Edito
08H30 - mercredi 7 octobre 2026

Le massacre du 7 octobre 2023, trois ans après : in memoriam. La chronique de Daniel Salvatore Schiffer

 

DANIEL SALVATORE

7 octobre 2023, il y a exactement trois ans, jour de terreur : les terroristes islamistes du Hamas, ces fanatiques idéologisés d’Allah, y perpétrèrent en effet le pire massacre, depuis la Shoah, à l’encontre des Juifs d’Israël, avec 1219 personnes tuées dans une violence inouïe et 251 otages emmenés tout aussi brutalement dans les terrifiants tunnels de Gaza.

Bref : une abomination sans nom, un sommet de barbarie, où, en ce pogrom de nature génocidaire, des familles entières furent exterminées jusque au cœur de leur foyer, des femmes enceintes éventrées afin qu’elles ne puissent mettre au monde d’enfants juifs, des bébés brûlés vifs et le sang coulant à flots dans les kibboutz détruits avec une inconcevable sauvagerie, encore jamais vue, sinon chez les nazis, dans les annales de l’inhumanité !

 

L’AVEUGLEMENT DES DEMOCRATIES OCCIDENTALES FACE A LA RECRUDESCENCE D’UN ANTISEMITISME DE PLUS EN PLUS DECOMPLEXé

On connaît la terrible suite, même si la plupart de nos démocraties occidentales, aveuglées par leur propre et lâche méconnaissance de ce difficile dossier face à l’inquiétante recrudescence d’un antisémitisme de plus en plus désinhibé à travers le monde, n’ont pas encore compris, hélas, la profondeur tout autant que la portée, incommensurables au sein de la conscience juive en son ensemble, du douloureux traumatisme qui s’ensuivit : Israël, face à cette innommable haine que ses séculaires ennemis lui exprimèrent ainsi sans foi ni loi, animés là par un antisémitisme aussi viscéral qu’irrationnel, impitoyable, répondit, au terrible prix d’une quasi totale destruction de la bande de Gaza et de victimes collatérales où des milliers de civils innocents périrent malheureusement, en éliminant un à un, jusqu’à les décimer, les principaux chefs politiques et militaires du Hamas. Et puis aussi au Liban et parfois même en plein cœur de Téhéran (où se trouvait, au sein de l’épouvantable régime des mollahs, ce que le pouvoir israélien nommait alors à juste titre « la tête du serpent »), de ses non moins féroces complices du Hezbollah !

Mais vint également, après ces deux cruelles années de guerre, cette autre historique date, aussi positive que réjouissante celle-là, du 13 octobre 2025 : les derniers otages juifs encore vivants du 7 octobre furent finalement remis, en échange de la libération de près de 2.000 prisonniers palestiniens, à Israël. Jour béni entre tous !

 

LA PAIX DES BRAVES : UN ENJEU DE CIVILISATION FACE A LA BARBARIE ISLAMISTE

Reste certes, à présent, à établir, mettre en œuvre et concrétiser un réaliste plan de paix, ouvrant ainsi, par la même occasion, une nouvelle page de sécurité et de stabilité dans cette région, particulièrement turbulente et trop souvent ensanglantée, du Proche et Moyen-Orient. 

C’est là l’intelligente et courageuse paix des braves !

A ce nécessaire plan de paix – paix qu’a par ailleurs toujours voulu Israël, contrairement aux plus radicaux des Palestiniens, dont le Hamas précisément –, tout homme comme toute femme de bonne volonté, profondément attaché aux imprescriptibles valeurs de la démocratie, de la liberté et de la fraternité, de la tolérance et de l’humanisme, ne peut certes, très honnêtement, qu’adhérer, l’appelant même de ses vœux.

 

POUR UNE SOLUTION, AVEC LE TEMPS, A DEUX ETATS ET LE DESARMEMENT COMPLET DU HAMAS

Avec, au bout du compte, mais seulement, condition aussi préalable que non négociable, lorsque l’immense plaie encore béante du 7 octobre se sera enfin refermée et que le Hamas aura définitivement rendu les armes, une solution à deux Etats : la cohabitation, dans une paix juste et durable comme le prône le langage diplomatique, entre les Etats israélien et palestinien.

C’est d’ailleurs là – l’intention d’Israël de remodeler le paysage politique du Proche et Moyen-Orient en vue de ce sacro-saint plan de paix – ce  que, pour  ma modeste part, j’ai toujours préconisé, avec quelques-uns de mes pairs les plus proches au sein de l’intelligentsia française ou même israélienne et, plus généralement encore, internationale.

Car ce combat pour la paix, c’est aussi, par-dessus tout, un enjeu de civilisation, où la dignité humaine se voit, pour toutes et tous, intégralement respectée !

 

DANIEL SALVATORE SCHIFFER

Philosophe, écrivain, auteur d’une cinquantaine de livres, dont « La Philosophie d’Emmanuel Levinas – Métaphysique, esthétique, éthique » (Presses Universitaires de France), « Oscar Wilde » et « « Lord Byron » (Gallimard-Folio Biographies) ; directeur des ouvrages collectifs « Penser Salman Rushdie » (Editions de l’Aube/Fondation Jean Jaurès), « Repenser le rôle de l’intellectuel (Editions de l’Aube), « L’humain au centre du monde – Pour un humanisme des temps présents et à venir. Contre les nouveaux obscurantismes » (Editions du Cerf), « Critique de la déraison antisémite – Un enjeu de civilisation ; un combat pour la paix » (Editions Intervalles).