Depuis juin 2026, l’expression « privilège zorey » a ouvert à La Réunion un débat sur l’égalité des chances et sur la place des personnes originaires de l’Hexagone dans la vie culturelle, économique et institutionnelle de l’île.
Publiée en juin dans les médias locaux, la tribune « Nommer le privilège zorey pour construire l’égalité à La Réunion », signée par plus de 150 personnalités et portée notamment par des artistes, relayée dans une pétition qui a déjà réuni plus de 3000 signataires, a invité à ouvrir cette discussion.
Une chanteuse réunionnaise venue de l’Hexagone, Marie Lanfroy, membre du groupe de maloya fusion Saodaj’, s’est vue attaquée par le musicien réunionnais Gaël Velleyen, leader du groupe Kréolokoz, qui lui contestait le droit de chanter le maloya, musique traditionnelle réunionnaise, historiquement liée à l’histoire de l’esclavage.
Que se serait-il passé si le jazz était resté cantonné dans les familles afro-américaines ? Il est devenue une musique universelle, de la grande musique jouée dans le monde entier, parce que les compositeurs et joueurs de jazz, anciens esclaves certes, se sont ouverts au monde et sortis de leur condition de victimes pour bâtir leur avenir.
C’est ce que montre l’émission : l’esprit de fermeture, la racialisation de la culture étendue à tous les débats économiques, sociaux et politiques menée par des leaders ultra, extrémistes qui, derrière les attaques de néo-colonialisme, enfoncent leurs territoires ultra-marins dans la solitude et le repli sur soi.
Cette réflexion résonne aussi aux Antilles, en Polynésie française et en Nouvelle-Calédonie, et a donné lieu à un débat sans compromis dans l’émission « Outre-mer : et si on bougeait les lignes » du réseau La 1ère de France Télévision.
Siti Daroussi, avec les rédactions du Réseau des 1ère, a ouvert le débat (ou donné trop d’échos ?) avec ses invités : Frédéric Maillot, député Gauche Démocrate et Républicaine (GDR) de La Réunion, Yola Minatchy, avocate au barreau de Bruxelles, présidente du Réseau des Talents de l’Outre-mer, François Garde, ancien haut fonctionnaire en poste dans plusieurs territoires d’Outre-mer, Florence Ihaddadene, sociologue, maîtresse de conférence en science de l’éducation à l’Université Picardie Jules-Verne, spécialiste des Outre-mer, Maïté Hubert M’Toumo, secrétaire générale de l’Union générale des travailleurs de Guadeloupe (UGTG, et votre serviteur.
A voir pour mesurer l’ampleur des divisions qui secouent la France…
Michel Taube



















