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04H36 - mardi 18 septembre 2012

Tunisie : le jeu de dupes entre les salafistes et le pouvoir dirigé par Enahdha se poursuit sur fond de violences

mardi 18 septembre 2012 - 04H36

Un bras de fer a semblé opposer ces jours-ci les salafistes au gouvernement islamiste de Enahdha mais celui-ci a fait long feu. A la suite des émeutes orchestrées par les salafistes, et qui répondaient à la diffusion sur Internet du film « l’innocence des musulmans », Seif-Allah Ben Hassine, surnommé Abou Yadh, chef des islamistes radicaux, qui avait appelé aux manifestions contre l’ambassade américaine vendredi dernier, s’était retranché hier dans la mosquée El Fateh de Tunis encerclée par la police. Le leader salafiste a finalement pu donner son prêche, et repartir librement. Selon des témoins sur place, le cordon policier qui s’était formé soi-disant pour l’interpeller, lui a finalement ouvert le passage et il a pu repartir entouré de dizaines de ses soutiens.

Dans les jours précédents, les déclarations faites à la presse le soir de la mise à feu de l’école américaine et de la chancellerie par Rached Ghannouchi, le leader d’Enahdha, ont pris l’allure d’un justificatif flagrant des actes commis par les salafistes pendant l’après-midi du même jour. Aucune condamnation des violences n’a été entendue, à part l’appel à la promulgation d’une législation internationale pour la protection du sacré des différentes religions. Seul le président de la République, Moncef Marzouki, bien isolé devant le silence gouvernemental, avait condamné à la télévision nationale les violences commises.

Sadok Chourou, figure de proue de la ligne dure au sein de la direction d’Ennahdha chercha le lendemain à disculper les activistes salafistes et se contenta d’imputer les événements « aux agents de l’ancien régime et aux partis hostiles au pouvoir ».

Il est à rappeler que les violences ont causé 5 morts dont un officier de la garde nationale et plusieurs dizaines de blessés parmi les forces de l’ordre et les assaillants.

Mondhet Thabet

Correspondant de www.opinion-internationale.com à Tunis