Opinion Outre-Mer
08H14 - mardi 20 octobre 2026

Rodrigue Petitot : l’échec comme trajectoire, la destruction de la Martinique comme ambition. L’édito Outre-mer de Michel Taube

 
Rodrigue Petitot : l’échec comme trajectoire, la destruction de la Martinique comme bilan. L'édito Outre-mer de Michel Taube

Rodrigue Petitot, c’est une succession d’échecs.

Échec dans son métier de grutier.

Échec dans le grand banditisme.

Échec dans le narcotrafic, il a été stoppé par l’Etat français avec des condamnations et des poursuites judiciaires encore en cours (ah, les lenteurs de la justice !).

Échec dans son combat pour imposer l’alignement des prix avec la Métropole. Un objectif irréaliste car il ignore la réalité économiques d’une île située à des milliers de kilomètres de l’Europe. Pourtant, en 2024, les négociations ont permis d’aboutir à un protocole avec des baisses de prix de l’ordre de 11 % sur 6.000 produits. Pour une fois qu’il pouvait revendiquer un résultat concret, il a refusé de signer !

Échec également en politique. Il n’a pas réussi à transformer sa popularité sur les réseaux sociaux en victoire dans les urnes. Il a pu présenter que 2 candidats sur 32 communes. Et échec face aux électeurs martiniquais.

Mais lorsqu’on parle de destruction, le bilan de Petitot est bien réel. Destruction des jeunes et des familles en vendant de la drogue. Et en 2024, la Martinique a payé un prix terrible : ⁠137 entreprises vandalisées, pillées ou incendiées, plus de 1 000 emplois impactés, entre 78 et 100 millions d’euros de dégâts.

Cent millions d’euros !

Dans une économie isolée déjà fragile, c’est une blessure immense. Derrière ces chiffres, ce sont des commerçants ruinés, des salariés sans emplois, des familles meurtries et des années de travail réduites à néant.

Et en 2026, cela devrait recommencer ?

Le 19 octobre, Rodrigue Petitot et le RPPRAC ont donc relancé les appels aux blocages, pour perturber à nouveau l’activité de la Martinique.

Les premières conséquences économiques se font déjà sentir. La première escale de la saison de croisière 2026-2027, prévue le 20 octobre, vient d’être annulée en raison des tensions sociales et des blocages.

Le Coral Princess, avec ses 2 200 passagers, ne viendra pas à Fort-de-France. C’est un très mauvais signal pour une saison qui devait compter près de 300 escales et plus de 500 000 croisiéristes. Ce sont les commerçants, les transporteurs, les restaurateurs, les artisans et tous ceux qui vivent du tourisme qui risquent, une fois encore, d’en payer le prix.

Heureusement ses appels à bloquer l’île n’ont pas pris le 19 octobre et il semble plus isolé que jamais. Malgré les réseaux sociaux, les vues, les partages, les polémiques et sa capacité à fasciner les médias locaux.

Mais les entreprises détruites, les emplois menacés et les touristes qui ne viennent plus, eux, n’ont rien de virtuel.

Pendant que les bâtisseurs s’épuisent à créer des entreprises, des emplois et des richesses, les destructeurs continuent d’enfoncer la Martinique dans le chaos.

La Martinique mérite mieux que ces terroristes du chaos et du déclin.

Fort heureusement, la Martinique résiste. Sa majorité silencieuse, celle qui travaille et construit est bien plus forte que ceux qui l’entraînent vers le bas.

 

Michel Taube

Michel Taube

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Directeur de la publication