Edito
22H51 - samedi 14 février 2026

Quentin ou la France en marche vers la guerre civile ? L’édito de Michel Taube

 

Quentin est mort. Paix à son âme. Pensées pour sa famille, pour ses proches, pour les Lyonnais et pour tous les Français que ce drame bouleverse. Dans l’épreuve, sa famille appelle au calme. Le curé de la paroisse Saint-Georges qu’il fréquentait et aux abords de laquelle il est mort, selon une source lyonnaise, assassiné par une bande de criminels galvanisés quelques minutes plus tôt par Rima Hassan et l’idéologie d’extrême-gauche, raciste, woke et hostile à la France, appelle à ne pas céder à la vengeance. Ils ont raison. La dignité doit toujours l’emporter sur la colère.

Mais il serait irresponsable de détourner le regard de ce que ce drame révèle de notre époque. Le sort tragique de Quentin n’est pas seulement un fait divers de plus dans une société fatiguée. Il est un symptôme. Le signe avant-coureur d’une réalité française qui s’impose chaque jour davantage : la fracture nationale est devenue frontale, charnelle, explosive.

« Aujourd’hui on vit côte à côte, je crains que demain on ne vive face à face ». Gérard Collomb avait raison. Mais nous sommes bien au-delà ! Désormais on ne vit plus face à face mais presque en guerre les uns contre les autres. Deux France en guérilla urbaine et bientôt en guerre civile ?

Ce face-à-face devenu guerre ouverte a commencé à Lyon et compte une victime de plus, emblématique, tragique : Quentin.

Nous vivons en effet avec deux Frances qui non seulement s’ignorent mais qui désormais se détestent. Ce sont deux Frances qui se regardent en ennemies et qui commencent à s’affronter. Aujourd’hui des groupuscules, demain des bandes organisées puis des quartiers, puis des mouvements élargis…

D’un côté, des groupes nationalistes, convaincus de défendre une identité menacée, comme le collectif Nemesis dont il faut saluer le courage et l’audace, et les preuves abondent, il faut le dire. De l’autre, une mouvance radicalisée d’ultra gauche, organisée, idéologisée, persuadée d’incarner le camp de la rupture avec les blancs, la France traditionnelle et le capitalisme, et prête à empêcher par tous les moyens l’arrivée au pouvoir de ceux qu’elle considère comme des adversaires illégitimes.

Ce phénomène ne se limite déjà plus à quelques militants marginaux. Il s’inscrit dans une toile politique, militante et sociale beaucoup plus large : réseaux activistes, relais associatifs, bataillons numériques, militants de terrain, réseaux communautaristes islamisés et/ou créolisés, autant de forces qui travaillent déjà à la confrontation.

 Le climat se durcit, les mots deviennent des armes, et la violence s’installe dans les imaginaires comme une issue possible. Ce que préparent les Antifa lfistes ? L’Italie des années soixante-dix, avec les années de plomb et les Brigades rouges qui commettaient des attentats terroristes et prenaient en otage des leaders politiques, à l’époque de la droite chrétienne démocrate ?

L’échéance présidentielle de 2027 agit déjà comme un accélérateur. La perspective d’une victoire de Marine Le Pen, de Jordan Bardella ou d’un candidat capable d’incarner une union des droites constitue pour l’extrême-gauche une menace existentielle.

Pour d’autres, elle représente l’espoir d’un changement radical. Entre ces deux visions irréconciliables, la tension monte. Et chacun sent confusément que le pays avance vers un point de bascule.

De guérilla civile à la guerre civile ? Est-ce possible ? Ce scénario catastrophe, rendu possible si trois facteurs venaient à se conjuguer d’ici la présidentielle de 2027, soit avant dans les jours qui suivront l’élection du prochain chef de l’Etat :

  • le climat de guerre politique entretenu par l’alliance entre LFI, les groupuscules antifas et les oeganisations islamistes et communautaristes musulmanes qui votent toutes Mélenchon ; 
  • la colère de plus en plus de Français et le rejet par une majorité d’entre eux du grand remplacement démographique reconnu par Jean-Luc Mélenchon lui-même (cette créolisation accélérée de la France dont beaucoup de Français ne voulaient pas et qui s’impose à eux),
  • un nouveau déchaînement de violences urbaines comme lors des émeutes de l’été 2023, lorsque plus de 500 communes françaises ont été touchées par une vague de destructions sans précédent. Commerces incendiés, écoles attaquées, commissariats pris pour cible, mairies dévastées, habitants agressés : ces scènes ont révélé la profondeur d’une crise d’autorité et d’opposition à la France.

Ces trois facteurs ont déjà entraîné des explosions ponctuelles de violence, dont Quentin est une des victimes. Mais dans un contexte politique plus tendu encore, ils peuvent se coaguler et devenir le terreau d’un affrontement généralisé.

Rien n’est inéluctable. Les guérillas civiles, les affrontements ouverts, la guerre intérieure peuvent encore être évités. Mais les vents sont contraires. Ils soufflent sur une France brisée en deux, fragmentée, méfiante, épuisée par des années de crises et d’incompréhensions. Il faudrait retrouver le sens du débat démocratique, de la transmission, de l’autorité et du respect du vote populaire. À défaut, le risque est grand de voir la fracture se transformer en rupture.

Car ce qui se profile n’est plus seulement une crise politique. C’est la possibilité que la nation cesse de se percevoir comme un destin commun. Et lorsqu’un pays commence à douter qu’il forme encore un seul peuple, alors l’histoire nous enseigne que le pire n’est jamais loin.

 

Michel Taube

Directeur de la publication