
Lundi 9 mars, devant près de 4 000 personnes, Sarah Knafo tenait le grand meeting de sa campagne pour les municipales parisiennes. Un rendez-vous qui avait tout du moment charnière : portée par des sondages qui la placent autour de 14 %, la candidate entend désormais s’imposer comme l’une des figures centrales de la bataille pour l’Hôtel de Ville.
Et le moins que l’on puisse dire, c’est qu’elle avait vu grand.
Un décor de carte postale
Les spectateurs pensaient assister à un meeting classique. Ils ont eu droit à un véritable show politique. Sur scène, un mini-Paris a été reconstitué : mobilier urbain haussmannien, banc public, terrasse de café parisien, fontaines Wallace. Le tout baigné par les images d’archives de la capitale projetées sur un écran géant.
En attendant l’arrivée de la candidate, des clips réalisés par des sympathisants à l’aide d’intelligence artificielle défilent sur les écrans. Une façon pour Sarah Knafo d’assumer une image de modernité : elle promet de faire prendre à Paris le virage technologique.
Un accordéoniste entonne en live « Sous le ciel de Paris », popularisé par Édith Piaf. La mise en scène n’a rien d’improvisé. « Cela fait environ un mois qu’Olivier Ubéda prépare ce spectacle », glisse un proche de l’organisation.
Un meeting respectueux
Dans la salle, pas un sifflet. Pas une huée. Un contraste frappant avec la tradition des grands meetings politiques.
« Dans cette campagne, nous avons été les plus proches des gens, les plus respectueux, les moins agressifs. Nous n’avons diffamé personne, nous n’avons menacé personne. Nous n’allons huer personne ce soir ! », lance la candidate à la tribune. Une consigne visiblement suivie à la lettre par le public. Un pari risqué, mais payant : la réunion se déroule dans une atmosphère joyeuse et qui rappelle le nom de sa liste : « une ville heureuse ».
Un programme de 130 pages… et plusieurs promesses phares
Sur le fond, la candidate déroule les grandes lignes de son programme de 130 pages entièrement chiffré. Elle met notamment en avant l’armement de 8 000 policiers municipaux, la création d’un « jumeau numérique » de Paris pour optimiser la gestion de la ville, l’organisation régulière de référendums municipaux, la réouverture des voies sur berges à la circulation, un périphérique limité à 80 km/h ainsi qu’une division par deux de la taxe foncière. Face à la foule, elle insiste également sur l’ampleur de la mobilisation : « Vous êtes plus de 4 000 ce soir. Nous sommes en train de faire le plus gros meeting de ces municipales, à l’échelle nationale ! »
Les « gabegies » de la mairie dans le viseur
La candidate réserve aussi plusieurs salves à la gestion municipale actuelle.
Elle égrène une liste de dépenses jugées absurdes comme par exemple « 100 000 € pour des mimes déguisés, 116 000 € pour de l’eau potable au Cambodge, 7 millions pour expérimenter des énergies renouvelables à Paris… ». Elle déroule une dizaine d’exemples, selon elle, des « gabegies » de la municipalité.
L’appel à l’union des droites
Autre thème central du discours : l’union des droites.
« Avec une union, nous écrasons la gauche », affirme-t-elle, en plaidant pour le vote utile dès le premier tour.
« Voter pour moi, c’est faire gagner la droite. »
La candidate répond aussi aux critiques sur sa candidature, certains l’accusant de viser surtout une carrière nationale : « Ils pensent sérieusement que je fais semblant de faire tous ces efforts ? Ils pensent que je fais semblant d’avoir le meilleur programme ? (…) Et vous, vous faites semblant d’être là ce soir ? »
Avant de conclure : « La réalité existe. Vous en faites partie. Et nous allons le leur prouver dimanche. »
Emma Ray

















