
Au lendemain de la signature surprise de l’accord-cadre sur l’autonomie entre l’Etat et le président de la Collectivité territoriale de Martinique, le monde économique est vent debout. Dans un communiqué de presse et lors d’une conférence de presse convoquée en dernière minute, le regroupement informel de cinq organisations patronales, réunis sous la bannière MARTINIQUE ÉCONOMIQUE, s’est dit opposé à une réforme sans garanties et sans démonstration de son utilité économique.
CCI, Medef, Contact Entreprise, AMPI, Chambre des métiers et de l’artisanat, tous regroupés dans MARTINIQUE ÉCONOMIQUE, ont pris acte de l’ouverture des discussions entre l’État et la Collectivité Territoriale de Martinique sur une évolution institutionnelle du territoire.
Et, en sa qualité de représentants des acteurs économiques, créateurs d’emplois, de richesses et de valeur, ce consortium patronal exprime son opposition à cette évolution institutionnelle, et plus particulièrement à l’instauration d’un pouvoir normatif, notamment en matière fiscale, dont les conséquences sur les capacités d’investissement des entreprises, leur compétitivité et l’attractivité du territoire apparaissent préoccupantes.
Selon les acteurs de l’économie locale, si une modernisation de l’action publique peut être légitime lorsqu’elle répond à l’intérêt général, une réforme de cette ampleur ne saurait être envisagée sans information complète, étude d’impact objective et garanties précises.
Et d’ajouter : « Les Martiniquais doivent connaître, avant toute consultation, les conséquences concrètes d’une telle évolution sur leur quotidien : fiscalité, emploi, entreprises, logement, énergie, eau, santé, aides publiques, solidarité nationale et pouvoir d’achat. ».
Concrètement MARTINIQUE ÉCONOMIQUE demande notamment :
- la publication d’une étude d’impact complète et indépendante ;
- la définition précise des compétences concernées ;
- des garanties sur le maintien de la solidarité nationale et des dispositifs de soutien ;
- l’absence de toute hausse de la fiscalité ou des contraintes réglementaires ;
- la compensation intégrale des transferts de compétences ;
- l’association permanente des organisations économiques aux travaux ;
- une information transparente, pluraliste et contradictoire de la
MARTINIQUE ÉCONOMIQUE rappelle que « les entreprises martiniquaises évoluent déjà dans un environnement marqué par des contraintes structurelles majeures : coût des facteurs de production, foncier, énergie, eau, transport, recrutement et compétitivité. »
« Toute réforme institutionnelle doit être appréciée exclusivement au regard de ses effets réels sur l’investissement, l’emploi, la production locale et le développement économique. »
Le consortium souhaite le dialogue avec les pouvoirs publics et les élus afin de faire valoir les intérêts des entreprises mais tient à préciser que cette participation ne saurait toutefois être interprétée comme une adhésion au projet.
La position de MARTINIQUE ÉCONOMIQUE est donc sans ambiguïté et clame son « opposition à cette évolution institutionnelle et refuse tout blanc-seing. »
Michel Taube




















