Opinion Outre-Mer
19H31 - vendredi 24 juillet 2026

Défense et souveraineté : Catherine Vautrin en Martinique.

 

Défense et souveraineté : Catherine Vautrin en Martinique - L'édito de Michel Taube

Pendant trop longtemps, les outre-mer ont été regardés comme des territoires lointains auxquels Paris répondait surtout par des discours. La visite de Catherine Vautrin en Martinique montre une autre approche : celle d’un État qui assume ses responsabilités régaliennes, investit dans ses armées et remet la souveraineté au premier plan.

Elle fait suite à la tenue de la conférence régionale sur la sécurité qui a réuni le 3 juillet dernier des centaines de cadres et de dirigeants des polices et des gendarmeries des Amériques, sous présidence française, et en présence des ministres Naïma Moutchou, Jean-Noël Barrot et Jean-Didier Berger. Ce premier sommet inter-américain sur la sécurité dans les Caraïbes a lancé l’Appel de Martinique pour déclarer la guerre contre le narcotrafic.

Pour la ministre des Armées, le choix de commencer ce déplacement par les Forces armées aux Antilles n’a rien d’anodin. Dans les Caraïbes, la lutte contre le narcotrafic est devenue un enjeu stratégique. Les organisations criminelles disposent de moyens considérables, adaptent sans cesse leurs itinéraires et cherchent à transformer la région en véritable plateforme du trafic international de cocaïne. Face à cette menace, la réponse ne peut être ni timide ni symbolique.

Les chiffres parlent d’eux-mêmes. Plus de 35 tonnes de stupéfiants ont été saisies dans le bassin Antilles-Guyane en 2025. Derrière ces saisies, il y a un travail quotidien des militaires, des douaniers, des gendarmes, des magistrats et de tous les services de l’État. Cette coopération est essentielle. Les trafiquants innovent en permanence. La République doit toujours conserver un temps d’avance.

L’annonce de renforts humains, de nouveaux investissements et des moyens supplémentaires prévus dans l’actualisation de la loi de programmation militaire constitue un signal fort. Les outre-mer ne sont pas des territoires périphériques. Ils sont au cœur de la présence française dans le monde. Défendre la Martinique, la Guadeloupe ou la Guyane, c’est défendre la France.

Mais cette visite porte également une autre ambition, tout aussi importante : celle de la jeunesse.

Le lancement du Service national volontaire est une excellente initiative. Contrairement au RSMA, qui demeure un remarquable outil d’insertion pour des jeunes éloignés de l’emploi, ce nouveau dispositif s’adresse à une jeunesse qui souhaite s’engager, acquérir une expérience et servir son pays pendant plusieurs mois. C’est une logique de mérite, de volontariat et de responsabilité.

Pendant dix mois, ces jeunes pourront découvrir les armées, développer des compétences professionnelles, renforcer leur discipline et leur sens du collectif. Certains choisiront une carrière militaire, d’autres rejoindront la réserve, d’autres encore poursuivront leurs études ou leur parcours professionnel avec une expérience valorisante. Dans tous les cas, la Nation y gagne.

À une époque où certains ne parlent à la jeunesse que de droits, ce service rappelle aussi l’existence des devoirs. Servir quelques mois son pays n’est pas une contrainte : c’est une chance.

Cette visite en Martinique envoie finalement un message clair. Face au narcotrafic, la France ne renonce pas. Face aux défis de souveraineté, elle investit. Face aux fractures entre la Nation et ses armées, elle recrée du lien.

Il faut espérer que cette dynamique s’inscrive dans la durée. Les outre-mer méritent une présence forte de l’État. Les armées méritent des moyens à la hauteur de leurs missions. Et la jeunesse française mérite qu’on lui propose des engagements porteurs de sens plutôt que de simples promesses.

Pour toutes ces raisons, le déplacement de Catherine Vautrin en Martinique constitue une excellente nouvelle. Parce qu’il remet au premier plan ce qui fonde la République : la protection des Français, la souveraineté nationale et le service de l’intérêt général.

 

Michel Taube

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Directeur de la publication

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