Edito
10H18 - lundi 10 août 2026

Face à la sécheresse, bâtissons notre souveraineté de l’eau – Triubune du député Philippe Schreck

 

Face à la sécheresse, bâtissons notre souveraineté de l’eau - Triubune du député Philippe Schreck

Nos forêts brulent, la canicule s’éternise et la sècheresse s’installe. Dans ma circonscription du Var, les sirènes de nos pompiers ont remplacé le chant des cigales calcinées en même temps que les vieux pins qui les abritaient.

Les marqueurs du changement climatique traversent notre été et dévastent les massifs méditerranéens, landais, alpins jusqu’à ceux de la région parisienne.

Les cours d’eau s’épuisent. Ils peinent à produire l’indispensable ressource. Les lacs baissent, les centrales nucléaires s’arrêtent, les récoltes vont être faibles plongeant une nouvelle fois nos agriculteurs dans une crise sans fin.

Liée à l’essor des civilisations, l’eau est indissociable de toutes les politiques publiques : agriculture, énergie, industrie, tourisme, fiscalité, aménagement du territoire, organisation de l’Etat, besoin des populations ou santé publique. Atteindre la ressource revient à terme à mettre en péril beaucoup de pans de notre société.

Comme souvent l’Etat fait au plus pressé, gère l’urgence. Les ministres bavardent (quand ils n‘applaudissent pas leurs échecs) pendant que les maires et les populations se battent et s’entraident. La gestion de la ressource en eau ne peut s’entrevoir de manière précipitée au cœur d’un été brulant. Elle doit, à l’inverse s’inscrire dans une ambition qui aura le talent de résoudre l’équation suivante : comment capter plus d’eau avec moins d’eau ? L’équation sera résolue dans un contexte de brutalité climatique et en refusant les funestes schémas de décroissance prônée par l’écologie politique gauchiste. Cela passera par une grande loi sur l’eau. Bien entendu une loi n’apporte pas une goutte d’eau ! Cependant elle permet de mieux gérer la ressource. Elle doit être l’outil qui transformera une faiblesse en force.

Je pense que le projet est possible s’il s’attaque à l’illisible gouvernance de l’eau, à sa fiscalité et à sa tarification, s’il encourage la sobriété intelligente allant du stockage de l’eau de pluie, à la réhabilitation de nos réseaux et à l’amplification des réutilisations d’eaux usées. L’Etat devra s’emparer de la technologie pour prévenir et traiter les captages atteints par les polluants éternels ainsi que pour créer un plan d’usines de désalinisation notamment dans les outres- mers où la situation devient dramatique. Réformer la politique GEMAPI permettra de lutter contre les inondations en créant des possibilités de stockage. L’agriculture, pilier de notre souveraineté, doit être durablement sécurisée par une hausse de la surface irriguée qui est une des plus faible d’Europe. Il devra en découler un plan de réalisation de stockage, retenues et réservoirs sur plusieurs décennies. L’hydroélectricité peut être optimisée. Enfin notre patrimoine de l’eau-nappes et canaux- doit être mieux connu.

Les défis sont ainsi à la hauteur des enjeux. Par le passé, ils ont été relevés. Ils doivent l’être pour l’avenir. L’humanité, en tout temps, a mis son génie pour exploiter la ressource dans un dessein de croissance, dans la volonté du progrès pour chacun. Il n’y a pas de raison d’inverser le paradigme et d’affaiblir plus encore notre compétitivité en multipliant les actes de repentances idéologiques face au réchauffement climatique qui, s’il est acté, n’est pas synonyme d’extinction ou de repli.

Il s’agit aussi d’une volonté de souveraineté, d’un projet fort, d’une ambition française.

 

Philippe SCHRECK

Député du Var

Co-président du Groupe d’Études « Eau et Biodiversité

Membre de la Commission du Développement Durable

et de l’Aménagement du Territoire