Edito
15H17 - vendredi 24 juillet 2026

La police ne tuera point ! L’édito de Michel Taube

 

La police ne tuera point ! L'édito de Michel Taube

Enfin une loi de fermeté et de liberté en vue !

Le 7 juillet dernier, l’Assemblée nationale a voté par 313 voix contre 199 une proposition de loi portée par les députés LR Eric Pauget et Ian Boucart du Territoire de Belfort reconnaissant une présomption de légitime défense pour les forces de l’ordre dans l’exercice de leurs fonctions.

La loi, dont l’initiative remonte à 2024, va partir au Sénat et l’on peut espérer un vote conforme dans des délais rapides.

Cette loi est d’importance. Pour des raisons d’ordre public et de libertés mais aussi en ce qu’elle annonce, – peut-être une profonde recomposition politique.

Un policier n’est pas un délinquant. Il est donc légitime et indispensable à l’exercice de nos libertés que le représentant des forces de l’ordre bénéficie de la présomption de légitime défense, corollaire opérationnel du monopole de la violence légitime que doit exercer l’Etat pour assurer notre sécurité.

Pendant des années, le débat public a oscillé entre deux caricatures : d’un côté l’angélisme, de l’autre la surenchère.

Doit-on le rappeler ? La première des libertés est de pouvoir vivre en sécurité.

Contrairement aux procès d’intention qui lui sont intentés, cette loi ne transformera pas la France en État policier. Elle ne remettra pas en cause l’État de droit. Elle donnera simplement aux forces de l’ordre et à la justice des outils supplémentaires pour lutter contre des comportements qui empoisonnent le quotidien des Français : rodéos urbains, trafic de protoxyde d’azote, free parties illégales, consommation de stupéfiants ou violences répétées.

Pour remettre dans le droit chemin cette génération perdue de la République, l’autorité de l’Etat est notre dernière chance !

Dans une démocratie, ce n’est ni la rue, ni les bandes, ni les casseurs qui imposent leurs règles. C’est la République qui fixe la loi et les policiers et les gendarmes, de plus en plus attaqués, qui la font respecter.

Les policiers et les gendarmes ne sont pas là pour tuer. Ils sont là pour protéger. Leur donner davantage de moyens juridiques d’exercer leur métier en sécurité n’est pas une menace pour les citoyens honnêtes. C’est au contraire une garantie pour tous ceux qui respectent les règles communes.

 

Un vote qui dessine peut-être une nouvelle majorité d’idées ?

L’autre enseignement de ce large vote à l’Assemblée nationale est politique.

Le texte a été adopté grâce aux voix des députés Renaissance, de la droite républicaine et du Rassemblement national, tandis que la gauche s’y est opposée dans son immense majorité. Ce vote illustre l’existence d’un socle commun sur les questions régaliennes entre une partie du centre, la droite et la droite nationale.

Les divergences demeurent nombreuses entre ces formations, notamment sur les institutions, l’Europe, l’Ukraine notamment, ou les choix économiques. Mais sur les questions de sécurité, d’immigration, d’autorité de l’État et de lutte contre la délinquance, les convergences deviennent de plus en plus visibles.

Si cette dynamique venait un jour à s’étendre à un programme économique fondé sur la liberté d’entreprendre, la baisse des prélèvements obligatoires, la simplification administrative, la réindustrialisation et la valorisation du travail, la France pourrait retrouver les conditions d’un redressement durable.

Le rétablissement de l’autorité de l’État n’est jamais une atteinte à la démocratie. Il en est l’une des conditions. L’autorité sans liberté conduit à l’immobilisme. La liberté sans autorité conduit au désordre. L’histoire montre que les nations qui réussissent sont celles qui savent conjuguer les deux.

 

Michel Taube

Le Pen condamnée mais présidentiable : l'humiliation ou la justice face aux politiques. L'édito de Michel Taube
Directeur de la publication