Edito
07H42 - mercredi 18 mars 2026

Le cas Avignon : contre Olivier Galzi, un candidat de la honte de l’équipe de Raphaël Arnault sur une liste de la honte LFI – PS. L’édito de Michel Taube

 

Avignon : un candidat de la honte sur une liste de la honte. L’édito de Michel Taube

Paru le 16 mars à 17h

Il est des alliances qui en disent plus long que tous les discours. À Avignon, la fusion entre La France insoumise et le Parti socialiste en vue du second tour des municipales en est une illustration presque caricaturale. Sur cette liste désormais commune, un nom interpelle, dérange, scandalise même : celui de Djoumer Lounes, assistant parlementaire du député Raphaël Arnault, figure controversée et fondateur de la Jeune Garde, un mouvement dont plusieurs membres ont été impliqués dans des violences graves, jusqu’au drame de Quentin Deranque à Lyon.

Et pourtant, c’est bien ce profil qui se retrouve propulsé en 27e position sur une liste dite « d’union », position éligible. Une promotion politique qui en dit long sur les priorités de cette gauche recomposée. Car derrière les grandes déclarations de principe, derrière les indignations à géométrie variable et les leçons de morale distribuées à longueur de tribunes, se cache une réalité bien plus triviale : celle des arrangements électoraux, des compromis douteux et des renoncements silencieux.

Après Limoges, Toulouse, Lyon, Brest, voici donc Avignon. Partout, le même scénario se répète. On fusionne, on s’allie, on compose, non pas au nom d’un projet clair ou d’une vision pour les Français, mais dans un seul objectif : conserver ou conquérir des positions. Les envolées lyriques d’Olivier Faure sur les valeurs, la République, la dignité du débat public s’effacent brutalement face à la mécanique implacable des accords d’appareil.

Tout cela pour faire barrage à Olivier Galzi, candidat de la droite et du centre, arrivé en tête au premier tour. Un candidat sérieux, expérimenté, porteur d’une ligne claire, qui incarne aux yeux de nombreux Avignonnais une alternance crédible et apaisée. Mais peu importe. Dans la logique de la gauche, tous les moyens semblent désormais justifiés pour empêcher cette victoire.

Le plus troublant, dans cette affaire, n’est pas seulement la présence d’un candidat aussi controversé. C’est le silence qui l’entoure. Le silence gêné des responsables socialistes, qui préfèrent détourner le regard. Le silence stratégique de ceux qui, en privé, reconnaissent le malaise mais, en public, s’alignent. Le silence, enfin, d’une partie du monde politique et médiatique qui, à force de dénoncer à sens unique, finit par banaliser l’inacceptable.

Quand donc les députés tourneront-ils le dos ou quitteront-ils l’hémicycle lorsque Raphaël Arnault y pénétrera ?

Car la question posée aux Avignonnais comme à tous les Français où se présentent des listes fusionnées LFI – PS est simple. Peut-on prétendre incarner la République en s’alliant sans ciller avec des profils aussi sulfureux ? Peut-on donner des leçons de morale tout en fermant les yeux sur des parcours et des engagements qui devraient, en toute cohérence, disqualifier toute investiture ?

Au fond, ces alliances de la honte ne sont pas seulement des alliances électorales. Elles sont le symptôme d’une dérive plus profonde : celle d’une gauche prête à toutes les compromissions pour préserver ses positions, quitte à renier ce qu’elle prétend incarner.

Reste désormais le verdict des urnes. Dimanche, les Avignonnais et les Français auront à trancher. Et leur choix dira bien plus que le résultat d’une élection locale. Il dira s’ils acceptent, ou non, cette manière de faire de la politique.

 

Michel Taube

Directeur de la publication