Edito
12H53 - lundi 8 juin 2026

Adriano Fossati : une affaire privée risque d’affecter la réputation d’une grande banque monégasque

 

Adriano Fossati : une affaire privée risque d’affecter la réputation d’une grande banque monégasque

L’épouse qui quitte son mari sans raison, si ce n’est pour recommencer une nouvelle aventure avec son amant depuis peu, est un grand classique des relations humaines en général et de la vie de couple en particulier. Il pourrait s’agir du scénario sous-jacent dans l’affaire opposant la banque Safra J. Sarasin à l’un de ses employés. Ce dernier aurait tenté de favoriser sa maîtresse, avec laquelle il entretiendrait une liaison depuis 2024, en lui transférant illégalement des informations personnelles et confidentielles concernant le patrimoine de son mari, dont elle est en instance de divorce.

C’est ainsi qu’au cours de l’année 2025, selon nos confrères de OMERTA, M. Adriano Fossati aurait consulté, extrait et transmis à l’épouse, de manière manifestement illégale, des informations bancaires et patrimoniales détaillées concernant M. Diego Biasi[1]. D’après des sources proches du dossier parvenues à OMERTA, les informations confidentielles obtenues illégalement auraient permis à l’épouse de M. Biasi de mieux préparer ses exigences financières dans le cadre du divorce qu’elle a demandé. Un « récapitulatif de patrimoine » établi grâce à ces données aurait ainsi constitué un outil stratégique pour maximiser sa position dans les négociations avec son mari ou devant les tribunaux. L’analyse des métadonnées de documents et la récupération de correspondances numériques, afin de consolider leur dossier de plainte contre Adriano Fossati. Plusieurs audiences sont prévues dans les prochains jours à Monaco.

Biasi n’est pas le seul lésé dans l’affaire. Selon le Diplomate Média, la renommée Banque J. Safra Sarasin l’est aussi[2]. Elle est lésée puisqu’elle prend un sacré coup en termes de prestige et de réputation du fait des turpitudes de l’un de ses responsables suspecté d’avoir révélé certains secrets bancaires à sa maitresse en conflit privé et personnel avec son mari. Cet épisode s’ajoute à un scandale plus récent liant la banque, selon la presse italienne[3], à des fonds provenant du chef mafieux Matteo Messina Denaro, via son associé Giacomo Tamburrello. D’après le parquet italien, ce dernier avait ouvert des comptes dans plusieurs banques, dont la Banca Safra J. Sarasin à Monaco. En comparaison avec certaines autres institutions bancaires, la J. Safra Sarasin (BJS), dont le siège est en Suisse et l’une des principales succursales à Monaco, est pourtant une très vieille banque privée, Mais il arrive parfois que les turpitudes d’un cadre affecte la réputation de toute une institution si ancienne et sérieuse soit-elle.

Autre victime collatérale, la Principauté de Monaco, qui est très à cheval sur le respect du secret bancaire. Cette affaire intervient dans un contexte où, profitant de l’exode financier qui affecte Dubaï à cause du conflit irano-américain, Monaco cherche à renforcer son image de place financière fiable et exemplaire. Une violation avérée du secret bancaire par un professionnel interne constituerait un précédent préoccupant, susceptible d’ébranler la clientèle internationale. Plusieurs personnalités ont leurs comptes à la Banque J. Safran et n’ont pas du tout envie de voir fuiter leurs données bancaires. Et pour cause !

 

Emma Ray

[1] https://www.omertamedia.fr/monaco-secret-bancaire-guerre-des-divorces-grandes-fortunes-les-affaires-sordides-qui-fragilisent-la-place-financiere-monegasque/#google_vignette

[2] https://lediplomate.media/enquete-encore-victime-violation-presumee-secret-bancaire-monaco/

[3] https://www.cdt.ch/news/mondo/storia-di-una-famiglia-di-mafia-ecco-come-cambia-cosa-nostra-429175