Edito
10H40 - mardi 7 juillet 2026

Michel Taube : attentat à Damas contre Macron, les terroristes ont échoué à assassiner la paix !

 

Michel Taube : attentat à Damas contre Macron, les terroristes ont échoué à assassiner la paix !

Les deux explosions qui ont retenti à proximité de l’hôtel où séjournait Emmanuel Macron à Damas ne sont pas un simple fait divers sécuritaire.

Elles constituent un message politique d’une extrême gravité. Les auteurs de cet attentat n’ont pas seulement cherché à tuer un président français ou à frapper le nouveau pouvoir syrien. Ils ont voulu assassiner une idée : celle d’un rapprochement historique entre l’Orient et l’Occident, entre des peuples qui, depuis trop longtemps, vivent dans la méfiance, la guerre et les affrontements idéologiques.

En choisissant la Syrie pour effectuer son premier déplacement dans ce pays depuis le changement de régime, Emmanuel Macron a pris un risque politique et personnel. Ce risque mérite d’être salué. Car il n’y aura jamais de paix si les dirigeants occidentaux refusent de dialoguer avec ceux qui cherchent à reconstruire leur pays après des décennies de dictature, de guerre civile et d’emprise djihadiste. La diplomatie exige parfois du courage. Ce voyage en est l’illustration.

Il faut également avoir l’honnêteté de reconnaître les évolutions engagées par le président syrien Ahmad al-Charaa. Beaucoup avaient accueilli son arrivée au pouvoir avec une immense méfiance en raison de son passé. Cette prudence était légitime. Mais gouverner, c’est aussi savoir observer les faits. Depuis plusieurs mois, le nouveau dirigeant syrien multiplie les gestes d’ouverture en direction des pays occidentaux et des États arabes. Plus significatif encore, il a affiché sa volonté de normaliser progressivement les relations avec Israël, rompant avec des décennies d’hostilité systématique. Durant la récente guerre entre Israël et l’Iran, plusieurs de ses prises de position et de ses choix stratégiques ont été perçus comme des signaux d’apaisement envers l’État hébreu. D’ailleurs, tout indique qu’un rapprochement entre Jérusalem et Damas n’est plus un tabou. Une telle évolution aurait été inimaginable il y a encore quelques années.

Qui peut craindre cette nouvelle donne ? Certainement pas les peuples syrien, israélien, libanais ou européen, qui aspirent avant tout à vivre en sécurité. Les véritables ennemis de cette paix naissante sont ailleurs. Ils s’appellent Daech, Al-Qaïda et les nombreuses organisations islamistes radicales qui prospèrent sur le chaos. Leur objectif n’a jamais été de défendre les intérêts des peuples musulmans. Leur seule obsession est d’entretenir une guerre permanente contre l’Occident, contre Israël, mais aussi contre tous les dirigeants musulmans qui osent choisir la voie de la modération, du dialogue ou de la coopération internationale.

À cette menace s’ajoute celle des organisations armées soutenues par le régime iranien. Depuis des années, les Gardiens de la révolution ont construit un véritable arc d’influence militaire à travers le Moyen-Orient, en s’appuyant notamment sur le Hezbollah et en apportant leur soutien à des mouvements hostiles à toute perspective de normalisation régionale. Leur stratégie repose sur une logique simple : empêcher toute réconciliation durable afin de conserver un état de tension permanent qui nourrit leur influence politique et militaire.

L’attentat de Damas rappelle une vérité fondamentale : les ennemis de la paix savent parfaitement identifier les moments où l’Histoire peut basculer. Ils ont compris que le rapprochement entre la France et la nouvelle Syrie, les ouvertures engagées vers plusieurs pays occidentaux et les perspectives inédites de dialogue avec Israël représentent une menace existentielle pour leur projet idéologique. Ce qu’ils redoutent n’est pas la guerre ; c’est précisément qu’elle s’arrête.

Voilà pourquoi la réponse ne doit pas être le repli ou la peur. Bien au contraire. Cet attentat manqué doit accélérer le rapprochement entre Paris et Damas. Il doit encourager les démocraties occidentales, les pays arabes modérés et Israël à renforcer leur coopération contre les organisations terroristes islamistes. Face à ceux qui veulent imposer la barbarie au nom d’une idéologie totalitaire, les nations attachées à la paix n’ont pas le droit de reculer.

Les terroristes ont voulu envoyer un message de haine. Ils doivent recevoir en retour un message de détermination. Si la Syrie choisit réellement le chemin de la stabilité, de la lutte contre le terrorisme et de l’ouverture au monde, alors la France aurait tort de lui tourner le dos. Les ennemis d’hier peuvent devenir les partenaires de demain. En revanche, les ennemis de la paix, eux, resteront toujours les mêmes.

 

Michel Taube

Michel Taube : attentat à Damas contre Macron, les terroristes ont échoué à assassiner la paix !