
En quittant hier les fort bien aérés Jardins de Presbourg, au numéro 3 de l’avenue de la Grande Armée, là où on vous sert, dans une progression de terrasses espacées par de larges plantes et de puissants arbres aux floraisons abondantes, protectrices, la meilleure Pavlova de Paris, il ne m’était pas possible d’échapper à l’asphalte fumante – je dis bien fumante – de la large chaussée, la grande avenue, cet avers des Champs-Élysées, exposée au soleil écrasant.
La Pharmacie du Drugstore affichait 41 degrés.
Comme l’après-midi avançait et que d’autres engagements me retenaient ici et là, je me suis interrogé sur les meilleurs lieux utiles à mes semblables pour échapper aux dangers de la surchauffe, qui peut, rappelons-le, s’avérer mortelle.
Bien sûr, on peut ne pas être MacRon et pour autant apprécier Picard Surgelés, outre divers établissements bancaires frigorifiés, à telle enseigne qu’on doit y rechausser une veste.
Mais il existe des lieux plus convenables, plus accueillants, auxquels pas grand-monde pense, tels les lounges des grands hôtels, ces salons bars à l’ambiance feutrée, climatisés et parfois parcourus d’un délicieux zeste de vent frais, où l’on peut boire un café frappé à l’orgeat.
Je ne pense pas aux grands hôtels renommés envahis d’importants, parfois bruyants, mais à des lieux moins courus, et plus pratiques d’accès.
Ainsi, le Dandy Hôtel, rue Saint-Denis, affichant avec raison quatre étoiles, offre-t-il, outre une animation musicale sympathique et sobre en fin de journée, une des meilleures ambiances fraîches, délicates, progressives selon les canapés, de Paris.
Certains pensent aux catacombes, mais nombre d’églises, tel Saint Eustache, dans le quartier central des Halles, outre sa magnifique décoration intérieure, offrent des atmosphères fraîches, reposantes, silencieuses et, à certaines heures, parcourues de concerts d’orgues.
Il est pourtant un lieu plus banal qui doit couronner ce très rapide parcours des lieux frais pour jours de canicule. C’est tout bêtement la FNAC, ou plutôt les FNAC. Celle du Châtelet propose des températures assez variées, et selon l’expérience qui demeure celle du rédacteur de ces lignes, le département Littérature française est tout à fait convenable. L’Histoire, c’est bien normal, se révèle un peu plus chaude … au fond du grand espace.
Ne figurent pas dans ce parcours diverses piscines, lieux de détente réfrigérés, car la liste en serait pesante.
Privilégiez toujours les sous-sol, protégés du soleil, tel le thé dansant du Duplex, niveau moins deux, dans l’avenue Foch. Ambiance musicale et salons confortables… et frais.
Parfois, il suffit d’une fontaine et de beaux arbres, outre une exposition à l’ombre des bâtiments, et de solides rafraîchissements, tel un jus de pamplemousse, voire de tomate, sur la terrasse ombrée du Cœur Couronné (*) pour profiter, portées par le vent, des gouttelettes de la Fontaine des Innocents se muant en brumisateur.
Vous devez filer prendre un avion, à Orly ? Prenez résolument le métro, ligne 14. Un paradis de fraîcheur !
Jean-Philippe de Garate
(*) Le Cœur Couronné, établissement devenu un fort agréable café, où, on le sait, le 14 mai 1610, le roi Henri IV rendit l’âme. Mais du moins, pas d’insolation !

















