Edito
06H39 - jeudi 19 mars 2026

Municipales : Paris vaut bien… Chronique d’une nouvelle époque de Jean-Philippe de Garate

 

Municipales : Paris vaut bien... Chronique d'une nouvelle époque de Jean-Philippe de Garate

La question est connue.

C’est une sorte de piège.

Voici la question : En quelle occasion les armes royales ont-elles été, pour la première fois dans l’Histoire, martelées, effacées, sur les édifices publics parisiens, lorsqu’elles apparaissaient en pierre, en marbre, en relief ?

Faîtes le test en famille, ou avec les amis du club, voire dans le bar de la mairie, dimanche prochain 21 heures, après la deuxième tournée générale.

Vous êtes assuré du succès !

La réponse des braves gens, conformes aux bons livres qu’ils ont lus, aux leçons qu’ils ont retenues, va jaillir : 1792 ! Proclamation de la République.

Oui, ce n’est pas faux, mais ce n’est pas la première fois !

A cet instant, Timothée, l’adjoint sortant, le libraire consciencieux, va faire son intéressant et imposer le silence.

– Ce sont les Protestants qui ont martelé les statues des Saints sur nos belles cathédrales et certains, entraînés par le mouvement, ont continué avec les figures des rois.

Réponse : Oui, et non. On recense des exactions de ce type sur nombre d’églises et bâtiments parisiens, mais non !

Eh bien ! Si la question se pose, c’est parce que Paris est la ville de bien des excès.

Oui, j’entends bien, chaque hameau a sa somme d’histoires, et on s’étripe aussi délicatement à Marseille qu’en Limousin et à Lille…

Mais tout de même, un maire poignardé en pleine « Nuit Blanche » (2002), au sein même de l’hôtel de ville ! C’est à Paris.

La Capitale demeure la ville de tous les excès.

Et là, vous tenez votre réponse.

Lorsque le roi Henri III (*1551), qui s’était pourtant fait proclamer chef de la Ligue catholique, et ne cessait de rechercher une issue politique à la huitième (!) guerre religieuse, s’était déterminé à faire, l’avant-veille de Noël 1588 à Blois, assassiner le très catholique duc de Guise (illustration, peinture de Durupt) -duc de Guise qu’on surnommait le « roi de Paris », Capitale dont le roi avait dû s’enfuir- le Conseil des Seize et certaines paroisses, émanation des ultras catholiques parisiens, imaginèrent le Régicide au nom de Dieu.

Et ça ne traîna pas. Henri III, dont les effigies avaient été à Paris, martelées, défigurées, abolies dès le Nouvel An 1589, fut prestement assassiné à son tour (Saint Cloud, 1er août 1589).

On commence par marteler, et on finit par poignarder.

Ou guillotiner.

Tout, comme d’habitude en politique, découle de la Légitimité.

D’où provient le pouvoir ?

Paris vaut bien une messe…

Dans la bataille qui se livre à Paris aujourd’hui, se dressent derrière les programmes de profondes césures, dont l’impossible fusion à gauche illustre bien la réalité.

La droite bénéficie de l’intelligence de deux femmes, Rachida et Sarah… que tout semble opposer.

C’est drôle, l’Histoire, la géographie… disciplines qui nous enseignent que la laïcité est une création bien fragile.

Faîtes sortir la religion par la porte, elle revient par… les urnes.

 

 

Jean-Philippe de Garate

Ancien avocat, ancien magistrat, Jean-Philippe de Garaté a défrayé la chronique avec son « Manuel de survie en milieu judiciaire » (éd. Fortuna). « Du côté de chez Céline » (éd. Portaparole) a mis en relief sa facette littéraire.
A lire également : «
Trois petits tours » (Le Lys bleu), Bréviaire de la Destruction (éd. Fortuna), « Le Juge des Enfants » (Portaparole), » l’Avocat » (Le Lys Bleu)…