
Madame Sarah Knafo, Messieurs Gabriel Attal, David Lisnard, Édouard Philippe et Bruno Retailleau*, il va falloir vous parler. Et surtout vous mettre d’accord au plus vite entre ce que j’appelle des libéraux régaliens.
En janvier ou février, il sera trop tard et le sprint final ne permettra plus de fédérer toutes les forces libérales et régaliennes derrière un candidat unique des droites et des centres engagés pour sauver la France.
Et notamment si vous êtes deux ou plus de candidats issus du bloc central en lice au premier tour, Jean-Luc Mélenchon vous doublera et se qualifiera à vos dépens pour le tour final.
Madame, Messieurs, voulez-vous vraiment porter par vos divisions la responsabilité de ce duel Le Pen – Mélenchon qui constituerait un séisme politique, déclencherait une mini guerre civile (j’en suis convaincu) et ouvrirait un nouveau chapitre de l’histoire de France dans lequel vos forces politiques seront des appendices, des figurants face aux deux principales forces politiques du pays.
Vous le savez : ce risque est majeur !
L’heure est donc grave et l’urgence absolue ! La présidentielle, c’est dans 6 mois et 1 semaine ! Autant dire demain matin.
Que faire donc ?
Une union des droites et des centres est-elle encore possible ?
Il aurait fallu s’y mettre depuis deux ans. Il est donc presque trop tard !
A moins d’un grand chambardement qui pourrait rebattre toutes les cartes et même faire vaciller Marine Le Pen dont l’avance électorale est pourtant presque irratrapable.
Ce coup de tonnerre, seule une rencontre au sommet des grands leaders de droite et du centre, favorables à une relance libérale de l’économie et à une très forte reprise en main du régalien et de l’autorité, permettrait de le provoquer.
Chacun d’entre vous devrait faire des concessions, c’est certain. Par exemple, Madame Sarah Knafo, vous devriez certainement rompre politiquement avec Reconquête, Gabriel Attal et Edouard Philippe enterrer définitivement ce qu’il reste de la macronie.
Mais il y va de la France. Et de quoi la France a besoin ? D’un choc libéral en économie et d’un sursaut régalien en matière d’autorité rassemblant toutes celles et ceux qui partagent ces deux axes d’action.
Il n’y a pas d’autre issue qu’un conclave des chefs !
Une primaire du bloc central ? La question ne se pose même plus car il est déjà trop tard pour l’organiser et fédérer tout le monde autour de celui qui en sortirait vainqueur. Valérie Pécresse vous expliquera…
Madame, Messieurs, organisez donc un conclave des chefs et départagez-vous, tirez au sort ou je ne sais quoi. Mais mettez-vous d’accord !
Cette approche irait bien avec une droite bonapartiste qui aime que ce soient les chefs qui décident.
Madame, Messieurs, soyez donc des chefs à la hauteur de l’histoire !
Un tel conclave pour choisir un candidat unique bien sûr.
Mais aussi pour offrir un avenir à chacune de vos formations politiques qui doivent exister. Elles ont des militants, des élus, des appareils, des financements, des intérêts électoraux. Renaissance veut survivre à une macronie agonisante. Horizons veut devenir une force qui dure. Les Républicains veulent retrouver leur statut de parti de gouvernement. Nouvelle Énergie pousse, pousse, pousse et voudrait imposer une droite libérale et entrepreneuriale (quelle honte au passage que le MEDEF n’ait pas accepté David Lisnard dans le grand débat de rentrée à la REF fin août). Sarah Knafo, avec ses 10% aux municipales à Paris et le succès foudroyant de son livre, vous convainquez bien au-delà de votre camp et cela vous oblige…
Le conclave devrait donc aussi vous permettre de négocier entre vous les contreparties cédées à ceux qui ne seront pas candidats, notamment en vue de la composition d’un grand gouvernement d’union nationale, libéral et régalien, et pour les élections législatives.
Car il s’agit ici de la France !
Madame, Messieurs, avez-vous besoin des conseils des cardinaux de Rome voire de Léon XIV pour vous réunir dans ce conclave décisionnel qui pourrait, en quelques heures, quelques jours, vous départager et faire émerger un candidat unique des droites et des centres ?
Vous faut-il un lieu inspirant ? Un haut lieu de l’histoire de France ? Colombey-les-deux-Eglises ? Une salle non loin du Panthéon ?
Hervé Morin, lequel avait lancé il y a un mois un appel à l’organisation d’une telle primaire (lequel n’a récolté que… 8733 signatures) pourrait vous accueillir dans sa belle Normandie.
Madame, Messieurs, la droite et le centre ont beaucoup déçu les Français et vous le savez.
Cet édito est comme une sorte d’appel désespéré d’une génération qui a grandi et vécu dans une France gouvernée au centre, parfois au centre-gauche, parfois au centre droit.
Peut-être au fond est-il temps de tenter une autre expérience.
Madame, Messieurs, il ne tient qu’à vous de décider si oui ou non la dispersion des électeurs du centre et de la droite aboutira à votre élimination collective ?
La présidentielle de 2027 sera votre ultime occasion de sauver la France d’une aventure en terres inconnues.
Michel Taube
*Par ordre alphabétique
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