Edito
14H18 - jeudi 24 septembre 2026

Jean Marc Governatori : « Avec Eric Ciotti, nous avons prouvé que l’écologie et la droite peuvent gagner ensemble »

 

Jean Marc Governatori : « Avec Eric Ciotti, nous avons prouvé que l’écologie et la droite peuvent gagner ensemble »

Élu en mars dernier maire adjoint de Nice chargé de l’environnement et vice-président de la Métropole Nice Côte d’Azur après la victoire d’Eric Ciotti aux municipales de mars dernier, Jean-Marc Governatori entend imposer sa marque : covoiturage, autonomie alimentaire, « potagérisation » des espaces urbains, rénovation énergétique, économie circulaire et culture de la coopération. Dans cet entretien accordé à Opinion Internationale, le président fondateur d’Écologie au Centre revient sur son alliance avec Eric Ciotti, sa vision de l’écologie et ses ambitions pour Nice.

Opinion Internationale : Bonjour Jean-Marc Governatori. Les lecteurs de notre média vous connaissent depuis longtemps. Vous êtes le président fondateur d’Écologie au Centre, ancien candidat aux élections européennes, et vous portez depuis des années une ligne d’écologie centriste et de droite. Vous avez été élu en mars maire adjoint de Nice chargé de l’environnement et vice-président de la Métropole Nice Côte d’Azur. D’abord, qu’est-ce qui vous a séduit chez Eric Ciotti ?

Jean Marc Governatori : Ses marques de fabrique sont le respect de la parole donnée et son activisme. Ensuite, beaucoup de partis de droite pensent encore que l’écologie est un problème électoral. Eric Ciotti m’a démontré lors des nombreux entretiens que nous avons eus avant la campagne électorale et par l’accord que nous avons signé le 9 février 2026, que l’association entre la droite et une écologie intelligente était une formule gagnante.

 

Six mois après votre arrivée à la mairie de Nice, quelles sont vos premières actions concrètes ?

Je suis allé tout d’abord à la rencontre des fonctionnaires. C’est fondamental. Pour être efficace politiquement, il faut coopérer avec eux. On dit parfois du mal des fonctionnaires, mais j’ai découvert des équipes extraordinaires, très compétentes et dévouées qui n’attendaient qu’une volonté politique ferme et claire. Que ce soit mon secrétariat, les services de l’énergie, de l’alimentaire ou du juridique, j’ai rencontré des personnes engagées pour le collectif.

Il y a beaucoup d’agents qui travaillent sur les questions environnementales dans la métropole, mais ce qui compte, c’est de leur donner un cap clair. Mon objectif est simple : faire tendre la Métropole Nice Côte d’Azur vers l’autonomie alimentaire et énergétique. 

J’ai également rencontré tous les acteurs du covoiturage, de l’économie circulaire, de la potagérisation, de la rénovation énergétique et des énergies renouvelables. On ne réussit jamais seul. Mon projet repose sur la coopération avec les entreprises, les habitants, les syndicats, les associations, les fonctionnaires, les élus et les médias.

Enfin, Eric Ciotti a validé la mise en place de la thalassothermie (utiliser la température de la mer pour chauffer et refroidir) qui représente un investissement de 100 millions d’euros payé par le concessionnaire.

 

Vous êtes actif dans le Haut Conseil du climat de la Métropole.

Oui, et j’y ai découvert de nombreuses compétences. Nous avons récemment organisé un colloque à Nice afin de sensibiliser les habitants aux enjeux environnementaux. Il faut semer des graines de conscience. Aujourd’hui, beaucoup de Français ne savent plus vraiment ce qu’est l’écologie, notamment à cause des dérives d’Europe Écologie-Les Verts.

 

Vous avez récemment lancé une grande campagne en faveur du covoiturage. Pourquoi ce sujet est-il une priorité pour vous ?

Parce que je considère que l’un des grands problèmes de notre société est la culture de l’individualisme. Le covoiturage est un outil concret pour développer la coopération. Nous sommes dans une société où chacun agit seul, alors qu’en période difficile, l’entraide permet de dépasser les problèmes.

Le covoiturage permet de réduire le coût du carburant, de diminuer les bouchons et de recréer du lien. Nice était extrêmement en retard. La ville ne disposait même pas d’un seul point de covoiturage. C’est incroyable pour la cinquième ville de France.

Nous allons donc créer des points de covoiturage, travailler avec les entreprises pour mettre en place des groupes WhatsApp dédiés aux trajets domicile-travail et lancer des campagnes de communication massives. Certaines grandes surfaces vont même diffuser des messages audio pour promouvoir le covoiturage.

 

Vous parlez souvent de « petits actes » écologistes. Pourquoi cette approche ?

Parce qu’on ne change pas une société uniquement avec de grandes décisions. Il faut des grands actes et des petits actes. L’écologie concrète, ce sont des milliers de gestes simples qui font évoluer progressivement les comportements.

D’ailleurs, en visite dans une école, Eric Ciotti a eu ces mots qui résument bien notre politique : « mes grands travaux sont les travaux de proximité ! Ce sont ceux qui servent le plus les Niçoises et les Niçois. »

 

L’autre grand axe de votre politique est l’autonomie alimentaire. Vous parlez même de « potagérisation » de Nice. Que signifie ce concept ?

Au cœur d’une si grande crise internationale qui dure et qui va durer, je pense qu’il faut sensibiliser les responsables politiques à cette ambition de l’autonomie alimentaire et énergétique. Pendant le Covid, la Chambre d’agriculture des Alpes-Maritimes a expliqué au préfet et à Christian Estrosi que le département ne disposait que d’une demi-journée de stocks alimentaires. Avec les hypermarchés, cela représente à peine deux ou trois jours.

La crise énergétique actuelle confirme la thèse que je porte depuis trente ans dans mes livres, mes conférences et mon engagement politique : il faut prioriser l’autonomie alimentaire et énergétique de nos territoires.

Car pour ma part, je refuse cette dépendance. Mon objectif est donc de créer les conditions permettant d’assurer plusieurs mois de résilience alimentaire.

Pour cela, je veux former gratuitement les habitants au maraîchage. Tous ceux qui le souhaitent pourront bénéficier d’une formation. Je veux aussi offrir des semences et des bacs prêts à pousser pour permettre à chacun de produire des légumes chez soi, même sur un balcon.

Quand un élu classique voit un balcon, il voit une balustrade. Moi, j’y vois un tuteur pour des tomates, des haricots ou de la vigne. Il y a à Nice des dizaines de milliers de balcons qui pourraient devenir des espaces nourriciers. Créons des vocations de futurs paysans des villes parmi nos concitoyens !

 

Vous souhaitez également transformer Nice en « communauté de villages ». Pourquoi ?

Parce qu’on agit plus efficacement à petite échelle. Nice compte une quarantaine de quartiers. Je veux donc m’appuyer sur les comités de quartier et désigner des référents spécialisés : covoiturage, compost, économie circulaire, potagérisation…

Je crois énormément à la compétence. L’une des causes des malheurs du monde, c’est la non-compétence, y compris chez trop d’élus au pouvoir depuis des décennies. Je veux donc des personnes réellement engagées et formées sur chaque sujet.

 

Tout ce programme n’est-il pas considérablement freiné par la crise énergétique, qui ne concerne pas que les carburants, et qui étouffe les Français ? Les fins de mois ne passent-ils pas avant l’écologie qui est un travail de longue haleine ?

L’écologie centriste préfère la conjonction ET que la conjonction OU. Nous voulons associer l’écologie et l’économie, mais aussi une fin de mois sereine dans un environnement sain et habitable. C’est possible !

 

Eric Ciotti est-il devenu écologiste ?

Eric Ciotti est moins écologiste que moi à la base, mais il est intelligent. Il a compris que l’écologie, c’est le pouvoir d’achat, l’emploi et la santé.

 

Cet accord avec Eric Ciotti ouvre-t-il la voie à des accords nationaux avec d’autres forces politiques alliés de l’UDR, en l’occurrence le Rassemblement national en vue des prochaines échéances présidentielle et législatives ?

Je n’ai aucun tabou vis-à-vis du Rassemblement national. Je ne considère pas le RN comme un parti extrémiste. Si certains le qualifient ainsi sur les questions migratoires ou sécuritaires, alors il faudrait aussi considérer comme extrémistes Bruno Retailleau ou Gérald Darmanin.

En revanche, je considère que La France insoumise est aujourd’hui le seul parti extrémiste en France, notamment par son rapport aux institutions et à l’autorité.

Donc oui, une alliance nationale est possible si le RN accepte une politique environnementale ambitieuse et intelligente. Avec Eric Ciotti, nous avons démontré qu’une alliance entre une droite qui réfléchit et une écologie pragmatique pouvait être électoralement gagnante et bénéfique pour les citoyens.

 

Serez-vous présent, ainsi qu’Ecologie au centre, à ces prochaines échéances de 2027 ?

Evidemment !

 

Un dernier mot ?

Oui sur les valeurs qui me tiennent à cœur : responsabilité, compétence, coopération et autonomie. Ce sont les piliers de mon engagement politique.

 

Propos recueillis par Michel Taube

Michel Taube

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