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09H46 - mercredi 5 août 2026

Londres a conclu avec l’Inde un accord de libre-échange. L’Europe peut-elle suivre ?

 

Londres a conclu avec l’Inde un accord de libre-échange. L’Europe peut-elle suivre ?

L’entrée en vigueur, le 15 juillet 2026, de l’accord de libre-échange entre l’Inde et le Royaume-Uni est un événement politique.

Derrière les réductions tarifaires et les annexes techniques, c’est une réalité géopolitique qui s’affirme : l’Inde est devenue l’un des partenaires économiques les plus recherchés au monde.

Après plus de trois années de négociations entamées en janvier 2022, Londres et New Delhi avaient signé leur Comprehensive Economic and Trade Agreement (CETA) le 24 juillet 2025. Un an plus tard, le traité est désormais pleinement opérationnel.

Le Royaume-Uni est aujourd’hui le sixième investisseur étranger en Inde et l’un des principaux partenaires économiques européens de New Delhi.

Les échanges bilatéraux de biens et services dépassent désormais 60 milliards de dollars par an, avec l’ambition affichée de franchir rapidement le seuil des 100 milliards de dollars.

Selon les estimations britanniques, l’accord devrait générer à terme 25,5 milliards de livres sterling supplémentaires d’échanges commerciaux chaque année, tout en augmentant le PIB britannique de 4,8 milliards de livres et celui de l’Inde de 5,1 milliards de livres.

Ces chiffres sont considérables.

Ils témoignent moins de la taille du marché britannique que du poids désormais acquis par l’économie indienne.

 

L’Inde ouvre progressivement son marché

L’accord prévoit une ouverture commerciale sans précédent entre les deux pays.

Dès son entrée en vigueur, le Royaume-Uni supprime les droits de douane sur 96,8 % des lignes tarifaires, couvrant près de 98 % de la valeur des exportations indiennes vers le marché britannique. En pratique, les exportateurs indiens de textile, de cuir, de produits agroalimentaires, de bijoux, de produits chimiques ou encore de composants industriels bénéficieront d’un accès presque totalement libre au marché britannique.

En retour, l’Inde réduit immédiatement ses droits de douane sur plus de 64 % des produits britanniques, avec une libéralisation progressive portant sur plus de 85 % des échanges à moyen terme.

Les grands bénéficiaires britanniques seront notamment les véhicules premium, les équipements industriels, les services financiers, l’enseignement supérieur, ainsi que les célèbres whiskys écossais dont les droits de douane passeront progressivement de 150 % à 40 %.

Le Royaume-Uni post-Brexit avait besoin d’un accord avec la plus grande démocratie du monde autant que l’Inde souhaitait sécuriser son accès à l’un des grands marchés financiers internationaux.

Car pendant que le Royaume-Uni finalisait son accord, l’Union européenne et l’Inde ont, elles aussi, franchi une étape historique en concluant le 27 janvier 2026 les négociations de leur propre accord de libre-échange après près de vingt ans de discussions parfois laborieuses. La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, n’avait pas hésité à parler de la « mère de tous les accords commerciaux ». L’Union européenne est déjà le premier partenaire commercial de l’Inde avec plus de 120 milliards d’euros d’échanges de biens en 2024, auxquels s’ajoutent près de 60 milliards d’euros de services.

Avec ces accords, l’Inde s’ouvre un peu plus au libre-échange et un axe indo-européen s’impose dans la géo-économie mondiale.

 

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