Opinion Outre-Mer
17H59 - jeudi 19 février 2026

Anaïs Rose-Apoline, diplômée de l’Ecole Vatel Martinique, contrôleur de gestion dans le groupe hôtelier Karibea : « Vatel m’a fait voir la Martinique autrement ».

 

Anaïs Rose-Apoline, diplômée de l’Ecole Vatel Martinique, contrôleur de gestion dans le groupe hôtelier Karibea : « Vatel m’a fait voir la Martinique autrement ».

Les Talents Outre-mer à la une d’Opinion Internationale

La rubrique Opinion Outre-mer d’Opinion Internationale publiera chaque semaine un entretien ou un portrait d’un talent ultra-marin. Ces jeunes qui regardent vers l’avenir et veulent construire des territoires français de croissance et de bien-être forment une majorité silencieuse. Mais ce sont bien ces talents qui tiennent l’avenir des Outre-mer entre leurs mains.

 

Anaïs Rose-Apoline, bonjour, merci d’avoir accepté de répondre à la rubrique Opinion Outre-mer d’Opinion Internationale. Résumez-nous votre parcours professionnel s’il-vous-plaît.

Je suis actuellement contrôleur de gestion opérationnelle au sein du groupe Karibea. J’ai suivi un cursus en hôtellerie internationale à l’École Vatel en Martinique, où j’ai obtenu mon MBA en octobre dernier après cinq années d’études. Durant tout mon parcours, j’ai réalisé de nombreux stages et applications pratiques dans des établissements hôteliers de l’île, ce qui m’a permis d’acquérir une expérience concrète et progressive du terrain.

 

Pourquoi avez-vous décidé de vous orienter vers l’hôtellerie ?

Après un bac scientifique obtenu à Fort-de-France, j’ai d’abord étudié l’anglais à l’université des Antilles, puis un master en communication. Lorsque l’école Vatel a ouvert en Martinique, j’ai saisi l’occasion pour me réorienter vers le tourisme, un domaine qui m’attirait depuis longtemps. J’ai toujours aimé voyager et découvrir les hôtels. Le tourisme me faisait rêver, et je voulais contribuer à son développement en Martinique. Vatel offre une formation complète, qui mène à des postes à responsabilités, ce qui a confirmé mon choix.

 

Pourquoi avoir choisi de rester en Martinique pendant votre formation alors que certains étudiants partaient à l’étranger ?

Au début de ma formation, nous étions dans la période Covid et, plutôt que de partir comme l’ont fait beaucoup de jeunes, j’ai décidé de rester sur place.

Les déplacements étaient compliqués et incertains pendant le Covid. Mais au-delà de ça, je savais que la Martinique disposait de très beaux établissements et qu’il était possible d’y apprendre beaucoup. J’ai donc fait le choix d’y rester, de me former localement et de mieux connaître mon propre territoire. Je ne le regrette pas.

 

Justement, qu’avez-vous appris sur la Martinique à travers vos années Vatel ?

Avant d’entrer dans le secteur, on voit surtout les hôtels du point de vue du client. Grâce à la formation Vatel, j’ai découvert tout l’écosystème qui permet à un établissement de fonctionner : les mécanismes économiques, la gestion, les ressources humaines, la stratégie. J’ai aussi compris à quel point le territoire est résilient. Malgré des difficultés structurelles et les conséquences du Covid, les acteurs du tourisme ont une vraie volonté d’avancer et de développer leurs structures. Les professionnels du tourisme aiment tant leur Martinique et veulent partager cet amour.

 

Ecole Vatel Martinique

Étudier le management hôtelier à l’École Vatel Martinique

Au cœur d’un environnement marqué par la richesse culturelle et la diversité, Vatel Martinique forme les futurs professionnels du management hôtelier et touristique en alliant rigueur académique et immersion professionnelle. L’établissement propose un enseignement de qualité, fondé sur l’alternance entre théorie et pratique. Rejoindre Vatel Martinique, c’est faire le choix d’une carrière dynamique, internationale et tournée vers l’excellence.

 

Le tourisme en Martinique reste pourtant un secteur complexe. Quel regard portez-vous sur ses défis ?

Il y a une forte concurrence régionale, avec des îles voisines très actives. Le modèle économique local est aussi fragile, avec des charges importantes et des marges parfois faibles. Le Covid n’a fait que révéler des fragilités déjà existantes. Malgré tout, je crois profondément que le tourisme reste un levier essentiel pour le développement de la Martinique.

 

Vous êtes aujourd’hui dans votre première année à plein temps. Comment vivez-vous cette entrée dans la vie professionnelle ?

Très bien, parce que je travaille dans un domaine que j’aime vraiment. J’avais déjà effectué mon alternance au sein du groupe Karibea, donc je connaissais son environnement. Aujourd’hui, c’est une continuité logique. Cela me permet d’appliquer concrètement ce que j’ai appris pendant mes études et d’évoluer dans un secteur qui me passionne.

 

Vous croyez donc au tourisme pour votre avenir professionnel et pour développer l’économie, les emplois et le vivre-ensemble dans votre belle île ?

Oui, plus que jamais. Le tourisme touche de nombreux secteurs et mobilise de nombreux acteurs. Avec l’expérience et une meilleure connaissance du métier, je suis encore plus convaincue que c’est une voie viable et porteuse pour la Martinique.

 

A un jeune Martiniquais qui se cherche aujourd’hui, parfois tenté par de mauvaises pratiques, que lui diriez-vous ?

Je lui dirais avant tout d’essayer de trouver ce qui lui plaît vraiment. Beaucoup de jeunes manquent de confiance en eux et d’encadrement. On leur conseille parfois de choisir une voie uniquement pour gagner de l’argent, mais je pense que c’est une erreur. Il faut se sentir utile, trouver un domaine dans lequel on peut s’épanouir. Le tourisme, par exemple, offre une grande diversité de métiers. Quand on trouve sa place, on se sent cadré, entouré, et cela change beaucoup de choses.

 

Et pour conclure, comment voyez-vous la Martinique dans dix ou vingt ans ?

Je suis optimiste. J’imagine une Martinique avec un tourisme de qualité, durable et qualitatif, des infrastructures modernes, des établissements rénovés et un service reconnu. Une île qui continue de prendre soin d’elle et dont l’image à l’extérieur corresponde enfin à ce que nous connaissons ici. Un tourisme qui fasse grandir l’île sans la dénaturer et qui protégera ses richesses naturelles et humaines. J’espère surtout que la voix de la Martinique continuera à se faire entendre et que son potentiel sera pleinement reconnu.

 

Propos recueillis par Michel Taube