollah. L’édito de Michel Taube et Radouan Kourak

 

Seule une alliance entre Israël et le Liban permettra d’en finir avec le Hezbollah. L’édito de Michel Taube et Radouan Kourak

Au lendemain de la visite à Paris du Premier ministre libanais Nawaf Salam et de l’ouverture de négociations historiques à Washington entre le Liban et l’État hébreu, une évidence s’impose avec force : seule une alliance stratégique entre Beyrouth et Jérusalem permettra de réduire durablement l’emprise militaire et politique du Hezbollah.

Liban, Israël : ces deux nations, que tout semble rapprocher bien davantage qu’on ne le dit trop souvent, partagent une culture commune de l’intelligence, du commerce, de l’ouverture au monde, de l’art de vivre, et cette capacité unique à faire dialoguer l’Orient et l’Occident. Pourtant, elles se sont enfermées au fil des décennies dans une logique de confrontation.

Aujourd’hui un ennemi commun s’est imposé à Israël et au Liban : le Hezbollah.

Cette organisation islamiste et terroriste s’est progressivement installée au Liban comme un véritable État dans l’État. Disons-le sans détour : le Hezbollah a construit une entité séparatiste au cœur du Liban historique, capturant une partie de sa souveraineté, de ses institutions et de son destin.

Saluons ici le courage, l’audace du président de la République libanais Joseph Aoun qui s’impose comme un grand dirigeant dans un Moyen-Orient si complexe. Et l’attitude des Libanais qui refusent le diktat du Hezbollah.

Mais pour que cette alliance stratégique entre les deux nations du Levant voie le jour et produise ses effets, elle suppose une condition essentielle : la retenue. Et sur ce point, il faut le dire clairement, Benjamin Netanyahou n’a pas toujours su faire preuve de la mesure nécessaire dans certains moments décisifs récents. S’il était légitime de recourir à des frappes ciblées, rendues possibles par l’avance technologique israélienne, afin d’éliminer des dirigeants terroristes, les bombardements indiscriminés ayant touché des populations civiles ont eu un effet inverse à celui recherché. Ils ont ravivé la popularité du Hezbollah, tout comme celle des mollahs à Téhéran, au sein même des populations civiles.

La voie de l’action dans la retenue sera plus longue, sans doute plus exigeante. Mais elle sera aussi plus solide si elle repose sur l’adhésion des peuples. Une alliance entre Israël et le Liban ne pourra être durable que si elle s’inscrit dans une stratégie fondée sur le renseignement, la coordination militaire et des actions ciblées, précises, chirurgicales. C’est à ce prix que l’influence du Hezbollah pourra être affaiblie progressivement, mois après mois, année après année.

 

Michel Taube et Radouan Kourak

Directeur de la publication