
Samia Badat-Karam bonjour, merci d’avoir accepté de répondre à Opinion Internationale et à la rubrique Opinion Territoires. Vous êtes première adjointe au maire du 16ème arrondissement de Paris et candidate en deuxième position sur la liste conduite par le maire sortant, Jérémy Redler. Pouvez-vous vous présenter à nos lecteurs en quelques mots ?
Samia Badat-Karam : Merci beaucoup pour votre invitation. Je suis en effet candidate, cette fois encore, dans le 16e arrondissement. C’est la troisième fois puisque j’ai été candidate en 2014 sur la liste conduite par Claude Goasguen, puis en 2020, et aujourd’hui sur celle de Jérémy Redler.
Je ne suis pas Parisienne de naissance, comme beaucoup de Parisiens d’ailleurs. Je suis originaire de La Réunion. Mais je crois avoir réussi à construire un ancrage fort à Paris, et singulièrement dans le 16ème arrondissement, par un travail constant au service des habitants, dans les différentes délégations qui m’ont été confiées, tant au Conseil de Paris qu’au niveau de l’arrondissement.
Dans cette campagne, il y a presque deux batailles : celle de Paris autour de Rachida Dati, et celle du 16e arrondissement où vous avez face à vous notamment Sarah Knafo. Comment voyez-vous cette bataille du 16e ?
Nous allons remporter les deux batailles, à Paris et dans le 16ème. Car nous menons cette campagne sur le terrain. Dans le 16ème, Jérémy Redler a face à lui Sarah Knafo, mais il a pour lui un atout décisif : un très fort ancrage territorial. Cela fait longtemps qu’il est élu, il est connu, apprécié, et les habitants savent la chance qu’ils ont de l’avoir comme maire.
Jérémy Redler est un maire de proximité, et nous partageons tous les deux cette culture de l’hyperproximité. Nous avons presque l’impression de connaître personnellement les habitants de notre territoire tant nous sommes sollicités et présents pour répondre à leurs demandes.
Nous sommes aussi les héritiers de Claude Goasguen, qui nous a formés, qui nous a fait confiance et transmis cette exigence de terrain. C’est cet héritage, cet ancrage, cette chaleur humaine qui nous donnent de la force dans cette campagne.
Face à nous, Sarah Knafo n’a aucun ancrage territorial ni dans le 16ème ni à Paris. C’est, à mes yeux, un pur produit de communication, un produit marketing, presque un produit fabriqué par l’intelligence artificielle. Cela peut séduire dans l’air du temps, mais au moment de voter, les habitants penseront à celles et ceux qui ont été là pour eux, qui ont répondu à leurs mails, à leurs appels, à leurs demandes, depuis des années. Nous, nous n’avons pas découvert le terrain il y a quinze jours. Nous y sommes en permanence.
Il y a aussi, dans cette campagne, un enjeu ultramarin à Paris. Vous êtes Réunionnaise, et en face, le co-président du comité de soutien d’Emmanuel Grégoire, pour ne citer que lui, est Thierry Déau, un chef d’entreprise martiniquais. Y a-t-il selon vous un vote ultramarin à Paris ?
Oui, il y a évidemment un enjeu ultramarin, et je vous remercie de poser cette question. C’était déjà un sujet important en 2014 et en 2020, et cela l’est encore davantage aujourd’hui.
Rachida Dati est très sensible à cette question. Elle sait qu’il y a à Paris de nombreux ultramarins, qui y vivent, qui y travaillent, notamment dans les services de la Ville de Paris. Les associations ultramarines très présentes à Paris en sont la preuve. Je pense aux Amazones Paris, au Casodom, à l’Apipd, à Accolade entre autres.
Les Ultramarins de Paris sont des Parisiens à part entière, mais ils ont aussi des attentes spécifiques. Il faut faire rayonner la culture ultramarine, la mémoire ultramarine, et reconnaître leur place dans l’histoire et la vie de la capitale.
Je me suis beaucoup investie sur ces sujets. Le 10 mai dernier, j’ai organisé dans les jardins du Trocadéro, la commémoration d’un futur lieu de mémoire parisien dédié aux victimes de l’esclavage. C’est un engagement important pour moi.
Je travaille en lien constant avec les associations ultramarines, qu’elles soient réunionnaises, antillaises, guyanaises ou d’ailleurs. Je les ai reçues à la mairie du 16ème, j’ai soutenu leurs événements, je connais leurs préoccupations. C’est aussi cela que je représente sur cette liste.
Vous incarnez aussi l’idée qu’on peut être ultramarin et ne pas être de gauche ou d’extrême gauche ?
Exactement. On peut être ultramarin et être de droite. Et je tiens à rappeler une chose importante : c’est grâce à Jacques Chirac qu’a été créée à Paris une direction générale chargée des Outre-mer à la Ville de Paris. C’est donc la droite qui a commencé à mettre les Outre-mer à l’honneur dans la capitale.
Je m’inscris pleinement dans cette veine chiraquienne, dans cette droite qui aime les Outre-mer, qui respecte les ultramarins lorsqu’ils vivent dans leurs territoires, mais aussi lorsqu’ils viennent à Paris et y apportent leur énergie, leur culture et leur travail.
On dit souvent qu’il y a plus de 5 000 fonctionnaires parisiens originaires des Outre-mer. Ce chiffre dit bien à quel point cette présence compte et combien elle doit être prise en considération dans les politiques publiques.
Vous êtes également chargée de la Délégation aux droits des femmes au sein des Républicains. Le 8 mars vient d’avoir lieu. En quoi Rachida Dati incarne-t-elle, selon vous, la femme parisienne qui peut gouverner demain la ville de Paris ?
En mettant l’accent sur un sujet central, la sécurité, Rachida Dati donne aux femmes une place centrale dans son programme. Une femme parisienne doit pouvoir circuler à toute heure, dans tous les quartiers de Paris, sans craindre d’être agressée. Aujourd’hui, ce n’est pas le cas. Rachida Dati a pris l’engagement d’agir sur ce point.
Le deuxième sujet, c’est la vie active. La femme parisienne est une femme dynamique, engagée, qui travaille et qui peut aussi vouloir fonder une famille. Rachida Dati propose d’élargir les horaires des crèches, de faciliter leur accès, y compris pour celles qui travaillent à Paris sans y habiter, et d’améliorer aussi les dispositifs périscolaires.
Avec ces deux leviers, sécurité et organisation de la vie quotidienne, elle répond à des attentes très concrètes des femmes parisiennes. Elle porte une vision de Paris où l’on peut à la fois travailler, élever ses enfants et vivre sereinement.
Rachida Dati a la personnalité et la vision d’une femme qui veut que les femmes parisiennes vivent mieux à Paris. Et c’est également notre projet pour le 16ème arrondissement de Paris.
Propos recueillis par Michel Taube




















