
Dans un entretien accordé au magazine Entrevue au journaliste Aimé Kaniki, Valérie Benaïm est revenue sur la genèse de son livre Ils ont disparu…, publié aux éditions Fayard, une œuvre forte qui s’impose déjà comme un témoignage essentiel sur les disparitions d’enfants en France. À travers cet échange, l’autrice éclaire les coulisses d’une enquête bouleversante et confirme la portée profondément engagée de son ouvrage.
Publié en mars 2026, le livre s’attaque à une réalité aussi inquiétante que méconnue : les disparitions de mineurs. Valérie Benaïm y révèle un phénomène massif, souvent relégué au second plan, et pourtant dramatique. Elle rappelle notamment qu’un enfant est signalé disparu toutes les treize minutes en France, un chiffre qui donne la mesure d’un enjeu de société majeur. Ce qui fait la force de cet ouvrage, c’est la profondeur de son enquête. Pendant près de deux ans, la journaliste est allée à la rencontre des familles, des enquêteurs, des magistrats et des associations, donnant naissance à un travail documenté et incarné. Loin des approches superficielles, Ils ont disparu… plonge le lecteur dans une réalité humaine complexe et souvent insoutenable.
Dans son entretien, Valérie Benaïm insiste sur le déclic personnel qui l’a poussée à écrire : son regard de mère, confronté à des faits divers impliquant des enfants. Cette double sensibilité, journalistique et intime, confère au livre une dimension particulièrement touchante et authentique.
L’autrice déconstruit également certaines idées reçues, notamment autour des fugues, souvent banalisées. Elle rappelle avec force qu’elles peuvent exposer les mineurs à des dangers réels, allant de la violence à l’exploitation. Cette mise en perspective donne au livre une dimension pédagogique essentielle, qui dépasse le simple récit.
Au fil des pages, Ils ont disparu… donne surtout une voix aux familles. Le livre met en lumière leur combat quotidien, leur attente interminable et leur dignité face à l’absence. Cette dimension humaine, au cœur de l’ouvrage, transforme chaque témoignage en un appel à ne pas oublier.
Mais au-delà de l’émotion, Valérie Benaïm pose une question fondamentale : celle de la responsabilité collective. Elle interroge les limites des institutions, les manques de moyens et la nécessité d’une mobilisation accrue pour protéger les enfants les plus vulnérables. Son livre s’inscrit ainsi dans une démarche citoyenne forte.
À travers cet entretien avec Aimé Kaniki pour Entrevue, une chose apparaît clairement : Ils ont disparu… n’est pas seulement un livre, c’est un cri d’alerte. Un ouvrage qui secoue les consciences, interpelle la société et rappelle que derrière chaque disparition se cache une vie suspendue, qui mérite d’être retrouvée et protégée.
Emma Ray

















