
Carla Arigoni, merci de répondre à Opinion Internationale. Pouvez-vous me présenter en quelques mots le Festival de la diversité culturelle qui se tient du 18 au 27 mai et les valeurs qu’il véhicule ?
C’est une grande aventure qui remonte au début des années 2000. La première édition a eu lieu en 2009 à l’occasion de la Journée mondiale de la diversité culturelle promulguée par l’UNESCO. Je venais de prendre le poste de présidente du comité d’animation culturelle parisien et j’ai eu l’idée, soutenue par Alice de Jenlis, chargée de la communication de l’UNESCO, d’un événement au cœur de Paris.
C’est ainsi que nous avons organisé ce premier festival, mettant à l’honneur la diversité culturelle, le croisement de toutes les cultures, le savoir-faire des uns et des autres.
Dès le départ, le Festival s’est voulu ouvert à plusieurs pays. Nous avons pu collaborer avec de nombreuses ambassades : l’Espagne, l’Égypte, l’Indonésie, l’Italie, l’Albanie, l’Allemagne… J’ai découvert que nous avons d’excellents artistes venant de l’étranger qui se produisent à Paris et que les ambassades ont besoin de lieux pour accueillir tous leurs artistes de passage à Paris. Nous avons répondu à ce besoin.
Dans un monde où le pluralisme et la diversité sont fortement attaqués en France, c’est quoi la diversité pour vous ?
La diversité c’est le dialogue entre toutes les langues. Je dirais que le problème aujourd’hui est que les gens parlent mais ils ne s’écoutent pas. Si l’on prenait le temps de s’écouter l’un l’autre et non de s’écouter parler, les choses seraient bien différentes.
Et la place de la diversité dans l’art ?
Eh bien, c’est primordial ! Prenons l’exemple de la Biennale de Venise où tous les pays sont accueillis, qu’ils soient en conflit ou non. Cet évènement regroupe des artistes du monde entier, c’est un véritable carrefour de tous les horizons.
Je crois qu’avec la culture, il n’y a pas de frontières, et je rajouterais même qu’il faut œuvrer pour qu’il n’y en ait pas. Nous aimons l’artiste pour ce qu’il représente et ce qu’il fait et non ses opinions politiques. C’est ce que la personne nous montre que l’on apprécie.
Ève Ruggieri, égérie télévisuelle de la musique classique, est parmi les marraines du Festival, que représente-t-elle pour vous ?
C’est plus qu’une marraine, je vais dire, c’est une très chère amie. On se connaît depuis plusieurs années. Sa présence me tient à cœur et je me réjouis de pouvoir lui présenter de jeunes artistes talentueux tel que Luan Góes qui s’est produit lundi soir à l’Église Saint-Germain-l’Auxerrois à Paris, en présence des maires actuel et ancien du 1er arrondissement devenu Paris Centre, du grand décorateur Jacques Garcia et de tant d’autres amoureux des beaux arts. Eve Ruggieri organise d’ailleurs elle-même un festival au mois de juin et Luan Góes chantera.
Le festival en est à sa 16e édition. Quels en seront les points forts ?
Cette année, j’ai voulu mettre en avant les concerts et la musique baroque. Je me suis fortement inspirée de Marco Angioloni, un ténor qui chante avec son ensemble Il Groviglio à l’Église Saint-Germain-l’Auxerrois. Il chante aussi à l’Opéra de Versailles et a fait tout une recherche sur la musique baroque toscane. Cela lui a permis d’exhumer de nombreux artistes et morceaux peu connus. Son concert s’intitule « Amore Toscano », il vise à célébrer les artistes de l’époque. Pour moi, c’est une découverte.
Cette année la Caisse d’Épargne Ile-de-France s’est jointe à l’aventure afin de soutenir le festival aux côtés de la Commission nationale française de l’UNESCO. Je suis extrêmement fière de cette 16e édition et de ce que ce festival est devenu.
Propos recueillis par Laure-Emmanuelle Yang-Ting. Remerciements à Martine Delmas

















