Trump a donc osé, il a fait le pas : celui de soutenir la chute d’un régime politique inique, en faisant éliminer avec les Israéliens le tyran Ali Khamenei, et de ne pas se cantonner à des objectifs militaires ou énergétiques.
Contrairement au Venezuela où, pour le moment, Donald Trump s’est contenté de changer la tête du régime et de nouer un accord stratégique avec le même pouvoir pour accéder au pétrole vénézuélien, contrairement à la guerre des 12 jours de l’été 2025 ou en janvier dernier, lorsque 30 000, peut-être beaucoup plus, d’Iraniens ont été massacrés par le régime des mollahs, cette fois-ci Trump a changé de stratégie.
En déclenchant une nouvelle guerre à l’aube du 28 février 2026 par l’élimination du Guide suprême de la révolution islamique en Iran, Ali Khamenei, Israël et les États-Unis ont clairement affiché leur objectif : il faut en finir avec le régime théocratique des mollahs. Définitivement.
La partie est loin d’être gagnée. Malgré les centaines et probablement les milliers de bombardements ciblés orchestrés par Israël et les États-Unis dans les jours qui viennent, malgré l’élimination des têtes dirigeantes du système religieux et militaire du régime des mollahs, l’essentiel reste à faire.
Et l’essentiel est dans les mains du peuple iranien lui-même. Les États-Unis et Israël ne pourront abattre seuls le régime des mollahs. Ce sont les citoyens iraniens, aidés par ces deux puissances, qui le pourront.
Il est urgentissime que Reza Pahlavi et d’autres personnalités iraniennes de la diaspora constituent d’un jour à l’autre un gouvernement en exil qui se substituera aux mollahs de Téhéran pour représenter l’Iran dans le monde. Ce gouvernement en exil viderait de toute substance la représentativité internationale du régime de Téhéran.
Il est urgentissime d’armer la résistance iranienne dans le pays en faisant transiter par tous les moyens possibles des armes qui permettront aux jeunes Iraniens courageux, qui n’ont pour le moment que leurs mains et leurs têtes dénudées pour se battre contre les Gardiens de la révolution, de riposter en cas de nouveaux massacres comme il s’en produisit en janvier dernier par milliers.
Il est urgentissime enfin que la France et l’Europe retrouvent leur dignité en dépassant la posture diplomatique honteuse qu’elles ont adoptée depuis le déclenchement de cette nouvelle guerre. La France et l’Europe doivent armer les opposants au régime des mollahs, soutenir explicitement l’intervention américano-israélienne, comme viennent de le faire le Canada et l’Australie notamment, et y joindre leurs forces armées puisque l’Iran a osé attaquer d’autres pays du Golfe, dont les Émirats arabes unis et Bahreïn, alliés d’Israël depuis la signature des accords d’Abraham en 2020.
Le peuple iranien doit être digne du courage et de l’audace dont Israël et les États-Unis ont fait preuve. Nous l’avons écrit maintes et maintes fois : notre liberté se joue en Iran parce que c’est en Iran que l’instauration d’une République islamique théocratique a permis de faire essaimer une idéologie moyenâgeuse de conquête du monde. Les Frères musulmans et autres galaxies, même concurrentes, n’ont été que les émanations de la révolution iranienne de 1978.
Nous y croyons plus que jamais : le peuple iranien sera libre, comme nous l’écrivions dès la fin janvier dans une Lettre ouverte à nos amis iraniens, d’ici le 21 mars et la fête de Norouz, le Nouvel An iranien, symbole de lumière.
Michel Taube



















