Edito
17H26 - mercredi 21 janvier 2026

Trump et le chaos du monde. Tribune de Michel Scarbonchi

 

Trump et le chaos du monde. Tribune de Michel Scarbonchi

Pas un jour sans qu’une décision du Président américain ne bouleverse la planète.

Trump applique cette formule de Claudel  » aussi loin qu’on peut aller, j’irai, aussi loin qu’ont ne peut aller, j’irai aussi ».

Depuis un an, il a déconstruit la démocratie américaine avec méthode et férocité. Un Congrés aux pouvoirs bafoués, un Etat fédéral vidé de ses prérogatives, une justice à sa botte traquant ses adversaires et tous ceux qui lui avaient nuis lors de son premier mandat, des médias inféodés, une police anti-migrants aux pouvoirs d’ une milice, une FED sous menaces permanentes.

Les Etats-Unis qui était un modèle de démocratie par l’équilibre des pouvoirs entre l’éxécutif et le Parlement sombre dans une autocratie d’un autre temps.

Et que dire de la politique internationale ! en un an, il a détruit l’ordre mondial construit par son propre pays, en 1945. Il a été Incapable d’arréter la guerre en Ukraine au point d’être soupconné d’être un agent du FSB, à affirmé sa volonté d’éffacer l’Union européenne, à confirmer son soutien aux partis d’extrème droite dits populistes. Et que dire de son obsession prédatrice sur le Groenland, propriété du Danemark, membre de l’UE et de l’OTAN.

Et que dire de son annonce d’un Conseil de la Paix se substituant à l’ONU qu’il présiderait et pour lequel les entrants devraient payer 1 miliards de dollards( le ridicule ne tue pas lorsque l’on voit la liste des premiers pays accédants, Argentine, Maroc, monarchies pétrolières du Golfe). Le Président français a refusé et subit depuis les foudres de celui qui se voit « maître du monde ».

Dans la série « ces malades qui nous gouvernent », le Président américain fait de plus en plus penser à cette scène du film « le dictateur » où Charlie Chaplin jongle avec un globe terrestre…

C’est dire le désordre mondial provoqué par le début de second mandat de l’hôte du bureau ovale.

Que peut faire l’Europe pour résister au prédateur américain. Emmanuel Macron, avec détermination à, ce jour, fixé la ligne rouge de l’Union européenne: application du mécanisme de coercition qui, s’il était appliqué aurait des conséquences graves pour l’économie américaine.

Ce même jour, le Parlement européen vient de geler l’ accord commercial léonin signé imprudemment par la Présidente de la Commission européenne dans un golf écossais du Président américain.

Nous pouvons aussi fermer les bases américaines sur le continent européen comme le Général de Gaulle l’avait fait en 1966. Si cette décision aboutirait à la non protection nucléaire de nombreux pays de l’UE, elle provoquerait un énorme trou dans la défense nucléaire balistique américaine.

Voilà des signaux forts envoyés par l’Europe pour montrer notre refus de la vassalisation et notre attachement au multilatéralisme.

Dans quelques années, les historiens noteront que l’Europe puissance » est né grâce à Trump et Poutine, en 2026.

Au-delà de notre volonté d’user de nos capacités dans ce bras de fer, nous avons comme allié l’opinion publique américaine dont une majorité est contre l’usage de la force au Groenland et  favorable au maintien de la relation transatlantique; le Congrés peut être aussi un allié d’autant que sa majorité pourrait changer dans quelques mois.

Du risque des « funérailles de l’OTAN et de l’ONU » dans les prochaines semaines, va-t-on voir se réaliser une Europe souveraine, une Europe puissance.

 

Michel Scarbonchi

Ancien député européen

Ancien député européen

Yves Laisné : Vive l’inégalité !

Yves Laisné : Vive l'inégalité !
J’ai 75 ans, je suis en surpoids, je ne fais pas de sport – et n’en ai jamais fait. Je suis content de ma condition et ne poursuis pas le rêve fou…

200 ans du Figaro : vive le Fig ! L’édito de Michel Taube

200 ans du Figaro : vive le Fig ! L'édito de Michel Taube
Deux siècles. Un bicentenaire d’histoire, d’encre, de convictions, de combats, de débats, d’enquêtes et de liberté. Le Figaro fête aujourd’hui un âge que bien peu de journaux, en France comme ailleurs, n’atteindront…
Michel Taube