Opinion Outre-Mer
14H24 - vendredi 3 juillet 2026

Jean-Noël Barrot (MODEM) est-il vraiment pour l’autonomie de la Martinique façon Macron ? La question embarrassante de Michel Taube

 

Jean-Noël Barrot (MODEM) est-il vraiment pour l’autonomie de la Martinique façon Macron ? La question embarrassante de Michel Taube

A l’occasion de la conférence organisée par le MODEM Martinique jeudi 2 juillet 2026 à Schoelcher, en marge de la conférence sur la sécurité régionale co-présidée par trois ministres [notre photo], nous avons interpellé le ministre Jean-Noël Barrot sur l’accord-cadre Etat – CTM signé la veille. Réponse…

 

Monsieur Jean-Noël Barrot, je m’adresse moins au ministre car il est forcément solidaire du gouvernement qu’au vice-président du MoDem. Hier, l’État a signé avec la Collectivité territoriale de Martinique un accord-cadre sur l’autonomie.

Savez-vous — je pense que oui, mais permettez-moi de le rappeler — que face au discours la grande majorité des élus martiniquais (mais pas tous !), laissant croire que les Martiniquais seraient favorables à une autonomie pouvant aller, je cite Serge Letchimy lui-même, « jusqu’à une rupture », un organisme a publié l’an dernier une étude qualitative sur l’état de l’opinion publique en Martinique concernant l’autonomie et l’indépendance.

Les conclusions de cette étude sont très claires : elles confirment le référendum de 2010, lors duquel les Martiniquais avaient très largement refusé une évolution statutaire vers l’article 74 de la Constitution.

Cet organisme qui a diligenté cette étude, c’est votre parti ! C’est le MODEM Martinique ! [lire l’étude complète ci-dessous]

Est-ce qu’on ne se moque pas des Martiniquais, mais aussi des Français dans leur ensemble, lorsque l’État signe un accord-cadre sur l’autonomie alors même que les Martiniquais n’en veulent pas, y compris selon une étude réalisée par votre propre mouvement politique ?

Vous soutenez donc un accord cadre que le Modem Martinique rejette en bloc ?

 

[applaudissements nourris dans la salle]

 

Jean-Noël Barrot : Merci pour votre question. L’accord-cadre marque simplement la volonté de l’État de dialoguer avec les élus. Il n’acte rien et ne décrète aucune autonomie.

Je fais plutôt partie de ceux qui considèrent que la France gagnerait à décentraliser un certain nombre de compétences, en Outre-mer comme en métropole, et à accepter une certaine différenciation.

Je sais que le sujet est particulièrement sensible dans des territoires où ont eu lieu des référendums et où se pose régulièrement la question de l’autonomie ou de l’indépendance.

Je vois donc cet accord-cadre comme une manière pour l’État et la Collectivité de commencer à dialoguer sur la meilleure répartition possible des compétences. Je n’y vois pas un point de rupture marquant une inflexion de la politique de l’État dans les Outre-mer.

 

Michel Taube : permettez-moi de saluer la mémoire d’une personne qui m’a beaucoup inspiré lorsque j’étais jeune : votre père, Jacques Barrot. Je suis Alsacien. En Alsace, nous sommes tous un peu démocrates-chrétiens.

Et permettez-moi de lever un doute : je ne suis pas membre du MODEM, malgré ma cravate orange…

 

Jean-Noël Barrot :

…et vos chaussettes !

 

Michel Taube :

Oui, ça a commencé par les chaussettes !

Cette couleur, c’est pour le respect des femmes.

Merci.

 

 

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