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12H42 - mercredi 28 mai 2014

Embargo sur l’économie iranienne : la France sera-t-elle le dindon de la farce ?

mercredi 28 mai 2014 - 12H42

C’est le sénateur Montesquiou qui le confesse. Lors de sa récente visite à Téhéran, dans le cadre d’une délégation de la commission des finances du Sénat, le sénateur français a vu des machines – outils italiennes et allemandes modernes dans des usines iraniennes. Et s’est désolé de voir les usines Peugeot vides, désespérément vides, après le départ de Peugeot en 2012…

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L’embargo sur l’économie iranienne lié au bras-de-fer sur l’épineux dossier du nucléaire serait-ilplus ou moins respecté par les partenaires économiques de la France ? C’est un secret de polichinelle : General Motors et de nombreuses entreprises américaines et européennes contournent allègrement cet embargo un peu trop unilatéral. En se gardant bien d’échanger en dollars, pour éviter de tomber sous le coup des lois américaines.

Pour leur part, les autorités françaises ont semblé rechigner à soutenir les entreprises françaises qui explorent le marché iranien. La forte délégation du MEDEF qui s’est rendue à Téhéran fin janvier dernier a été vilipendée par Obama sans que le président français se solidarise guère des entreprises hexagonales.

Les Etats-Unis exercent un véritable chantage sur les entreprises européennes en menaçant les banques de représailles si elles financent des investissements, même non stratégiques, d’entreprises européennes en Iran. BNP Paribas est menacée d’une amende record de plus de 3 milliards de dollars par la justice américaine parce qu’une de ses filiales aurait commercé avec l’Iran… En dollars probablement.

La France sera-t-elle le dindon économique de la farce que constituent les négociations entre l’Iran et les puissances occidentales sur le nucléaire ? Laurent Fabius se veut le vrai ministre d’une économie française tournée vers l’international. Au point qu’il a obtenu le rattachement au quai d’Orsay du commerce extérieur et même du tourisme (attractivité légendaire des touristes du monde entier oblige). Bonne initiative certainement car la lutte contre le chômage passe aussi par une diplomatie économique ambitieuse !

Mais pourquoi se priver du marché iranien, ce prochain « Far-East ».

Un chargé d’affaires économique est arrivé à l’ambassade de France à Téhéran, et c’est un première manifestation concrète de prise en compte de l’importance du marché iranien. L’enjeu est de taille : l’Iran est le seul pays d’Asie centrale qui ne soit pas ravagé par des guerres et qui compte 60 millions de consommateurs. L’Iran qui, comme tous les connaisseurs le savent et notre rubrique Iran ambitionne de le montrer, est beaucoup plus proche culturellement de l’Occident – et réciproquement, et particulièrement de la France !

L’Iran a besoin d’investisseurs dans de nombreux secteurs où la France excelle : automobile, énergie, agro-alimentaire, santé, luxe ! L’Iran et la France peuvent compter sur de nombreux franco-iraniens qui connaissent les deux pays et peuvent accélérer la reprise des échanges.

Il est temps que la France infléchisse définitivement sa position sur l’Iran : la plus grande vigilance sur le dossier nucléaire, – qui se défend même si, selon nous, les conditions de la confiance sont de plus en plus réunies – pourrait aller de pair avec le déploiement d’un maximum de contacts économiques, culturels, informels et amicaux. Le monde culturel donnerait-il l’exemple avec cette très belle exposition que propose le Musée d’art moderne de la Ville de Paris sur 60 ans d’art pictural iranien ?

Le développement des échanges, de toutes sortes, est, selon nous, la meilleure manière de faire bouger les lignes, de faire progresser les libertés et la compréhension mutuelle.

L’Iran attire les Français : vendredi 23 mai à Paris, près de 300 personnes se pressaient au Sénat pour un colloque sur les échanges commerciaux entre l’Iran et la France organisé par le groupe d’amitié France-Iran du Sénat et le Cercle Iran Économie présidé par Dr. Nigel Coulthard. Une affluence record. On dit aussi que les touristes français sont de retour en Iran. Autant de signes qui prouvent que la société civile prend les devants là où le politique devrait donner le la.

Il est temps que la France soutienne résolument la conquête (amicale) de ce « Far-East » nommé Iran.

Directeur de la publication

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