
Quand le malheur des uns fait le bonheur des autres…
Selon plusieurs sources, dès le lendemain du déclenchement de la guerre entre l’Iran, Israël et les États-Unis, les tours opérateurs et les acteurs du tourisme mondial ont immédiatement enregistré des changements dans les demandes de voyage des millions de touristes qui sillonnent la planète.
En quelques jours, et la tendance n’est pas prête de s’inverser au vu des dernières informations venues du Golfe, des centaines de croisières, des milliers de séjours touristiques et de voyages thématiques ont été annulés dans les pays du Golfe et dans l’ensemble du Moyen-Orient, remplacés par des choix de destinations considérées comme plus sûres.
Selon les mêmes sources, La Réunion et les Antilles, notamment la Martinique et la Guadeloupe, ont enregistré subitement, depuis tout début mars, de fortes hausses de réservations de vols et de nuitées dans ces îles françaises. Dans des territoires dont le stock de nuitées est par exemple en Martinique de près de 5000, ce renversement de tendance impacte immédiatement sur la saison.
C’est une bonne nouvelle pour le tourisme français ultramarin, et une nouvelle méritée lorsqu’on connaît la beauté de ces destinations et la qualité toujours meilleure des services offerts à la clientèle.
Cette nouvelle suffira-t-elle à compenser la crise qui s’annonce avec une explosion annoncée des tarifs du kérozène et des matières premières et les incertitudes de ce qui s’apparente de plus en plus à une crise mondiale ?
Défis structurels…
Au-delà de ces injonctions paradoxales de conjoncture, le tourisme dans les Outre-mer français fait face à des freins structurels.
Des tarifs prohibitifs sur les billets d’avion vers le soleil font partie de l’équation. L’afflux conjoncturel de nouveaux touristes devrait être exercer une pression à la hausse sur les billets d’avion.
Sur ce terrain, il faut espérer que la tentative de relance de la compagnie Air Antilles par l’homme d’affaires Patrick Sainte-Luce, allié aux collectivités locales de Guadeloupe, de Saint-Barthélemy et de Saint-Martin, aboutira. Le marché a besoin de concurrence et deux compagnies aériennes ne suffiraient pas à encourager une baisse des billets d’avion.
En fait, les billets d’avion cachent des secrets qui pourraient en faire bondir plus d’un (nous y reviendrons la semaine prochaine).
Pour l’heure, le député martiniquais Jiovanny William vient de se voir confier par le premier ministre Sébastien Lecornu une mission nationale portant sur l’évolution des prix des billets d’avion. Cet élu de la République souhaite « mettre sur la table les racines des surcoûts observées dans ce secteur afin de redonner du pouvoir d’achat aux Français de l’Hexagone et des Outre-mer ».
Il serait en effet temps que la solidarité nationale joue pour que les ultramarins vivant en métropole et qui souhaitent voyager aux Antilles, à La Réunion, en Polynésie et dans les autres territoires d’Outre-mer bénéficient de tarifs préférentiels. Mais ce choix de société, forme de continuité territoriale légitime au regard des distances, sera certainement un des enjeux de la prochaine élection présidentielle.
Nous y reviendrons donc.
Michel Taube



















