Edito
13H06 - lundi 27 juillet 2026

Macron, la justice et les incendies. Pourquoi la France brûle ! L’édito de Michel Taube

 

Macron, la justice et les incendies. Pourquoi la France brûle ! L’édito de Michel Taube

Avec Emmanuel Macron on reste souvent sur la même impression : « mais qu’ont-ils fait ces dernières années pour mettre en œuvre concrètement les engagements qui ont été pris à telle ou telle date, à l’issue de telle ou telle catastrophe, par le président de la République ?

Notre cher président, il a fait tant de beau et grands discours ? Il s’est mis si souvent en scène comme étant le Monsieur solutions de notre belle France… Et puis ensuite, trop souvent, cela faisait « pschitt » : rien de concret ne suivait, des mises en œuvre ultra complexes, des usines à gaz et pas de consensus entre les décideurs qui veulent avancer, du mépris et de la suspicion pour les corps intermédiaires.

Rien ou pas grand-chose…

 

L’Etat hors sol

Sur les incendies qui enflamment la France, nous en avons une preuve tragique : rappelez-vous l’été 2022 et le terrible incendie du camping des flots Bleus sur la dune du Pila dans la baie d’Arcachon et la mobilisation générale qui s’en est suivie.

En réaction à ce drame, la loi du 10 juillet 2023 visant à renforcer la prévention et la lutte contre l’intensification et l’extension du risque incendie avait été adoptée.

Un plan national d’adaptation au changement climatique avait aussi été adopté en 2024 par le gouvernement Bayrou. Dans son prolongement, les ministres de l’époque Bruno Retailleau, ministre d’Etat, ministre de l’Intérieur, et Agnès Pannier-Runacher, ministre de la Transition écologique, de la Biodiversité, de la Forêt, de la Mer et de la Pêche, avaient lancé en février 2025 une stratégie nationale de défense des forêts et des surfaces non boisées contre les incendies.

Bref on y a cru. Un peu. D’autant qu’en 2023, 2024, nous n’avons pas connu de méga-incendies qui auraient pu marquer l’opinion publique. Il y en a eu de nombreux mais l’attention était ailleurs.

Et voilà que cela repart !

L’année dernière, le gigantesque incendie qui a ravagé l’Aude a déclenché l’alarme.

Puis, plus rien de concret ! Quelques canadairs de plus, mais rien de décisif !

Et arriva l’été 2026. Cette année, c’est l’enfer : quatre canicules et la Gironde qui brûle ! Une des capitales de France, Bordeaux, est menacée ! La forêt de Fontainebleau a été attaquée elle aussi.

Emmanuel Macron réunit donc une cellule de crise puis le gouvernement va prendre des vacances certes méritées. Mais la consigne est claire : « ne vous éloignez pas trop de vos postes de commandement » (ou de ce qu’il en reste).

 

La justice absente

Au niveau national, Laurent Nuñez a indiqué que la France connaissait 30 à 40 départs de feu par jour au moment où le mégafeu de Saumos en Gironde s’est déclaré. Le ministre avait également annoncé, dès le 22 juillet, que 12 500 départs de feu avaient été recensés en France depuis le début de l’année 2026. Un chiffre impressionnant.

Et l’on sait que 85% des incendies sont d’origine humaine et volontaire.

111 personnes ont donc été interpellées en France depuis le début de l’été 2026 dans le cadre d’enquêtes sur des départs de feu, qu’ils soient volontaires ou accidentels. Ce chiffre a été annoncé par le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez le 20 juillet.

Si l’on considère que 3 à 5% de ces suspects sont les auteurs de ces départs de feu, cela fait 3 à 7 personnes que l’on peut suspecter d’avoir commis ces crimes.

Or la question est simple : en un mois, combien de pyromanes interpelés par la police ont-ils été à ce jour condamnés en comparution immédiate à de lourdes peines de prison ferme ?

Aucun évidemment !

Selon nos informations, un homme reconnu coupable d’avoir allumé plusieurs départs de feu en Seine-et-Marne a été condamné à deux ans d’emprisonnement avec sursis probatoire en mai 2026.

Sursis probatoire ?

Les pyromanes se marrent et vont se faire une joie de jouer avec le feu si faible de la justice !

De quels moyens concrets, de quels recrutements massifs d’agents de la protection civile et de sapeurs-pompiers, de quelle justice dissuasive la France veut-elle donc se doter ?

On le sait : de même que l’armée a bénéficié d’un doublement de ses moyens en dix ans, la protection civile dans sa globalité devrait bénéficier de la même priorité nationale.

Pas des plans ! Des moyens, des femmes et des hommes, une justice implacale !

Tout ce que la France de Macron a manqué pendant dix ans.

 

Michel Taube

 

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Directeur de la publication