
Le chroniqueur d’extrême gauche Anasse Kazib a officiellement annoncé sa candidature à l’élection présidentielle de 2027 sous les couleurs de Révolution permanente. Une entrée en campagne qui intervient dans un contexte particulièrement controversé, alors que le syndicaliste de SUD Rail doit répondre devant la justice dans une affaire d’apologie du terrorisme liée à ses prises de position après les attaques du Hamas du 7 octobre 2023 et qu’il est également visé par une procédure judiciaire après les propos racistes qu’il a tenus en 2025 contre le journaliste et entrepreneur Radouan Kourak.
Âgé de 39 ans, l’ancien chroniqueur des Grandes Gueules sur RMC entend porter ce qu’il présente comme une « candidature ouvrière, communiste et révolutionnaire ». Déjà candidat malheureux en 2022, il n’était pas parvenu à réunir les 500 parrainages nécessaires pour participer à l’élection présidentielle, ne récoltant qu’environ 160 signatures d’élus.
Cette fois, son mouvement Révolution permanente affirme avoir déjà obtenu le soutien de plusieurs dizaines de maires et espère transformer l’essai. Issu d’une scission avec le Nouveau Parti anticapitaliste, le parti trotskiste critique régulièrement La France insoumise, qu’il juge trop éloignée des préoccupations du monde ouvrier.
Mais au-delà de son projet politique, plusieurs polémiques risquent d’accompagner sa campagne. En juin 2025, Anasse Kazib avait notamment provoqué une vive indignation après avoir publié sur les réseaux sociaux un message visant Radouan Kourak. Il y qualifiait le journaliste d’« Arabe qui lèche le sol » et laissait entendre que sa réussite professionnelle et sa fortune seraient liées à une forme de soumission. Des propos intervenus alors que Radouan Kourak s’était publiquement illustré lors de ses nombreux passages télévisés par des prises de position patriotiques, revendiquant son attachement à la France, à son identité, au retour de l’autorité de l’État et à la sécurité. Le journaliste et entrepreneur n’a jamais caché ses convictions et se définit régulièrement comme un Français « passionnément français ». Des propos dénoncés comme racistes, qui avaient conduit au dépôt d’une plainte avec constitution de partie civile pour injure raciste publique.
Le 2 juin, au lendemain de l’annonce de cette candidature, Radouan Kourak a réagi sur le réseau social X. « Anasse Kazib, raciste d’extrême gauche, devra bientôt répondre devant la justice de ses propos à mon encontre, notamment lorsqu’il m’a traité d’“arabe de service”. Il est insupportable pour lui qu’un Français nommé Radouan puisse aimer passionnément la France et la défendre », a-t-il écrit.
Alors qu’Anasse Kazib tente de s’imposer dans une gauche radicale déjà très fragmentée, ses opposants estiment que ses ennuis judiciaires et ses déclarations passées pourraient rapidement prendre le pas sur son programme politique. Une campagne présidentielle naissante qui s’ouvre donc sous le signe de la controverse pour le candidat de Révolution permanente.
Emma Ray

















