À Draguignan, la campagne municipale de 2026 prend une tournure résolument politique. En annonçant sa candidature à la mairie, Philippe Schreck ne se contente pas d’entrer dans la course électorale : il propose une rupture. Député de la 8ᵉ circonscription du Var depuis 2022, largement réélu en 2024, l’avocat et ancien bâtonnier choisit de revenir au terrain municipal avec une ambition claire : remettre Draguignan sur une trajectoire de redressement après un mandat qu’il juge déconnecté des réalités quotidiennes.
Loin d’un simple coup politique, cette candidature s’inscrit dans un parcours et un enracinement local. Philippe Schreck connaît Draguignan intimement. Il y a grandi, s’y est formé, y a fondé sa famille et y exerce depuis des décennies. Dans l’entretien qu’il a accordé à Radouan Kourak, il dresse un constat sévère mais argumenté : montée du sentiment d’insécurité, banalisation des incivilités, propreté en recul, commerce fragilisé, écoles vieillissantes et urbanisme dominé par une bétonisation jugée excessive. Pour lui, la ville ne va pas mal par accident, mais par manque de cap et de priorités claires.
Son projet municipal se veut précisément l’inverse de ce qu’il reproche à l’équipe sortante : un recentrage sur l’essentiel. Sécurité, propreté, écoles, commerce de proximité, associations et sport constituent l’ossature d’un programme présenté comme pragmatique et chiffré. La sécurité, érigée en première des libertés, doit reposer sur une police municipale renforcée, visible et opérationnelle, tandis que la qualité de vie passe par un retour à une ville entretenue, lisible et respectueuse de son cadre de vie.
Sur le terrain financier, Philippe Schreck introduit un élément qui pèse lourd dans le débat local. En révélant que l’abandon du projet de Pôle de transition environnementale coûtera 5,5 millions d’euros à la collectivité, il met en lumière ce qu’il considère comme une gestion hasardeuse et coûteuse pour les contribuables. Un chiffre qui, à ses yeux, résume une politique municipale éloignée des préoccupations concrètes des Dracénois et peu soucieuse de l’argent public.
Politiquement, le candidat assume ses soutiens. Il revendique l’appui du Rassemblement national de Marine Le Pen et Jordan Bardella, ainsi que celui de l’UDR d’Éric Ciotti, tout en soulignant le caractère ouvert de sa liste « Draguignan autrement », largement composée de profils issus de la société civile. Surtout, il tranche nettement la question du cumul des mandats : s’il est élu maire, il renoncera à son siège de député, affirmant vouloir se consacrer pleinement à la ville et à ses habitants.
À l’approche du scrutin de mars 2026, Philippe Schreck avance avec une détermination mesurée. Ni triomphalisme ni prudence excessive, mais la conviction que l’alternance est désormais possible. Dans une ville où le malaise est palpable, sa candidature s’impose comme une proposition politique structurée, portée par un discours de rupture assumée et par la promesse d’un retour aux fondamentaux municipaux. Pour Draguignan, le choix qui s’annonce dépasse une simple élection locale : il engage une orientation, un style et une vision pour les années à venir.

















