Edito
09H26 - dimanche 15 février 2026

Zoé Walther et le TDAH. La chronique de Daniel Aaron

 

Zoé Walter et le TDAH. La chronique de Daniel Aaron

Préambule un peu long : je dédie à Anne Tenenbaum cette chronique. Sa disparition terrestre n’effacera jamais sa présence bienveillante, mot qui rassemble toutes celles et ceux que je vais essayer de mettre modestement en lumière. Si la « France des Lumières » s’est presque éteinte, de nombreuses bougies brillent tous les jours pour garder l’espoir que nos enfants vivront mieux que nous. J’y crois à fond ! Je n’en ai aucun doute.

Les grincheux ont tort, que l’esprit républicain français et européen est encore bien vivace. Face aux vents sombres de l’histoire, face à celles et ceux qui veulent dresser les uns contre les autres, il y a ces « Lumières » de cette France magnifique que j’aime et pour laquelle il va falloir se battre.

Ces personnes brillent par leurs infinie beauté et nous apportent un infini espoir que l’avenir sera radieux. Ce qui est complètement dingue c’est qu’ils incarnent toutes et tous, quelles que soient leur âge, leur religion, leur origine, ils incarnent toutes et tous le progrès partagé et constituent à mon sens une « Rêvolution en action » dont l’esprit rhénan – alsacien ? – doit devenir un phare pour toute notre beau pays. Strasbourg doit redevenir un modèle. Toutes ces lumières l’incarnent tous les jours sur le terrain de la vraie vie et dans l’expression de cette adage juif que j’aime tant ‘je pense donc je fais ». Fin du préambule.

 

Zoé Walther est une femme exceptionnelle. Je l’ai croisé il y a quelques semaines par l’intermédiaire de Jacques Zucker que je remercie infiniment de me l’avoir présenté. Cette jeune étudiante de l’ISEG Strasbourg doit être connue, elle doit être soutenue. Je lui ai demandé de faire un texte sur elle-même. Elle l’a fait en 15 minutes. 15 minutes… quand je dis qu’elle est exceptionnelle ! Cela lui a fait du bien. C’est un texte magnifique. Je n’en dis pas plus. Lisez-le et faites-vous votre propre avis. Et si vous êtes sensibilisé par son chemin, son cheminement, alors, allez sur le lien mis en premier commentaire. Allez découvrir son univers… et allez la soutenir.

Beau dimanche.

Je vous laisse avec Zoé Walther…

Daniel Aaron

https://linktr.ee/etrefouetsage

 

« Bonjour,

Je vous écris ces quelques mots afin de vous présenter mon histoire.

Depuis l’âge de 6 ans, on me parle du TDAH. Ces initiales veulent dire Trouble du Déficit de l’Attention avec Hyperactivité.

J’ai créé UniVers l’Autonomie afin d’aider d’autres étudiants à mieux vivre avec leur handicap.

Très tôt, j’ai compris que mon fonctionnement était différent. J’ai bénéficié d’un suivi médical et d’un traitement, qui m’ont aidée, mais cela ne supprimait pas les difficultés du quotidien.

Pendant longtemps, je n’avais pas les mots pour expliquer ce que je ressentais. Je savais seulement que je fournissais des efforts immenses pour des choses qui semblaient naturelles pour les autres. Rester assise, écouter sans que mon esprit ne parte ailleurs, terminer ce que je commençais, organiser mes idées… me souvenir d’un détail important alors que mille pensées se bousculent en même temps dans ma tête.

À l’école, le plus compliqué n’était pas seulement le trouble. C’était le regard des autres, celui de certains professeurs qui interprétaient mes difficultés comme un manque d’effort, celui de certains élèves qui voyaient surtout l’agitation ou la distraction.

Pourtant, je comprenais. Mais je comprenais autrement. À force d’entendre qu’il fallait que je me “calme”, j’ai fini par me demander s’il y avait quelque chose qui clochait chez moi.

Il y a eu des moments de frustration, de fatigue, parfois de doute. Ce qui m’a profondément aidée, c’est le soutien de ma famille. Ils ont toujours cru en moi, même lorsque moi-même je doutais. Leur confiance a été un pilier. Elle m’a permis de continuer, d’accepter de demander de l’aide, et de mettre en place des stratégies adaptées à mon fonctionnement.

Grandir avec un TDAH m’a obligé à développer une résilience que je n’aurais peut-être jamais construite autrement. Ça m’a appris l’empathie, parce que je sais ce que ça fait de se sentir incomprise. Ça m’a appris la persévérance, parce que rien n’a jamais été “automatique” pour moi. Chaque petite victoire a été conquise avec un bonheur caché.

Mon TDAH ne me définit pas mais il fait partie de mon histoire. Il m’a appris la résilience, l’empathie et la persévérance. Et c’est aussi ce qui m’a donné l’envie d’agir pour que d’autres jeunes n’aient pas à affronter ce que j’ai traversé.

Aujourd’hui, j’ai 22 ans, je suis en deuxième année de Master dans cette école sublime l’ISEG, et je suis présidente de @uniVers l’Autonomie. »

Zoé Walther

https://linktr.ee/univers.lautonomie