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09H07 - samedi 1 août 2026

Sept ans après l’article 370 : le pari du gouvernement Modi au Cachemire porte-t-il ses fruits ?

 

Sept ans après l’article 370 : le pari du gouvernement Modi au Cachemire porte-t-il ses fruits ?

Le 5 août 2019 restera sans doute comme l’une des décisions les plus marquantes de l’Inde contemporaine. Ce jour-là, le Parlement indien abrogeait les articles 370 et 35A de la Constitution, mettant fin au statut spécial dont bénéficiait le Jammu-et-Cachemire depuis 1949 et réorganisant l’ancien État en deux territoires de l’Union : le Jammu-et-Cachemire et le Ladakh.
La décision avait suscité de vives réactions, en Inde comme à l’étranger. Certains y voyaient un pari audacieux pour accélérer l’intégration nationale et le développement de cette région stratégique. D’autres redoutaient une période prolongée d’instabilité.

 

Sept ans plus tard, le temps est venu de dresser un premier bilan.

D’une exception constitutionnelle à une intégration complète
Pendant près de sept décennies, le Jammu-et-Cachemire bénéficiait d’un régime constitutionnel unique en Inde.

Avec l’abrogation des articles 370 et 35A, l’ensemble des dispositions de la Constitution indienne s’applique désormais pleinement à la région. Des centaines de lois nationales – concernant les droits sociaux, la protection des femmes, les droits des enfants, les politiques de santé, d’éducation ou encore les mesures en faveur des communautés défavorisées – y sont désormais applicables.
Pour le gouvernement de Narendra Modi, cette réforme visait avant tout à garantir aux habitants du Jammu-et-Cachemire les mêmes droits et les mêmes opportunités que ceux dont bénéficient les autres citoyens indiens.

 

Les infrastructures changent le visage du territoire

C’est probablement dans le domaine des infrastructures que les transformations sont les plus visibles.
Au cours des sept dernières années, des investissements massifs ont été engagés dans les routes, les tunnels, les ponts, les réseaux électriques et les infrastructures numériques.
Le tunnel de Zojila, actuellement en construction, deviendra l’un des plus longs tunnels routiers d’Asie et permettra une liaison permanente entre le Ladakh et le reste de l’Inde, même durant les hivers rigoureux.

L’ouverture de nouvelles lignes ferroviaires et la mise en service des trains Vande Bharat renforcent également la connectivité d’une région longtemps confrontée à un relatif isolement.
Pour les entreprises comme pour les habitants, ces infrastructures constituent bien davantage que des ouvrages d’ingénierie : elles représentent une ouverture économique.Un tourisme en plein essor
Le tourisme illustre lui aussi cette nouvelle dynamique.

En 2024, le Jammu-et-Cachemire a accueilli plus de 23 millions de visiteurs, un record historique.
Des stations emblématiques comme Gulmarg, Pahalgam ou Sonamarg connaissent un regain d’activité, tandis que les hôtels, les maisons d’hôtes, les restaurants et les artisans bénéficient directement de cette fréquentation accrue.

Le tourisme religieux connaît lui aussi une progression constante avec les pèlerinages vers Vaishno Devi ou Amarnath.
Malgré un ralentissement ponctuel observé en 2025 à la suite de l’attentat terroriste de Pahalgam, les autorités ont rapidement renforcé les dispositifs de sécurité afin de préserver cette dynamique essentielle pour l’économie locale.

 

Une nouvelle génération d’entrepreneurs

L’un des changements les moins médiatisés concerne l’entrepreneuriat.
Les programmes de soutien aux start-up, les incubateurs universitaires, les plateformes numériques et les dispositifs de financement permettent aujourd’hui à une nouvelle génération de jeunes entrepreneurs de développer leurs projets dans des secteurs variés : agriculture de haute valeur ajoutée, tourisme, technologies numériques, artisanat ou commerce en ligne.
Le développement des infrastructures numériques favorise également l’émergence de nouveaux services jusque dans les zones rurales.

Éducation, santé et inclusion

Le gouvernement indien met également en avant l’amélioration des services publics.
De nouveaux établissements d’enseignement supérieur ont été créés, les infrastructures hospitalières ont été modernisées et plusieurs programmes nationaux d’assurance santé couvrent désormais pleinement les habitants de la région.

Les femmes bénéficient également des mêmes protections juridiques que dans le reste du pays, notamment en matière de droits patrimoniaux et d’accès aux dispositifs sociaux.
Les communautés historiquement marginalisées, telles que les Scheduled Tribes ou les Other Backward Classes, bénéficient désormais de l’ensemble des politiques nationales de discrimination positive.

Un climat sécuritaire en amélioration

La sécurité demeure naturellement un enjeu majeur.
Les défis n’ont pas disparu, et des attaques terroristes continuent malheureusement de rappeler la fragilité de la région.

Pour autant, les autorités soulignent une baisse significative de plusieurs indicateurs de violence par rapport à la décennie précédente, tandis que les activités économiques et la vie quotidienne ont progressivement retrouvé une plus grande normalité.

Les élections organisées en 2024 ont également marqué une étape importante dans le retour du processus démocratique local.

 

Le pari de Narendra Modi

Pour Narendra Modi, le 5 août 2019 constitue l’une des réformes majeures de son parcours politique.
Le Premier ministre rappelle régulièrement que cette décision visait à mettre fin à une situation d’exception qui, selon lui, freinait le développement économique, l’investissement privé et l’intégration institutionnelle de la région.

En 2025, année du 125ᵉ anniversaire de la naissance de Dr Syama Prasad Mookerjee, figure historique ayant plaidé pour une pleine intégration du Jammu-et-Cachemire à l’Union indienne, le gouvernement a donné une portée symbolique supplémentaire à cette réforme.

 

Le temps du développement

Les débats politiques ne sont pas clos.
Une partie de la classe politique locale continue de réclamer le rétablissement du statut d’État du Jammu-et-Cachemire, engagement que le gouvernement indien a d’ailleurs réaffirmé à terme. D’autres contestent toujours la décision de 2019.

Mais au-delà de ces divergences, une réalité apparaît difficile à ignorer.
Les investissements publics se sont accélérés. Les infrastructures se modernisent. Le tourisme atteint des niveaux historiques. Les programmes sociaux bénéficient désormais à l’ensemble de la population. Les jeunes disposent de davantage d’opportunités dans l’éducation, l’entrepreneuriat et le numérique.
Le Cachemire ne se résume plus uniquement aux tensions qui ont longtemps façonné son image internationale.

Il commence aussi à raconter une autre histoire : celle d’une région qui cherche à transformer ses immenses atouts naturels, humains et culturels en moteurs de développement.
Le pari lancé le 5 août 2019 n’a évidemment pas répondu à toutes les interrogations. Sept années représentent peu à l’échelle de l’histoire d’un territoire aussi complexe.

Mais elles sont suffisantes pour constater qu’une nouvelle dynamique est à l’œuvre. Et c’est sans doute sur cette capacité à améliorer durablement la vie quotidienne des habitants que sera jugé, dans les années à venir, le véritable succès de cette réforme historique.

 

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