Printemps arabe
Tunisie /
08H42 - vendredi 21 octobre 2011

Ambiance et paroles de Tunisiens électeurs dans les bureaux de vote parisiens

vendredi 21 octobre 2011 - 08H42

Grand jour devant le consulat général de Tunisie à Paris ce jeudi 20 octobre. Ils sont des centaines, bientôt des milliers sur plusieurs centaines de mètres, à se presser, avec frénésie mais toujours dans la bonne humeur. Ils pourront dire à leurs proches et leurs enfants : « j’étais parmi les premiers à voter ». Tous se disent fiers et la plupart satisfaits des conditions de vote.


Houras et vivas lorque Kamel Jendoubi arrive au Consulat pour voter. Il y croise l’ambassadeur de Tunisie à l’UNESCO, lui aussi ancien opposant politique à Ben Ali.


On remarquera les nombreuses mesures prises dans les bureaux de vote pour garantir la sincérité du scrutin : signature du registre, encre indélébile sur le doigt, nombreux observateurs tunisiens et internationaux. Tout y est !


Propos recueillis à la sortie des urnes. Femmes, hommes, jeunes et moins jeunes, la Tunisie pluraliste dit son émotion de voter pour la première fois.


 

Alya et Hedi : Nous sommes les premiers à avoir voté. Nous sommes si fiers.

C’est la première fois que nous votons librement. On sent un grand enthousiasme.

Tout ce qui est bon sait se faire attendre et je peux vous dire que c’était vraiment bon de voter. Nous attendons maintenant un réel changement, la concrétisation du vœu de la majorité. Ce vœu est celui d’un nouveau départ sur des valeurs de liberté sans perdre les acquis déjà largement effilochés pendant vingt ans.

Salma : J’ai perdu ma virginité électorale, c’est assez excitant. Il y a beaucoup de monde. Ce sera la première démocratie dans le monde arabe et j’en suis fière. Tout est très bien organisé.

Mehdi : Mon prénom veut dire le berceau comme le vote de ce matin. Ce matin, j’ai fait un acte d’union du peuple tunisien, la matérialisation d’un projet commun. Dès qu’on franchit la porte du consulat, on a été guidé, aidé pour une seule mission : choisir. Il y a un peu de cafouillage à l’extérieur mais cela s’est super bien passé. J’espère que le dépouillement se fera dans la transparence mais j’ai confiance car il y a beaucoup d’observateurs. La Tunisie est en train de poser un premier acte commun.

 

 

 

Manel : On est contente de voter, c’est pour cela que je suis là de bonne heure. Je vote pour mon pays. Je ressens de la joie pour voter librement. Et nous sommes très nombreux. Je ne suis pas inquiète, quel que sera le résultat. J’attends tout de ces élections, la démocratie.

Soraya: Nous sommes candidats dans le nord de la France. Nous sommes des citoyens associatifs, nous voulons que la Constituante soit rédigée par des citoyens. Enfin, une éclaircie dans la vie de la Tunisie. Nous retrouvons la lumière. Nous appelons à ce que la 2ème République ait comme capitale Kairouan, ville de l’enracinement arabo-mulsulman et pour engager une décentralisation très forte du pays.

Wassila : Nous chantons des youyous car nous allons avoir un changement droit et correct. Fini avec les Ben Ali et compagnie. J’ai 57 ans, je suis aussi Française mais je suis fière d’être Tunisienne et je suis fière de voter pour la première fois pour mon pays.

Ali : Mon doigt est bleu de l’encre du vote. Le vote s’est très bien passé, personne ne nous a dit pour qui voter et les sourires étaient sur toutes les lèvres. Je suis soulagé, je suis comme en vacances, comme si j’avais passé un grand examen. Je n’ai qu’une envie, faire la fête, en parler avec mes amis et trinquer à la Tunisie nouvelle.

Romdhane : J’ai 68 ans et je n’ai jamais voté dans ma vie pour quelqu’un. Le vote devrait être obligatoire pour tous, on veut du changement et là enfin, il est arrivé. C’est une renaissance, c’est un grand jour. Avant de venir, j’étais inquiet sur le vote. Là, en votant, j’ai vu beaucoup de Benalistes, mais heureusement il y avait aussi des observateurs impartiaux. Mais restons vigilants.

Souad : Je suis à Paris depuis 1969, je suis trop contente de voter car c’est la première fois de ma vie. J’ai fait mon choix comme cela mais surtout, je voulais voter, voter, voter.

Zenouba : J’espère que le pays sera bien tenu, c’est tout.

Emna : Je porte un drapeau tunisien car je suis trop fière. Pour la première fois, nous votons de vrai. Je photographie tous les votants qui portent un doigt imbibé d’encre bleue, symbole de ces élections. Je mettrai ces photos sur Internet pour créer le buzz et encourager le plus grand nombre de Tunisiens à voter.

On va enfin découvrir à quoi ressemble réellement la Tunisie.

Heger : Je ne m’attendais pas à voir autant de monde. La queue descend au-delà du croisement. C’est une ambiance de fête, j’ai retrouvé des amis, il y a des pleurs de joie. Je vis un moment historique. Je me sens légère. C’est la première fois que je me sens si libre. Je ressens aussi un mélange d’attente, de tract, d’appréhension.

Propos recueillis par Michel Taube

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