Edito
12H24 - lundi 21 septembre 2026

« Qui décide du sacrifice ? » : Omar Harfouch interroge le prix humain des décisions militaires

 

Dans une tribune parue dans Entrevue le 21 septembre 2026, Omar Harfouch place la responsabilité envers les générations futures au centre de son plaidoyer pour la paix. Il appelle les dirigeants à épuiser les possibilités diplomatiques avant d’engager des populations dans un conflit, en rappelant que ceux qui en supportent les conséquences ne sont pas toujours ceux qui en prennent la décision.

« Avant de demander à une génération de mourir, nous devons être certains d’avoir épuisé toutes les possibilités de paix. » Cette phrase résume l’exigence formulée par Omar Harfouch à l’occasion de la Journée internationale de la paix. Dans sa tribune publiée par Entrevue, il choisit de regarder la guerre depuis ceux qui en paient le prix : les jeunes qui combattent, les familles qui attendent et les populations dont l’existence se trouve bouleversée.

L’auteur pose une question directe : « Lorsqu’un gouvernement prend une décision militaire, qui en paie le prix ? » À ses yeux, le langage stratégique ne doit jamais faire disparaître la réalité humaine qu’il recouvre. Parler d’un sacrifice, d’une mobilisation ou d’une perte ne peut devenir une manière abstraite de décrire ce qui signifie, pour d’autres, un deuil ou une vie brisée.

La responsabilité envers ceux qui ne décident pas

Omar Harfouch insiste sur la distance entre la décision politique et ses conséquences. Les dirigeants choisissent une orientation, mais ce sont des soldats qui combattent, des proches qui vivent dans l’inquiétude et des contribuables qui financent l’effort militaire. Les effets économiques touchent également des populations qui n’ont aucune prise directe sur le déroulement des opérations. Son propos consiste à rappeler ces réalités chaque fois que la guerre est évoquée comme une option.

L’Ukraine occupe une place importante dans cette réflexion. L’auteur mentionne l’invasion russe et décrit ce que le conflit représente concrètement pour les habitants : les bombardements, les séparations et les enfants qui grandissent au rythme des alertes. Il s’inquiète aussi du regard extérieur, lorsque la répétition des bilans finit par transformer la mort en une information parmi d’autres.

Faire de la diplomatie une exigence, pas un simple préalable

Ce plaidoyer ne s’accompagne pas d’une négation des impératifs de sécurité. Omar Harfouch reconnaît qu’un État doit protéger sa population et qu’il peut entretenir une armée dans une logique de dissuasion. Il distingue expressément la défense d’une volonté de faire la guerre. Sa critique vise plutôt la facilité avec laquelle une société pourrait finir par considérer les sacrifices humains comme nécessaires, sans continuer à questionner les moyens de les éviter.

Les précédents historiques nourrissent cette mise en garde. En revenant sur les deux guerres mondiales et sur les mécanismes d’escalade, il souligne combien les conséquences d’un conflit peuvent échapper à ceux qui pensent en maîtriser le déclenchement. La prudence qu’il défend ne consiste donc pas à ignorer les dangers, mais à mesurer aussi ceux que comporte l’entrée dans la guerre.

Omar Harfouch ne présente pas de plan de règlement des conflits et ne prétend pas en détenir la solution. Il énonce une priorité : rechercher le dialogue, la négociation et les issues diplomatiques avant de demander aux populations d’accepter de nouveaux sacrifices. Sa conclusion déplace ainsi la question de l’héritage laissé aux enfants : plutôt que de les préparer à mourir dans une guerre future, la responsabilité d’une génération ne serait-elle pas de tout faire pour qu’ils n’aient jamais à la connaître ?