
Source : Arnaud Bouissou_Terra – Site du gouvernement
Monique Barbut a donc démissionné du gouvernement pour désapprouver le vote d’une loi agricole tant attendue… avant d’y revenir quelques heures après à la demande du président de la République. Royale « en même temps » qui fera date dans le bilan de la décennie Macron.
Certains auraient vu à cette démission finalement remise une défaite de l’écologie. Nous y aurions vu une chance pour l’écologie, l’occasion de refonder une politique environnementale plus crédible, plus pragmatique et plus efficace.
Rendons cependant à Monique Barbut ce qui lui appartient. Fin juin, lorsqu’elle avait annoncé qu’une deuxième canicule frapperait probablement la France avant le 14 juillet, elle avait été largement moquée. Beaucoup avaient dénoncé une communication alarmiste. Les faits lui ont finalement donné raison : cette deuxième vague de chaleur a bien eu lieu.
Sur ce point, Monique Barbut a vu juste. À défaut d’avoir convaincu en politique, elle aurait puu envisager une reconversion comme prévisionniste météo.
Mais avoir raison sur la météo ne suffit pas à faire une bonne ministre de l’Écologie. Depuis trop longtemps, une partie de l’écologie française défend une vision que l’on qualifie souvent de « pastèque » : verte à l’extérieur, rouge à l’intérieur. Une écologie de l’interdiction, de la décroissance, de la méfiance envers l’entreprise, l’industrie, la science et l’agriculture.
Cette approche, les Français, pourtant conscients du réchauffement climatique, n’en veulent pas et n’en ont jamais voulu ! D’où l’extrême minorité des écologistes dans le paysage politique français.
La France a besoin d’une écologie des solutions. Une écologie qui encourage l’innovation, accélère la recherche, accompagne les agriculteurs, mobilise les industriels et investit dans les nouvelles technologies plutôt que de multiplier les interdictions.
Oui, les pesticides doivent être progressivement remplacés lorsqu’une alternative efficace existera et qu’elle sera endossée par tous les pays européens ensemble. Mais tant que la recherche ne permet pas de protéger les cultures avec des solutions équivalentes, les supprimer brutalement revient à fragiliser notre souveraineté alimentaire et à pénaliser nos agriculteurs face à leurs concurrents étrangers.
C’est précisément pourquoi la loi d’urgence agricole adoptée par le Parlement est indispensable. Elle apporte des réponses immédiates à un secteur confronté à des crises sanitaires, climatiques et économiques majeures. Elle évite d’imposer aux exploitants français des contraintes que beaucoup de leurs concurrents européens ou internationaux ne supportent pas, tout en laissant à la recherche le temps de développer des alternatives crédibles.
L’écologie ne doit pas conduire à importer des produits cultivés avec les pesticides que nous interdisons chez nous.
La protection de l’environnement est une nécessité. Mais elle ne peut réussir durablement contre les agriculteurs, contre les entreprises ou contre l’industrie.
Une écologie intelligente protège la nature tout en permettant à la France de produire, d’innover et de rester compétitive. Elle fait confiance à la science, à la technologie et à l’esprit d’entreprise pour réduire les émissions, préserver les ressources et développer les solutions de demain.
Le départ de Monique Barbut aurait pu être l’occasion d’ouvrir une nouvelle page : celle d’une écologie qui rassemble au lieu d’opposer, qui construit au lieu d’interdire et qui fait de la prospérité un allié de la transition environnementale plutôt que son ennemi. C’est cette écologie-là dont la France a aujourd’hui besoin.
Et le débat présidentiel de 2027 devra trancher cette question… si les droites appelées à gouverner demain s’en emparent enfin !
Michel Taube




















