Opinion Outre-Mer
16H07 - vendredi 20 mars 2026

Rachida Dati s’engage pour les Outre-mer de Paris. L’édito de Michel Taube

 

Rachida Dati s’engage pour les Outre-mer parisiens. L’édito de Michel Taube

Dans la dernière ligne droite, au moment où chaque minute compte, elle ne les a pas oubliés ! Le jour-même des 80 ans de la départementalisation de la Martinique, de la Guadeloupe, de la Guyane et de La Réunion, Rachida Dati a rencontré et échangé avec les Ultra-marins de Paris jeudi 19 mars.

Dans une salle archi-comble autour d’un bon punch en plein cœur de Saint-Germain-des-prés, – là même où il se dit que Jacques Chirac aurait déclaré sa flamme à Bernadette dans les années 60 -, Rachida Dati, entourée des colistiers Samia Badat Karam, Claude Ribbe, co-organisateurs de l’événement, Françoise Marcin, Carline Lubin-Noël, Jean-Pierre Lecoq, Maël Disa, président de Ladom, Elvis Miath, ténor lyrique qui a chanté La Marseillaise, et de nombreux présidentes et présidentes d’associations, responsables syndicaux, chefs d’entreprises et citoyens engagés, s’est longuement adressée aux Ultra-marins de la plus grande ville des Outre-mer, Paris.

À Paris, capitale de cette France universelle, des centaines de milliers de Français originaires des Outre-mer vivent, travaillent, créent, espèrent. Ils sont une richesse humaine, culturelle, historique. Ils sont une part vivante de notre identité nationale. Et pourtant, depuis trop longtemps, ils sont traités comme une variable électorale, une clientèle captive que certains croient acquise par habitude, par inertie, par condescendance parfois. Ce mépris feutré, ce paternalisme insidieux, cette instrumentalisation permanente, il faut avoir le courage de le nommer pour mieux le combattre.

C’est précisément là que l’engagement de Rachida Dati prend tout son sens, enrichi par les partisans de Pierre-Yves Bournazel, centriste, et Sarah Knafo, pro-entreprises comme en ont tant besoin les Outre-mer.

Car ce qui s’exprime dans ses prises de parole, dans ses échanges, dans cette énergie presque combative qu’elle insuffle, ce n’est pas une posture. C’est une volonté politique. Celle de rompre avec des décennies d’indifférence polie. Celle de dire aux ultramarins de Paris qu’ils ne sont pas un folklore, qu’ils ne sont pas une note de bas de page dans les politiques municipales, mais bien une composante essentielle de la communauté nationale.

Jacques Chirac avait créé la Délégation aux Outre-mer que Bertrand Delanoë, Anne Hidalgo ont transformé en officine du parti socialiste. En pleine campagne électorale, on a ainsi vu, en contravention totale avec son obligation de neutralité, le directeur de cette Délégation s’afficher au côté du candidat socialiste Emmanuel Grégoire venu saluer en bras de chemise quelques Ultra-marins… Ils ne méritent pas le respect d’une belle cravate comme tous les Parisiens ?

A contrario il faut écouter attentivement ce qui est proposé par Rachida Dati. Non pas des promesses creuses, ces « maisons des outre-mer » annoncées à chaque scrutin et jamais réalisées. Non pas des symboles sans lendemain. Mais une intégration réelle, concrète, transversale. Dans la culture, dans le logement, dans l’accès aux stages, dans la reconnaissance patrimoniale, dans la coopération entre Paris et les territoires ultramarins. Bref, dans toutes les politiques publiques.

 

Rachida Dati s’engage pour les Outre-mer parisiens. L’édito de Michel Taube

« Pas de traitement à part des Outre-mer, mais la prise en compte toujours des Ultramarins à Paris » : tel est le programme de Rachida Dati.

Dans le détail, l’ancienne ministre de la culture propose notamment une réorganisation totale de la délégation générale aux outre-mer, dotée de vrais moyens, un soutien aux personnes pour les logements sociaux et aux associations réellement engagées pour les Parisiens originaires des Outre-mer, une plus grande visibilité des cultures ultramarines dans les établissements culturels relevant de la ville de Paris, enfin un recentrage du carnaval tropical en faveur des Outre-mer.

Il y a là une rupture méthodologique majeure. Ne plus isoler les Outre-mer dans une politique à part, comme un sujet périphérique, mais les inscrire au cœur de l’action municipale. Faire en sorte que chaque décision, chaque projet, chaque investissement intègre cette dimension ultramarine comme une évidence et non comme une concession.

Et puis il y a ce mot, si souvent répété, presque martelé : mobilisation. Car la politique, au fond, n’est jamais qu’un rapport de force démocratique. Ceux qui se mobilisent existent. Ceux qui s’abstiennent disparaissent. Et les Outre-mer de Paris, qui représentent une part significative de la population qui font de Paris la plus grande ville de France des Outre-mer, ont aujourd’hui une occasion historique de peser, de compter, de se faire entendre.

Il ne s’agit pas ici d’un simple enjeu local. Il s’agit d’un signal. Celui d’une République qui, par sa capitale, regarde enfin ses Outre-mer autrement. Non plus avec distance, mais avec considération. Non plus avec condescendance, mais avec respect.

Dans une époque traversée par les fractures, les tensions, les doutes identitaires, il est urgent de rappeler que la France ne se résume pas à un territoire hexagonal. Elle est archipel. Elle est multiple. Elle est diverse. Et c’est précisément cette diversité qui fait sa force.

Rachida Dati, en s’adressant aux ultramarins de Paris, ne parle pas seulement à une communauté. Elle parle à tout Paris. Et elle lui rappelle, avec force, que l’unité des Parisiens ne se décrète pas. Elle se construit, patiemment, par la reconnaissance, par l’engagement, par l’action.

 

Michel Taube

Directeur de la publication